Mario en Prison

  • : Marionnettes en Prison
  • Marionnettes en Prison
  • : La "Cie Les Mille et une Vies" a été créé à Lille (59) en 1998. En 2006, autour des interventions qu'elle menait dans 2 Maisons d'Arrêt, la Cie a ouvert ce journal de bord. Avec le temps ce blog s'est ouvert à l'ensemble des activités de la Cie et est devenu le journal (presque intime) du Théâtre de Marionnettes Itinérant. Dans ce lieu nous pouvons vous raconter nos spectacles et ateliers, les joies et les déboires d'une Cie Contemporaine et des ses artistes permanents.
  • Partager ce blog

Texte Libre


xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

  



 

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx


Freemen est un réseau de

blogs, dont les auteurs sont

convaincus que :

- le changement climatique

est un problème majeur,

pas uniquement écologique,

mais aussi politique et économique

- s’attaquer sérieusement à ce

problème implique une remise

à plat de nos modèles économiques

et, particulièrement, de la notion

de «croissance».

Au delà, comme le nom “Freemen“

l’indique, chacun pense, écrit

ce qu’il veut sur son blog. ..


2 plus n
A l'évidence
A tous les hommes libres
Activart (Intelliblug)
Adam Kesher
Adamantane.orgue
Aquafiesta
Ardente
Argent facile
Avenir climat
Bar Nabé
Blog Citoyen
Blokomondi
Bonne Eau - Bonne Terre
C'est quand le bonheur ?
Cap21 Normandie
Carnets de Nuit
Chambre avec vue
ChampG
Chroniques Martiennes
Citoyenne du monde... libre
Crise dans les medias
D'Steckelburjer
Dans la marmite de Rachel
Darkside of the moon
Dernières nouvelles de l'homme
Des alpes aux rocheuses
Des bulles
Des mondes en lutte
Dialogue citoyen
Duplex
Débords
Déconstruire Babylone
Décryptages
Démocratie sans frontière
Dérapages
Développement durable
Développement durable et communication
Eco-echos
Ecocitoyen
Ecolodujour
Economie en campagne
Effraie@Blog
Emile Bonjour
Entre Rêve et Réalité
Esprit Libre
Europeus
Exdisciplesleblog
Exeworld
FAQ hommes libres
Farid Taha
Fragola
Francesco : l'objectif dans l'oeil
Fred de Mai
Freya Finker
Fsens
Ghosts of Weimar
Gouvernance
Grande Question
Géoclic
Imagine 2012
Imagine 2050
Javafred
Juliette Robert
La Danse du Temps
La Faim d'un monde
La fin du capitalisme
La grande confusion
La liste à suivre
La politique du chacal
La rage du peuple
Le Barrablog
Le Blog de Guyom
Le Blog à Rythme
Le Mague
Le Monde citoyen
Le XXIIème siècle sera Utopie...
Le blog des jeunes de l'UDB
Le grand ménage
Le site de la pauvreté intérieure
Les pensées actives
Lespacearcenciel
Lucie de l'île
Lune de Neptune
Lux
Maison, sucrée maison
Malisan
Marionnettes en prison
Melanchalys
MetaBlog Journal de l'Hypertexte
Michalon
Mimiland
Miss Ecolo une écologiste en développement durable
Mitsu Girlz
Mon Paysage
Moneinonline
Mr Moon
Muad'ib Ginkgo
Muji
Mythologie(s)
Nathalie NGK
Nicolas Marandon
Noolithic
Nous devons etre le changement ...
Nues _ news blog
Objectif planète
Olivox
Ombres et Lumières
On refait le blog
On veut des chevals
Ostende
Ouvertures
Penser paysage
Pile freemen 2.0
Piquouse de rappel
Ploutopia
PoliTIK_show
Pticrom
Quotidien Durable
Regard Sur
Remises en cause
Réseau Citoyens Libres
SDF
Sab et l'autre
Samuel Desgane
Sator
Sebos31
Skazat
Skyblogscope
Slovar les nouvelles
Source de la vie
Thierry Crouzet
This is the end
Toucher Rectal
Toujours aussi pareil ?
Tout allant vert
Tout autour de la terre
Un oeil sur la planète
Une bibliothèque...
Utopie possible
Vampyr sentimental
Vaucluse
Vert chez moi
VideoBlog Ecoabita
Vie de Baptiste…
Vitriol
Webknot
Welcome To The Brave New World
Zara-ecolo
Zoupic
_002
dieu des chats

