Mario en Prison

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  • : La "Cie Les Mille et une Vies" (Lille, 59) est intervenue dans des Maisons d'Arrêt (en 2006); avec le temps le journal de bord des ces actions est devenu le journal de notre Théâtre de Marionnettes Itinérant dans lequel nous pouvions vous raconter nos spectacles et ateliers, les joies et les déboires d'une Cie Contemporaine et des ses artistes permanents. Cie Les 1001 Vies Théâtre de Marionnette Itinérant. nous contacter : lesmilleetunevies@wanadoo.fr
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Freemen est un réseau de blogs, dont les auteurs sont convaincus que :
- le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique
- s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance».
Au delà, comme le nom “Freemen“ l’indique, chacun pense, écrit ce qu’il veut sur son blog. ..


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Dimanche 11 mai 2008

 

Face au désengagement sans précédent de l'Etat, des artistes et des acteur(e)s du monde de l'art et de la culture, tous domaines confondus, se sont réunis pour affirmer le caractère essentiel de la création, le droit inaliénable pour tout être humain d'accéder à l'imaginaire et à la pensée, à l'éveil sensible et à l'esprit critique.


Tous les champs et toutes les disciplines de l'art et de la culture appellent à une mobilisation pour une politique culturelle ambitieuse, intelligente et généreuse, à la hauteur de l'enjeu démocratique.


Pour lire le manifeste "sauvons la culture" et le signer cliquez ....sauvons la culture


Mise à jour Lundi 12 mai 01H01
après un commentaire et ma réponse... d'autres appels à signer... Signez, signons aussi l'appel "le servcice public est notre richesse" c'est ici http://petitions.fsu.fr/ ... N'oubliez pas de signer, signez, signons aussi l'appel pour l'abolition de la loi sur la retention de sureté c'est là http://www.contrelaretentiondesurete.fr/
par Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Autre inclassable
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Mardi 15 avril 2008
Que reste-t-il ? Je tourne sur moi-même, tourne, tourne et perdant l'équilibre, me retrouve au sol. Le temps, un temps passe jusqu'à ce qu'ouvrant les yeux, je me décide à remonter et recommencer. Oui, me dis-je, remonter et recommencer. Mais avant, dans cette perte momentanée de repère, je savais qu'il est bon de ne pas être ! Et puis je reviens. Mes voyages intérieurs, mes découvertes, mes lectures reviennent.
Esprit qui revient sur ces chiffres vus, revus sur prison.org ; l'Observatoire de Droits Fondamentaux fait savoir que 14 personnes sont mortes en prison ; 14 suicides et morts suspectes connues depuis le début de l'année 2008. La peine de mort abolie, revient le temps de la souffrance. Pendant que résonne le mot "disparus", je tourne et tourne encore sur moi-même jusqu'à ce qu'enfin, esprit ballant, mon corps s'affale. Quatorze hommes. Quatorze êtres humain. Quatorze secondes. Je ne garderais pas longtemps l'oubli  alors, je le réchauffe entre mes mains, pour qu'il dure encore un instant, juste un instant. La mémoire, quand on veut la perdre, elle s'accroche.
Mes yeux ouverts, les mots tombent. Confusion de jour en jour grandissant, la peur devient habituelle. Non, je ne rêve pas, les outils de répulsion et de rejet de l'autre se précisent ; du pistolet à électricité aux boites à ultra son permettant d'éloigner les jeunes,
l'arsenal de la peur se confirme . Les interdits grandissent, jour après loi, on te donne le choix, " te taire" ou "on te fait taire". Voix silencieuses, les morts ne se lèvent pas.
Comment faire ? Je perds mon métier. Epoque étrange, pendant qu'elle avance je sens, qu'elle m'éloigne de mon métier.. Le sens de mon métier, grandissant dans la croyance et la solidarité, la confiance en l'humanité, le sens de mon métier donc, je perds lentement. Mes phrases, mes échanges avec le monde, se désorganisent. Se concentrer, ils ne doivent pas gagner, ne pas être empêché, continuer.... Demain, continuer...

par Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et Une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant publié dans : Autre inclassable
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Mercredi 12 mars 2008
undefinedTu es dans le vent, l'orage ou la tempête puis paraît le soleil. Les yeux éblouis se  ferment un instant, quand les paupières s'ouvrent  tu n'es plus  là où tu étais l'instant d'avant. Tes yeux ne reconnaissent pas le lieu, les lieux. Tu prends tes jambes  à ton cou, dit l'expression. Tu te  rends compte que ton cerveau dit à tes jambes de courir mais que rien ne se passe. Alors, pour changer cela, pour remettre en chemin ton corps, ton cerveau se met à crier, ça tremble en toi, tes oreilles souffrent et, tu te réveilles.
La  journée est -pour le moment- ensoleillée.
Oeil blanc, je pense regarder à l'intérieur, mais, tout est sombre.  Oeil vert quand le soleil brille, il devient marron quand ça s'assombrit ; ma vision du monde  est parfois verte, parfois marron.
Prendre un pinceau, le tremper dans la couleur puis, tracer un trait. Encore un autre trait et je pose le pinceau. Table encombrée, le regard  ne sait  sur quoi poser l'attention... De  lettre en lettre, à quand l'été ?
Texte sombre, comme ça, pour ne rien dire, pour dire comment ça ne dit pas, pour reprendre, gymnastique quotidienne et puis arrêter. Arrêter là ? Non !
Un mot encore sur  les mensonges et puis finir. Dimanche après avoir posé le bulletin blanc dans l'urne,  j'accepte d'aider à dépouiller. A la table de quatre où j'étais installé, (j'ai) passé deux heures en compagnie d'inconnus qui pour un ouvre les enveloppes, pour l'autre (moi, inconnu comme un autre) lit les  bulletins et pour les deux derniers  marquent à coup de trait les votes. Mensonge, à quoi sert ce mouvement, ce geste citoyen ? Sous la pluie sale, après ce temps passé dans une salle de clase transformée pour l'occasion, mes pas m'ont ramenés à  la maison. Je ne sentais pas plus de vérité  le soir, écoutant les analyses à chaud des uns et des autres,  je me sentais profondément dépité...
Les enfants souffrent, la pauvreté s'installe ; certains moins nombreux , toujours moins nombreux, s'enrichissent. Tu es dans la nuit. Tu sombres dans les cauchemars et tu ne le sais pas. Tu te crois éveillé, il n'en est rien, tu ne peux rien, tu n'es rien. Bruit, souffle court, eaux sales, rien ne t'échappe pendant le sommeil.. 
par Fabrice Levy-hadida - marionnette - Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Autre inclassable
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Lundi 10 mars 2008
DSCF4820.JPGCou articulé, la mâchoire inférieure baille tant qu'un élastique ne la relie pas au haut du visage. Je prends le temps et, le mettant dans ma poche droite,  je note sur un petit papier jauni où je l'ai mis pour ne pas l'oublier. Un fois la trace repliée, je la glisse dans ma poche gauche -déjà pleine de morceaux de mémoire-. A  ce moment là, ma main enfoncée dans la poche est étonnée de sentir tant de présence. Elle lache le papier dans la masse des autres. Le temps passe. Vous savez, le papier perdu dans la poche ne se débat pas. Vous savez, ma mémoire n'est pas perdue, elle est dans ma poche gauche et quand ma tête le désire, ma main pioche au hasard un morceau de papier qui redit au présent une volonté passée. Vous savez, c'est ainsi que se reconstitue le temps, mon temps glissé dans la poche droite.
Un jour avec, un jour sans, ainsi morceau après morceau je peux construire un objet. Il est arrivé un jour, m'interrogeant sur l'état de mon passé, j'ai ouvert une armoire puis, patiemment j'ai recompté les poches et je dois vous dire que leur nombre m'a fait peur ; je me suis dit que cette masse de papiers entassés pouvait signifier une perte de mémoire. Alors j'ai commencé d'imaginer un système de transfert, de poche à poche pour que jamais, un morceau de mémoire reste seul mais tout de suite, j'ai été effrayé, et si une seule poche ne pouvait tous (les papiers) les contenir ?
Face au chat de l'aiguille, la main qui tient le fil tremble, je renonce à le passer.
Aujourd'hui, lendemain d'un dimanche gris et pluvieux, les bruits de la ville parvenaient à l'oreille mais ne'ont pas réussi à faire oublier le décompte, le nombre de poche, les papiers entassés et la mémoire en cours de déconstruction. Le temps se fige, mots et phrases se dispersent, un pas puis un autre, un mot puis un autre, vite, un morceau de papier pour ne pas oublier...

