Mario en Prison

  • : Marionnettes en Prison
  • Marionnettes en Prison
  • : La "Cie Les Mille et une Vies" a été créé à Lille (59) en 1998. En 2006, autour des interventions qu'elle menait dans 2 Maisons d'Arrêt, la Cie a ouvert ce journal de bord. Avec le temps ce blog s'est ouvert à l'ensemble des activités de la Cie et est devenu le journal (presque intime) du Théâtre de Marionnettes Itinérant. Dans ce lieu nous pouvons vous raconter nos spectacles et ateliers, les joies et les déboires d'une Cie Contemporaine et des ses artistes permanents.
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Point de vue

lesmains.jpg Nous avons reçu il y a quelques jours un courrier de la Cie Daru –Thémpô -  Pôle de la marionnette en Essonne.

Pour nous qui ne somme pas adhérent à Themaa ; nous avons adhéré en 2007 (je crois) mais n'avons pas renouvelé quand nous avons un peu mieux cerné la structure...

Pour nous qui n'avons ni joué ni essayé de jouer au Festival de Charleville-Mézieres, nous voulions néanmoins donner echo à ce coup de gueule car il nous semble soulever des problèmes symptomatiques d'une époque et qui sont peut-être à la source des maux que nous rencontrons... 

Dans ce courrier  coup de gueule Christian Chabaud interroge Themaa sur sa légitimité à mettre en oeuvre un questionnaire qui concerne de nombreuses équipes sans même les avoir interrogé au préalable ; je retrouve dans les mots de Daru  les problématiques que nous rencontrons depuis plusieurs années ! Des structures intermédiaires se disant représentatives instrumentalisent les actions que les équipes de production/de création mènent et en font des outils au service de projets dont elles –les équipes- se trouvent  de fait de plus en plus déconnectées.

Le militantisme actif et desinterressé dont parle Daru est à notre époque révolu. En effet, chacun criant et courant pour sa propre défense, l’engagement désintéressé semble ne plus être de mise.C’est dans cette époque là que nous devons évoluer et c’est contre ce système que s’élève le coup de gueule de Daru. On peut en dire beaucoup mais il a le mérite de poser certaines des bonnes questions que devraient se poser les acteurs du secteur…

Je vous laisse découvrir les mots de DARU   Germain Lenain- FLH

Madame, Monsieur, Cher(e) collègue marionnettiste, 

Nous recevons comme un certain nombre d'entre vous un questionnaire de  Themaa sur notre participation au dernier Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mézières.  Ce questionnaire pose un certain nombre de questions sur la participation économique des compagnies au Festival.

 À notre sens, la question de fond qui est posée est celle de la légitimité-même del'Association Nationale des Théâtres de Marionnettes et Arts Associés à effectuer ce genre de démarches  pseudo- institutionnelles. Les membres dirigeants de Themaa sont de simples marionnettistes professionnels élus par leur l'Assemblée Générale. Il ne rentre à aucun moment dans leur fonction ni leurs prérogatives (dont ils n'ont pas la compétence) d'enquêter sur le fonctionnement administratif, économique et juridique d'une autre association, fut- elle organisatrice d'un festival mondial. Il est vrai que si, entant que compagnie professionnelle (pôle de la marionnette départemental de diffusion et lieu d'accueil, de coproduction et de résidence de la jeune création)  Daru-Thémpô n'est plus adhérent de Themaa, c'est pour ne plus adhérer du tout aux nouvelles orientations que cette association dite " fédérative "  prend.

 Après 34 années de militantisme bénévole actif pour la profession (après l'UNIMA et le CNM), la démonstration de notre engagement pour la défense et l'illustration des Arts de la Marionnette n'est plus à faire. Nous préférons - et de loin - revendiquer à ce jour l'accueil de 95 compagnies, 186 spectacles et 630 représentations en treize ans sur le territoire qui nous a été confié par les collectivités territoriales et le ministère de la culture, que de participer à une démarche   pseudo- férérative, qui ne sert qu'à masquer l'état d'esprit absolutiste de certains marionnettistes, porteurs d'un art de la marionnette unique, le leur,  dont ils rêvent d'être les seuls thuriféraires.

 Nous sommes très dubitatifs - et tristes - de cette évolution qui ne semble servir effectivement qu'un nombre très restreint des adhérents de Themaa.  Si certains d'entre vous partagent ce constat, merci de faire circuler ce mail auprès des compagnies et partenaires de votre connaissance.  Cela dit, nous restons ouverts à toute forme de débat sur le sens d'un militantisme actif pour un art vivant, original, ouvert et populaire.