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Calendrier

Septembre 2010
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      
<< < > >>

Images aléatoires

Recherche

W3C

  • Flux RSS des articles

Cie Les Mille et une Vies

Griz-Oblinghem5Des mots, toujours des mots. Des mots d'un lointain quotidien ; de mots en phrases, de phrases en textes ; des mots qui nous donnent à voir. En ce siècle, en cette époque comment construire une histoire de Théâtre et de vies ? Comment ne pas devenir de simples fabricants de rêves aux ordres de machines à diffuser ? En cette société comment, entre repli territorial et visibilité, construire une histoire qui ne soit pas vaine, pas déjà dite, pas déjà vue, pas… Quelles histoires raconter, comment les choisir, comment raconter. Où raconter ce que nous sommes, ce que nous devenons, comment nous grandissons, comment nous vieillissons, comment nous disparaissons..

Aujourd'hui, alors que notre site doit être reconfiguré, le blog devient le miroir virtuel qui nous donne à voir. Vision parcellaire qui reflète une réalité souvent changeante.

Quand nous avons ouvert cet espace, c’était pour donner à lire les actions que nous menions en les Maisons d’Arrêt de Loos et de Sequedin. Et quand les actions se sont interrompues ce blog à continué de nous raconter. Bon an mal an, il a participé à construire l’image que nous donnions à voir à la communauté humaine. Mais nous avons douté. Nous avions peur de nous répéter ; nous avions peur que les articles donnés à lire ne soient que « redite ». Même s’ils relataient des actions différentes, des lieux étonnants, de la proximité de notre itinérance, ils ne faisaient qu’utiliser nos mots, à l’envie, toujours et encore… Alors, pendant un temps, on a réduit la voilure, on a écrit un peu moins, on s’est un peu moins exposé, on a moins raconté ce que nous faisions au plus près….

Griz-Oblinghem6Aujourd’hui quand je jette un œil sur le rétroviseur, le nombre d’articles, le nombre de pages vues, les accès direct, par moteur de recherche, tout cela est impressionnant. En accès direct ou par le biais de pages liées, paper blog ou flux rss, ces nouveaux outils deviennent de nouvelles scènes où donner à entendre nos projets. Mémoire qui perpétue un geste… Et si les visages de nos lecteurs nous restent inconnus, je dois avouer que tous les spectateurs que nous avons croisé, nous ne les connaissons pas non plus. . Cet été nous avons revu des visages que nous savions avoir déjà vus. Mais nous ne savions où. Il nous a fallu demander… Comment se souvenir de tous les visages de spectateurs, des conditions de chacune des représentations que nous avons données depuis dix ans. Comment se souvenir de tous ces moments si particuliers ?

Le blog devient outil de mémoire. Le blog nous sert ici et là de mémoire, il extirpe l’essence de certains instants et la jette aux vents des réseaux. Quand en 1998, nous avons décidé de créer La Cie Les Mille et une Vies, Théâtre de Marionnettes Itinérant, je le savais, notre projet nous amènerait en partie à sortir des réseaux de diffusion. Il s’agissait avec cette Cie de travailler en cercles excentrique. Un Théâtre itinérant ancré sur un territoire, qui recrée la scène là où il se trouve sans avoir besoin de l’infrastructure d’une structure de diffusion culturelle. Un Théâtre Itinérant qui serait en tournée 4 mois par an. Alors que les scènes fermaient les portes pour leurs congés, que d’autres partaient à la conquête des festivals et autres diffusions, nous partions à la rencontre des publics dans les quartiers et les villages. Un Théâtre itinérant très ancien et très contemporain à la fois qui, depuis 1998, de tournée d’été en tournée d’hiver, a donné plus de 600 représentations et dont ce blog donne à lire une part de ses histoires….

Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant

Griz-OblingC'est toujours recommençant qu'on découvre nos limites et qu'on améliore nos savoirs faire. Avec le temps le projet de notre Cie s'est affiné. Il a trouvé écho auprès de divers partenaires et si d'autres sont restés sourds à nos propositions nous étions bien trop occupés pour nous en rendre compte. Aujourd'hui entre nos propositions et leurs réalisations, il n'y a que peu de différences. Quand nous décrivons dans nos dossiers nos actions, que nous imaginons leur impact, c'est en « connaissance de terrain » que nous le faisons et nos mots ne trompent pas nos partenaires.  Ecrivant cela je ne dis pas que d'autres le font, que d'autres trompent leurs partenaires ; je dis simplement que le temps nous a donné des outils et que nos actions ont suffisamment été confronté aux diverses temporalités de leurs réalisations et aux publics pour en connaitre leurs réels impacts.  Néanmoins après les congés il faudra que nous nous interrogions sur le cadre dans lequel nous intervenons sur les territoires et nos modalités de réalisation.

Depuis que nous avons démarré, depuis 1998, avec La Cie Les Mille et une Vies, Théâtre de Marionnettes Itinérant nous avons fait le choix du développement culturel et d'une implantation territoriale forte. La mise en œuvre de certaines des actions que nous menons, imaginées en concertation avec des partenaires publics nous empêche de nous consacrer à de la diffusion plus traditionnelle (et plus rentable pour une structure telle que la nôtre) et nécessite donc que nous soyons aidés par les collectivités territoriales à hauteur des besoins qu’engendrent ces projets de développement culturel. Aujourd'hui, alors que le bilan des actions démontre clairement qu’elles sont le type de réponse à apporter aux territoires ruraux et aux publics éloignés des réseaux de diffusion culturelle, nos indicateurs sont au rouge. Aujourd’hui nous constatons que certains de nos partenaires ne nous aident pas comme ils le devraient et si nous constatons que les actions de développement culturel répondent à de véritables besoins, elles ne sont néanmoins pas financées à hauteur de leur réalité.  Et le complément, nous le mettons de notre poche et de notre vie. Parce que lorsque nous avons des moyens inférieurs à nos besoins, les quelques personnes qui composent notre équipe doivent en faire plus, toujours plus... Je ne crois pas, je ne crois plus, il faut que ça change…

Fresnicourt-publicAvant de partir en congé, j'ai passé quelques jours à écrire un courrier au Président de Région et à constituer un dossier de contestation. En effet, depuis quelques années nos dossiers de demande d’aide à la création se font retoquer, rejeter, laminer sans que nous ayons le sentiment qu'ils aient été examinés pour ce qu'ils contiennent et si d'autres services de la région soutiennent certaines de nos actions, pour ce qui concerne la création, nous nous retrouvons face à un mur... et recevons des réponses année après année identiques sauf pour la référence dossier, le titre du spectacle et la date de commission. Dans notre secteur, le spectacle vivant, notre cas n'est pas isolé. Les collectivités se cachent derrière le prétexte de l'inconnu, de la jeunesse, pour ne pas financer des projets qui répondent à leurs appels à projets et aux critères qu'elles ont définis. Au final cela donne le sentiment que leur problématique n'est pas tant de financer des projets idéaux et répondant aux besoins d'un territoire mais plus de ne pas augmenter le nombre de bénéficiaires de leurs aides. Parce que derrière leur financement se cache une certaine automaticité qui nuit à l'étude qualitative des dossiers. Dans le financement du spectacle vivant comme dans les autres secteurs d'activité le rapport qu'entretiennent les collectivités territoriales et les porteurs de projets sont complexes et très peu transparents malgré les apparences.

Après la tournée, alors que le besoin de silence et de distance était là, après toutes les émotions fortes nées de la rencontre avec le public, après avoir vu la concrétisation de près de 6 mois de travail acharné (de contacts, de réunions, de visites, de rencontres de territoire, d’envois, d’appels, de relance, de refus, de report, d’intégration….), il était nécessaire que nous fermions les lumières pendant quelques semaines. A mon retour, la réponse que nous fera la Région (ou son absence de réponse), nous aidera à faire des choix et prendre le chemin qui sera le nôtre pour quelques années… C’est toujours recommençant qu’on améliore nos savoirs faire…

Fabrice Levy-Hadida – Cie Les Mille et une Vies – Théâtre de Marionnettes Itinérant