PSHS:
Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo moi1001
par Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Autre inclassable
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Mercredi 5 mars 2008
pouponZette.jpg

Mercredi, fatigue, que va-t-il se passer ? Mercredi, troisième  jour d'une semaine après une autre, pendant laquelle, depuis mercredi dernier les problèmes se sont succédés...
J’en raconte un pour me vider, pour en finir. Je le dis et puis plus rien. Dire, défait. Mercredi 27 février on partait à Cantaing sur  Escaut jouer Les Aventures de Germain Lenain. Dorothée animant les Ateliers Porte du Hainaut, ne pouvait m'accompagner. Je décide d'embaucher un technicien Intermittent pour m'accompagner. Gregory, nous l'avons rencontré cet été. Je lui propose le poste et ses missions (conduire le camion, aider au chargement et déchargement, aider au montage et démontage du castelet...) il me dit être libre et intéressé. Nous nous donnons rendez-vous chez notre loueur habituel.. Après avoir fait le tour du camion, un petit utilitaire de 8M3, on s'installe, lui au volant moi passager et il démarre... C'est là que ça arrive (y repensant, j'en suis vert...) sortant du garage, ne maîtrisant pas le gabarit du véhicule, il accroche un des camion garé à l’entrée... Il ne s'arrête pas et continue sa route ; il faut que je lui demande, mon calme perdu je vous l'avoue, ce qu'il fait pour qu'il stoppe le véhicule et que je sorte constater l'ampleur des dégâts...
Regardant la tôle froissée, je le sais, c'est pour notre pomme. Non seulement nous allons jouer à perte mais toutes les actions de février vont passer dans les réparations du camion, la faute commise par G. étant exclue  des  conditions de l'assurance...
Aujourd’hui je me demande pourquoi G. n’a pas dit qu’il ne se sentait pas assuré à conduire ce camion. Je me demande pourquoi il a accepté le contrat que je lui proposais. Je l’ai dit, plus de 2300 euros de réparations seront à notre charge et rien ne change. J’aurais du poser des vacances, refuser des dates, ne pas louer ce camion. Voilà le premier acte d’une semaine chargée est conté et rien ne change. Je ne vais pas mieux, je ne l’ai pas oublié...
Je vais l’oublier mais pas maintenant ; avant de pouvoir le faire, il nous faudra trouver une assurance complémentaire et ce n’est pas gagné.
zette2007.jpgMercredi fatigué, le corps vieillit je ne tiens pas en place. Le froid de mars est revenu. Hier soir, finissant l’atelier à Wingles nous sortions de la salle et un vent glacé nous frappait au visage, au corps. Je n’ai toujours pas clôturé les comptes, il le faut, il faut que je m’y remette. De mot en question, je n’arrive pas à ne pas penser que les problèmes se posent en série, on les appelle « série noire » ; que nous arrivera-t-il demain ?  Après l’accident du mercredi, jeudi nous reprenions la voiture pour nous rendre à un rendez-vous et après avoir parcouru quelques centaines de mètres, redémarrant après un feu rouge, les vitesse ne passent pas et me voilà là, sous la pluie à pousser la voiture jusqu’à un emplacement de fortune. Embrayage mort, déjà je m’interrogeais sur la façon dont nous allions assumer les ateliers du vendredi. Je le savais, jusqu’à la réparation et la récupération du véhicule, il nous faudrait une voiture de location. Vous imaginez après ce qui s’était passé la veille, comment à ce moment là, mon cerveau à gambergé, événement après événement, construisant une série noire  entre réalités et faits imaginaires. Nous étions là, subissant la pluie, regardant la voiture arrêtée lorsque le téléphone portable m’a tiré de mes rêveries ; c’était une voix neutre qui m’apprenait que mon fils était fiévreux et qu’il me fallait aller le récupérer à l’école. Semaine pourrie !!!
Je vous le dis quand le noir s’y met, rien ne peut empêcher l’installation du gris.
Je vous le disais, je disais le contraire, les mots ne changent rien quand la série noire s'y met.

par Cie Les Mille et Une Vies - Fabrice Levy-Hadida publié dans : Autre inclassable
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