 Quand aurons lieu de nouvelles Assises Nationales de la Marionnette ?

 Bien marionnettiquement,
 pour l'équipe de Daru-Thémpô et ses partenaires,
 Christian Chabaud -  directeur artistique
 Daru-Thémpô- Pôle-Marionnette-Essonne
 Le Manipularium
 18 rue Saint-Arnoult
 91340 Ollainville






En 1995 dans son premier éditorial, Nicolas Roméas imaginait ce que devait être Cassandre ; Pour que Cassandre, voix singulière dans le chœur discordant, parfois trop sage en apparence, de tous ceux pour qui le théâtre est un mode d’expression majeur, qu’ils soient spectateurs ou « acteurs » de cet art, devienne l’outil dont nous avons besoin, l’agora de papier qui nous manque.. Avec le temps Cassandre a grandi, elle est devenue Cassandre/Horschamp.

Explorant le monde de l’art, Cassandre/Horschamp a 13 ans.

Aujourd’hui, subissant le désengagement de L’Etat et d’autres partenaires financiers Cassandre est en difficulté. Cassandre/Horschamp ne doit pas se taire ; nous devons l’aider avant qu’elle disparaisse.

Combien  de revues, ouvrent une fenêtre sur la diversité de nos métiers, de l’acte de création et sa perception ? Aujourd’hui, pour que Cassandre continue de paraître, il faut que nous la protégions, que nous portions notre attention sur sa santé, et la vitalité de son réseau de distribution.

Pour qu’une revue comme Cassandre/Horschamp, surmonte ses difficultés, s’affranchisse de certaines peurs et continue de se promener en des territoires éloignés, il faut qu’elle puisse s’appuyer sur un « cœur d’abonnés », lecteurs assidus qui, la déconnectant de certaines des contraintes  matérielles la rende  toujours plus (im)pertinente.

Une revue comme Cassandre/Horschamp est une chance ne la laissons pas périr par faute d’attention.

Pour que cette parole soit entendue du plus grand nombre, multiplions les abonnements.

Je m’abonne
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Pour aider Cassandre/Horschamp à continuer d’œuvrer, constituons un fond de roulement par le biais d’apports sans droit de reprise, d’un montant variable (à la hauteur de vos moyens).

Je soutiens Cassandre/Horschamp 

 N’hésitez pas à faire circuler cet appel, il faut réagir vite avant que les difficultés soient insurmontables ; demain il sera trop tard.

 

Fabrice Levy-Hadida lecteur assidu - Cie Les Mille et une Vies


Cassandre/Horschamp, Cité européenne des Récollets,

150, rue du  Faubourg Saint-Martin 75010 Paris.
Tél.: 01 40 35 00 98 www.horschamp.org

Contact pour abonnement Hugo Albignac: diffusion@horschamp.org

Contact pour apport Valérie Binn : administration@horschamp.org



Voici, en avant-première, la couverture du très riche numéro 75 de Cassandre/Horschamp qui sera disponible en librairies le 15 octobre prochain (un peu plus tôt pour les heureux abonnés).

Pour que ce travail en faveur de l'art et de la culture en action puisse se continuer,
Abonnez-vous ou réabonnez-vous...
Offrez un abonnement, encouragez vos amis - et les institutions que vous fréquentez - à souscrire des abonnements de soutien, faites suivre largement ce message...

Cassandre porte depuis 1995 les valeurs d'un art en prise avec la société dans la lignée des combats de l'après-guerre, fait avancer les idées et lutte contre l'endogamie. Son travail est celui d'une « nouvelle critique » qui ne se contente pas de juger l'« objet », mais appréhende le geste de l'art en prenant en compte la relation à l'histoire, aux populations et aux lieux.
Cassandre/Horschamp, Cité européenne des Récollets, 150, rue du Faubourg Saint-Martin 75010 Paris.
Tél.: 01 40 35 00 98 www.horschamp.org