Matilde-Oblinghem2Hier soir,  à Violaines,  nous avons donné la dernière représentation (de la tournée d'été) de "Le retour des Grizbatoruc - Imagine un enfant une valise".  Matilde (est revenue) a accompagné les dix représentations de ce spectacle et entre son tour de chant composé de chansons et mélodies mélancoliques et l’accompagnement des représentations, chaque soir, j’étais heureux (même si ça ne se voit pas) de voir que ce que l’effet recherché était atteint. Le public nous a suivi nombreux et les regards illuminés, le temps passé avec nous et les échanges me font dire que ces dix représentations ont été le temps d’un plaisir partagé autour du répertoire de Matilde, de notre oeuvre….  Les Théâtres de verdures, espaces naturels ont accompagnés la maturation de notre proposition…. J’en reparlerai plus tard, si le temps, si le cœur…

Aujourd'hui 7 août et demain 8 août 2010, nous sortons les dernières Fêtes marionnettiques à Annequin et Haisnes-la-Bassée puis on remballe notre matériel avant les vacances.

Fresnicourt-lesdesuets2Pendant cette tournée nous avons été accompagnés par des musiciens extraordinaires et dimanches presque tous seront là avec nous pour clôturer l'aventure. Matilde (est revenue), William Schotte, et Bastien (sans Emilie malheureusement...) du Duo Les désuets seront là et accompagneront cette dernière sortie. Cette année nous avons fait le choix de proposer un programme musical récurent et je ne le regrette pas. Cette année nous avons choisis des humanités et je ne le regrette pas. Merci à eux pour leur répertoire et leurs propositions singulières.

Et avant que tout se range, et nous avec, que tout se case dans des petites boites à souvenirs, du meilleur au pire en passant par l’effacé,  je voulais le dire ici ;

William Schotte Diéval 2Merci aux Désuets, à Emilie et Bastien pour leur imagination débridée, leur salade de fruits et leurs promenades humaines et musicales , si on continue, on repartagera un morceau de route…

Merci à Matilde (est revenue) pour se mélodies mélancoliques, ses ballades poétiques, son oreille attentive (et sa langue pendue)…

Merci enfin à William Schotte, de m’avoir donné à voir et entendre, le violoncelle et sa musique, un rêve, d’il y a plus de dix ans, quand on a commencé les promenades extérieures de voir un jour cet instrument nous accompagner dans nos ré-occupation de l’espace public…

Merci à eux… et si vous lisez ce billet et qu’il n’est pas trop tard pour un détour par Annequin ou Hainses-la-Bassée, venez nous rejoindre et découvrir ces humanités la…

Fabrice Levy-Hadida – Cie Les Mille et une Vies – Théâtre de Marionnettes Itinérant

 

 

après le spectaclePour construire un projet tel que le nôtre il faut être jeune et passionné ou être fou... Commençant à ne plus être jeune, je dois être fou. Depuis 1998, date de création de notre structure, j'ai tenté de convaincre de nombreux partenaires instiututionnels. De rendez-vous en réunions, nous avons trouvé ici des appuis, là des portes fermées.  Je n'ai jamais compté les heures passées à constituer des dossiers, à mettre en mots nos projets de proximité, à tenter d'éclairer notre démarche. Je n'ai jamais compté le temps passé sur le terrain, à arpentrer espaces publics et leiux de proximité, à découvrir les bijoux cachés du territoire. De hangars en salles de fêtes, d'espaces verts, en plaines arborées,  nous avons faits ce que nous savions juste. Acharné, je n'ai pas dessérré la prise quand on m'envoyait paître.

Pour construire "la Cie Les Mille et une Vies, Théâtre de marionnettes Itinérant ", il faut de la patience et développer l'art de la conviction. J'ai du l'écrire ici ; le temps travaille pour nous. Il nous donne des éléments d'analyse, il démontre la réalité de nos projets et propositions... Il démontre l'impact de nos actions sur les territoires que nous arpentons ; le plaisir de la population....

Mais le temps travaille aussi contre nous.... L'energie et la folie nécessaires à la construction d'un tel projet, sont denrées rares et à force de patience, l'épuisement prend le dessus.

Automate - l'enfantSurtout à une époque comme la nôtre. Ou les structures de création apparaissent autour d'un projet de création et disparaissent dans la foulée de sa réalisation. Surtout à une époque comme la nôtre où les outils d'évaluation des projets sont absurdes et inadapté..Oui,  surtout à une époque comme la nôtre...

Le temps joue contre nous. Pendant que nous vieillissons, pendant que la fatigue s'insinue, nous perdons chaque jour un peu plus de nos forces. Le public ne nous regénère plus de la même façon. Les visages se confondent et malgré leur rayonnement, la monotonie prend le dessus. Je perds les pédales. Je perds le contrôle. Nous travaillons depuis trop longtemps avec des moyens inférieurs à nos projets et malgré la réalité de notre présence territoriale certains de nos partenaires naturels, font mine de ne pas nous entendre...

Nous ne pouvons nous en satisfaire.... En 2006, nous avons arrêté de travailler sur l'agglomération Lilloise parce que nous avions le sentiment de nous appauvrir, je commence aujourd'hui à me poser des questions sur l'avenir d'une structure telle que la nôtre et malheureusement ne détiens pas les réponses....

Aujourd'hui, dimanche relâché, le corps casé et les idées confuses, après cinq semaines de courses, de montages et démontages, de rires et de plaisirs partagés, je regarde la dernière semaine de notre tournée estivale en territoire de l'Artois arriver et me dis que pour résister aux assauts de l'époque, il nous faudra changer....

 

Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant


Chapeaux...Quelques mots aujourd'hui et, s'en aller. Vite dire, vite se taire. Peut-être (re)commencer ce journal de bord ; un temps, puis le finir à nouveau... Difficile exercice que d'aiguiser la parole et la sortir du silence. Un silence auquel on s'habitue.

Pendant de longues années j'ai développé au plus près, le projet Mille et une Vies et son Théâtre de Marionnettes Itinéarant. En 2006 autour des actions menées en Maison d'Arrêt on a ouvert ce blog. Et puis en 2008, quand on a voulu développer l'équipe, passer de 2 à 5 ETP (Equivalent Temps Plein), on s'est rendu compte que ceux qu'on rencontrait en entretien, pouvaient s'en servir pour nous servir le plat qu'on voulait manger... Alors, on a décidé de se taire. On le savait, ça ne changerait pas grand chose, beaucoup de choses étaient déjà écrites et faire totalement disparaître nos traces, on ne le voulait pas...Alors lentement on s'est tu...

après le specatcle 2Le silence n'a pas empêché l'action. On a continué de travailler, de sillonner le territoire, j'ai passé beaucoup de temps à défendre le projet, convaincu que j'étais de sa justesse, de présenter nos formes, de créer au plus près, d'inventer des cadres. Aujourd'hui, on a grandi,  et je suis un peu plus fatigué qui'il y a dix ans. J'ai passé la quarantaine avance vers la cinquantaine et je sens le poids des ans  sur mes épaules. Aujourd'hui, après plus de dix années passées à sillonner les routes régionales je me rends compte qu'une grande partie de mon energie s'est envolée et si, face au public et ses remerciements chaleureux, je retrouve un peu de force ; cela n'empêche pas la lassitude de grandir.

Pourtant tout devrait être plus simple... Tout devrait être à l'image de nos rencontres avec le public....

Sur le territoire, face aux publics, nous promenons nos formes et les remerciements sont nombreux. Mais, certaines des questions que j'ai pu poser ici il y a quelques mois, sont toujours sans réponse... Comment réussissons-nous à tenir ? Nous ne tenons pas, nous nous épuisons...

Trop trop et pas assez pas assez ; un jour on vieillit. un jour on a plus le courage, plus l'energie. Raconter, faire rire, interroger .... Pour la première fois vendredi, face aux averses, on a du replier, on s'est plié à la loi du ciel... et un jour, bientôt peut-être, il faudra qu'on se plie à la loi de l'époque aussi...

 

Fabrice Levy-Hadida

pour La Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant

Griz-Oblinghem5Hier, 22 juillet 2010, le Théâtre de Marionnettes Itiinérant était à Oblinghem. Dans un champ, protégés par des arbres plus que centenaires, nous avons proposés au soixante spectateurs présents, un temps de partage autour de notre nouvelle création, "Le retour des Grizbatoruc - Imagine, un enfant une valise...".

 

Hier en arrivant sur sites les nuages étaient bas et la peur de la pluie était présente. Après un temps d'hésitation, j'ai opté pour l'extérieur et le ciel m'a récompensé.... Depuis le démarrage de la tournée, nous n'avons pas replié. Ici ou là, la pluie nous a fait peur ; une fois, la pluie nous a fait ranger plus vite que prévu mais, globalement, depuis le démarrage de notre tournée 2010, nous tenons tête au cieux..