J e n'ai pas oublié cet espace ; j'ai juste besoin de distance pour renouveler mes mots ; j'ai besoin de silence. Depuis quelques jours, nous permanents des Mille et une Vies, nous préparons l'été et, sous un ciel sombre, nous tentons d'imaginer notre avenir.
En ce mois de mai, pendant que certains montent des marches, à Cannes, Paris ou toute autre capitale festivalière , pendant que quelques uns reçoivent prix et autres signes de leurs pairs, nous en voyons d'autres, plus nombreux ceux la, qui asphyxiés et sans palme, lentement meurent. Avant de laisser macérer, avant de laisser mourir on aurait pu se demander, quelle Culture commune voulons nous construire ? Mais malheureusement, en ce mois de mai, on peut constater que cette question n'est pas posée ; oui, jetés aux oubliettes geste artistique et sens commun nous avançons dans la "consommation culturelle" à marche forcée. On aurait pu imaginer que financeurs et acteurs de l'art posent sur la table constats économiques et objectifs humains et sociétaux et construisent ensemble une politique culturelle mais non, de bout de ficelles elle a été, de bric et de broc elle restera. Taillant ici, réduisant là, le jardinier Etat est devenu "coupeur de têtes" et si certains de ses agents regardent effarés la nouvelle oeuvre paraître, il n'en reste pas moins que le changement de costume reste opérant.
Ateliers de pratique ou actions de proximité qui, mesure pour mesure, heure après heure, permettaient à des publics très divers de goûter aux fruits artistiques, disparaissent. Sensibilisés un jour, les publics éloignés sont oubliés le lendemain... Et nous, acteurs, qu'y pouvons-nous ?
Travailler encore, tant que nous le pouvons. Ici et là mais demain, vite, nous disparaîtrons. Mots sombres ? Non, rien de sombre la dedans ! La juste époque, le temps heureux dans lequel nous partageons pleins de joie le geste artistique que nous aimons, ces temps, sont derrière nous. Avançant dans les nouveaux temps, nous voyons autour de nous, sourires figés et rictus macabres, que les murs se rapprochent mais bientôt, l'air manquera. Alors peut-être nous dirons-nous, un mot, juste un, encore un mot, rien qu'un...

Chemin faisant, je m’interroge de plus en plus sur la place des artistes dans le monde de la culture ; monde de la culture tel qu’il a été pensé, développé et tel qu’aujourd’hui, en France, il se dessine. Autour de l’œuvre, pour la donner à voir, pour la préserver aussi, on a monté des murs ; les murs il a fallu les gérer et ce n’étaient certainement pas les artistes ( trop lunaires, pas assez pragmatiques ?) qui pouvaient prendre en charge cette mission. Les artistes, associés pas tout à fait comme les autres sont jetables et renouvelables à souhait. Année après année une carte de France des établissements culturels a vu le jour avec ceux d’en haut, La Comédie Française (rare exemple d’un lieu avec artistes permanents, les sociétaires) puis de CDN (Centre Dramatique National ) en Scènes Nationales ou Conventionnées , de Théâtres missionnées en Lieux de Fabrique, la France s’est vue dotée d’outils fonctionnels et prestigieux.
Ces lieux sont-ils les rêves réalisés des missionnaires du Théâtre Populaire. Leurs pères spirituels les aimeraient-ils ? Trouveraient-ils qu’ils ont bien grandi. Assumant une partie de la production et de la diffusion des oeuvres ne se sont-ils pas transformés en monstres ? L’épopée s’est-elle transformée en un vaudeville à gerber ? Dans les CDN à la double direction, artistique administrative, combien d’équipes artistiques implantées, irriguant la ville, les quartiers, le territoire et qui, partant à la rencontre du public, le prennent par la main pour qu’il pousse les portes du lieu, du temple. Changer le sens des chiffres ? Faire que ceux qui n’ont pas la culture facile, en profitent et grandissent avec elle, grâce à elle. Trop peu à mon goût… Je ne répondrais pas ici à toutes les questions qui m’habitent ? La confusion grandit toujours plus en avançant.
Mais une question me taraude depuis la création de la Cie les Mille et une Vies et de notre choix de permanence (CDI) ; question à laquelle je n’arrive pas à trouver réponse ; cherchant dans les statistiques, les chiffres ne me disent pas quelle est la part de la permanence pour l’artistique. D’après ce que j’en vois on a accepté l’art, comme une économie de prototypes et de recherches permanentes dans laquelle le geste artistique est précarisé. La permanence est au cœur du geste artistique et bizarrement, pour le spectacle vivant en particulier, les structures d’emploi des artistes sont particulièrement précaires ; offre CDD d’usage indéfiniment. Les trois conventions collectives du secteur, celle des Entreprises artistiques et culturelles, celle des Théâtres Privés et enfin celle des Entrepreneurs de Spectacles et de tournées tombent d’accord la dessus, l’artiste on l’emploie quand on en a besoin et puis après, et bien on le jette… et on en prend un autre.

Peut-être que l’artiste devrait changer les choses. Avec Les Mille et une Vies, c'est ce que nous tentons de faire.  Au plus près, sans garantie sur le long terme, nous avons essayé de construire autrement et jusque là, tout survit.. Oui face aux réalités qui pèsent et empêchent, nous avons le devoir de transformer. Construire de nouveaux cadres ne se fait pas sans prise de risque. Mais, entre la construction de ma permanence artistique et ma survie artistique dans un cadre de type «On call Workers»  (Travailleur qu’on siffle), je préfère essayer et, advienne que pourra…. Les artistes doivent réfléchir, se positionner et changer les choses ; l'art et l'oeuvre sont au coeur des lieux de production et de diffusion et, eux, artistes, s'en trouvent la plupart du temps rejetés à la périphérie. N'est-il pas temps de prendre d'assaut conventions collectives et autres lieux et de les tordre à des réalités plus proches. L'intermittence n'est pas une fatalité ni le seul choix ; l'intermittence est en train de devenir une case trop petite pour la réalité de nos métiers. Des troupes permanentes doivent être réinventées et par leur présence changer la réalité des politiques culturelles et artistiques. Je vous le concède, pour nous, petite compagnie cherchant à se développer, à développer notre équipe, choisissant la permanence polyvalente rien n'est simple, et lorsque nous voyons nos ressources baisser, (moins de ventes de spectacles, moins d'actions de sensibilisation, moins de financement public) c'est notre existence même qui est mise en danger mais au moins, dans notre permanence pouvons nous nous battre et essayer de faire changer les choses. Nous savons les risques que nous prenons, et si nous mourons demain, nous aurons accompli toutes nos tâches polyvalentes dans le respect de nous même, de l'autre et des lois.

Voilà, il faut que je le fasse. A quoi servirait ce site si je ne savais pas faire ça. Ce n'est pas de la publicité, c'est de l'amour. Ce n'est pas un produit, c'est une revue, une revue de qualité.
Dans notre époque il y a encore des gens qui tiennent le flambeau haut pour que, la nuit venue, on ait encore quelques lumières, quelques repères. Ceux de Cassandre , Nicolas, Valérie, tous, sont de ceux la. Des hommes et des femmes qui croient. Des hommes et des femmes qui portent la parole de certains des invisibles ; invisibles qui au quotidien et sur les territoires de l'au plus près, creusent, cherchent, offrent, alimentent, donnent. Une revue comme Cassandre est importante pour moi, pour vous. Mon abonnement fini, je le renouvelle, c'est une habitude maintenant. Et vous, la connaissez-vous ? Lisez la,  Abonnez-vous, Ceux de Cassandre pourront ainsi continuer d'éclairer la nuit des Ours...le site de Cassandre . Et puis il y a le blog de  Valérie allez y faire tour...c'est par ici
Il n'y a rien à ajouter. Cassandre est nécessaire, Cassandre est belle et même si la parole de Cassandre effraie, il nous faut l'écouter, l'entendre,
la relayer...
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Marionnettes en prison
Publié le 20 janvier 2007, le texte qui suit me semble encore d'actualité et puis, surtout, j'aime bien sa tonalité... Pour ceux qui ne l'auraient pas lu, je réédite ; une scène nouvelle, c'est ainsi que je l'avais nommé...excusez mes approximations orthographiques et grammaticales mais ce texte brouillon est peut-être le brouillon de ma recherche actuelle autour d'une autre façon de structurer. Structurer pour tenir ; j'en reparlerais plus tard, pour l'heure, je vous laisse avec les mots de janvier 2007.

Ils voudraient que nous nous pliions à leurs règles alors que nous n'intervenons pas dans leur monde. Ils voudraient que nous pleurions avec eux leurs débâcles et que nous donnions nos voix à leurs combats dépassés. Ils voudraient que nous nous contentions des cercles établis. Ils voudraient que nous pensions comme eux. Ils voudraient que leurs mots soient les nôtres. Ils voudraient que leurs gestes soient les nôtres. Ils voudraient que nous nous taisions sous peine d'exclusion durable de leurs cercles. Ils voudraient que nous aimions le public d'abonnés et l'élite.
Ils voudraient que nous reconnaissions l'excellence de leur art, la justesse  de leurs critiques, l'évidence de leurs choix.  Ils voudraient que nous rejoignions leurs réseaux. Ils voudraient que nous courtisions le prince, les princes. Ils voudraient que nous remettions en question les choix que nous avons fait. Ils voudraient que nous soyons déférents. Ils voudraient que nous nous battions pour être de "leurs amis". Ils voudraient que nous acceptions de nous aligner dans la course à la scène du temple. Ils voudraient que nous nous cassions la gueule.

Ils font des lois qui ne prennent pas en compte notre réalité, la réalité du monde. Ils font des choix budgétaires qui favorisent leurs amis. Ils détruisent ce que les précédents ont commencé de construire. Ils s'amusent en regardant "les artistes" engagés dans la course à la concurrence. Ils disent ce qui est beau. Ils disent ce qui ne l'est pas. Ils disent le bien qu'ils pensent de tel. Ils disent le mal qu'ils pensent de tel autre.  Ils se foutent du "fond". Ils se foutent aussi de "la forme". Ils pensent que le théâtre sans public n'est pas un drame, le théâtre aura disparu bientôt. Ils laissent les cercles s'enfoncer attendant de pouvoir couper tout ce qui restera, plus grand chose, les quelques têtes dépassant encore quand les corps enterrés ne se laissent plus voir. ils commettent des experts qui répètent leurs mots. Ils s'appuient sur des éléments des cercles pour détruire les cercles. L'art de la guerre, ils maîtrisent. Le théâtre va mal ? Les musées vont mal ? L'art contemporain va mal ? Le service public de la culture va mal ? C'est très bien, il n'en a plus pour longtemps.
Lorsque nous parlons à "ceux de la culture" de notre expérience, de notre travail, du public que nous touchons, je vois souvent dans leurs regards qu'ils ne nous comprennent pas. Je vois dans leur regard que le choix de nous déplacer vers le public (coûte que coûte) , choix que nous avons mis au coeur de notre structure, de notre création, de nos actions, ils ne le comprennent pas. Quand nous leur disons qu'en 2006, nous avons refusé de participer à des Off de festivals (certes prestigieux mais n'achetant pas nos spectacles), ils nous ont pris pour des fous. 
Et voilà que pendant que d'autres allaient se montrer dans des petites salles, dans des festivals (seulement rétribués par les recettes de billetterie), nous vendions nos spectacles, nous mettions en place des actions, des représentations sur des territoires éloignés des réseaux culturels face à des publics neufs et émerveillés.
Pendant que beaucoup des acteurs, avec le fruit de leurs recettes peinaient à se payer un verre après la représentation, nous nous salarions et nous développions notre projet hors des cadres habituels. Education populaire, démocratie culturelle qui, encore aujourd'hui  se bat pour ces nobles notions. De moins en moins nombreux les artistes, les équipes ayant le courage de mettre leur coeur dans ces combats ; il reste des poches de résistance ici et là.
Pourtant l'art participe à faire grandir, à mieux vivre avec soi, avec l'autre. Et dans notre époque, plus que jamais, cela semble important. Un peu comme l'air, l'art est indispensable, pas aussi vital mais tout autant indispensable.
Tant que ceux qui finançait l'art le comprenait, il continuait d'exister. Mais le temps est arrivé ou ceux qui financent l'art, ne fréquentent plus les lieux dans lesquels il l'ont enfermé. Alors, il est facile pour eux, de rayer de la carte ces lieux inutiles et ceux qui en vivent.
Et quand les réseaux de diffusion de l'art ne s'adressent plus qu'a une minorité d'habitants, d'élus, il est en danger.
Pour inverser la tendance, il est urgent de ré interroger nos métiers et les cadres dans lesquels nous les pratiquons. Ce n'est pas les ingénieurs et autres administrateurs culturels qui pourront le faire ; ce sont les artistes qui doivent être au coeur des ces interrogations, de ces transformations. Ils ne doivent pas uniquement être occupés à courir la course à la survie, à la préservations d'acquis fragiles, de financements étriqués. Artistes il faut réinventer les pratiques, s'interroger sur les destinataires de notre faire et les cadres dans lequel le temps nous a enfermé. Et quand nous aurons commencé de comprendre les réalités violentes actuelles, nous pourrons aussi commencer de désobéir et travailler à construire une société dans laquelle nous sommes à notre place.

La recherche de la scène reconnue, le piédestal , ne doivent plus occuper la majorité de  notre énergie. Dans notre époque ou les musées ou les scènes pour tous n'existent pas (plus?), il faut les recréer parce qu'il y a urgence avant notre disparition.
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