 

Griz-Oblinghem2Cette année notre tournée passe par des villages et villes de 280 à 5000 habitants. Hier alors que la ville d'Oblinghem compte moins de 300 habitants, ils étaient 60 à nous rejoindre. Plus de 20% de la population...  60 personnes qui prennent le temps de rester avec nous, de profiter de la beauté du site, de leur village et de nos propositions artistiques. Arrivés avant 19H, ils nous quittent, au plus tôt vers 21 H. Les "au revoir" son chaleureux et les sourires sur les visages nous récompensent de notre effort, de la préparation si longue, de ces luttes acharnées pour réussir à mettre en oeuvre notre tournée, des kilomètres parcourus, de la fatigue dans les corps et les esprits... Oui, depuis le démarrage de notre tournée, le plaisir ressenti par le public, nous remercie de nos efforts. Ils ne le savent pas, mais c'est pour et par cela que je continue. Pour revoir ces visages épanouis, continuer. Pour voir que beaucoup de familles nous suivent sur plusieurs dates et viennent découvrir l'ensemble de nos propositions, continuer.

Et si en ce moment d'autres élements de notre fonctionnement me font douter, le plaisir du public et ces rendez-vous réussis  ne peuvent eux que me conforter dans mes choix. En fin de tournée, après un temps de congés nous mettrons tout cela dans la balance et ferons des choix. Oui, nous devons changer mais pour l'heure, il est temps de nous préparer à partir. Dans quelques heures nous nous installons à  Hinges un autre très joli village et si la pluie ne nous oblige pas au repli, nous accueillerons le public sur le parking de la place de la Mairie...

 

Fabrice Levy-Hadida

Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant

On ne peut pas, non on ne peut pas raconter ces choses là. Il faudrait que les mots puissent raconter le regard d'un enfant vers la marionnette et le plaisir ressenti. Il faudrait que nos mots disent le regard attendri d'un parent regardant l'enfant puis, se reprenant riant de lui même, revenant au spectacle et riant à nouveau de la parole des objets. Il faudrait que les phrases décrivent ce temps partagé et les différents niveaux de compréhension, de seFresnicourt-public2nsibilité. Il faudrait toujours recommencer. Chaque jour, il faudrait dire que la météo nous a préservé, que les rires ont fusés, que le public s'est retrouvé autour de nos oeuvres. Chaque fois, il faudrait dire en parallèle le rire de l'adulte surpris de se laisser séduire par la proposition artistique.

 

Vous le comprenez, la question qui me taraude est là ; comment raconter avec des mots, comment raconter ce que nous vivons pendant notre tournée, les rencontres que nous vivons, les échanges,  ce que nous faisons. Il y a quelques années, nous nous sommes saisis de l'outil "blog" et nous en éprouvons chaque jour les limites ; de la  langue, du temps qui nous manque, des vides entre les pleins. Et puis aussi, parfois nous nous disons, que cette chose que nous vivons, que ces temps que nous partageons avec le public, ce n'est pas à nous de les raconter. Nous devrions simplement vous transférer les points de vue de correspondants de presse qui viendrait relater l'évènement, en tirer l'analyse, échanger avec le public et nous même et.... Mais nous ne le pouvons pas. Les rédactions locales ne se déplacent plus que rarement, elles confondent information et communication et pour ce qui concerne les rédactions nationales, elles sont elles trop occupées à couvrir l'unique festival de spectacle vivant... 

 

L'art n'intéresseerait plus les rédactions ? Faut-il qu'il soit télégénique ?

 

l'automate 2Pourtant, nous avons démarré une tournée qui en un mois et 18 dates passera par 14 communes rurales. Avant cette tournée, nous étions en résidence dans trois villes, villages du plus près. Pendant nos résidences, nous avons établis des partenariats avec 6 établissements scolaires et douze classes du territoire. Pour informer les correspondants de presse, nous avons envoyé plus de 200 dossiers de presse version papier et le même nombre version dématérialisée.

 

Mais faire sens, donner à comprendre un geste artistique, sortir l'art du temple scénique,  participer à construire un mieux vivre ensemble semble ne plus intéresser les redactions. Nous vivons une époque formidable pendant laquelle nous pouvons être informés en temps (presque) réel d'une information tellement réactive et multiple que les rédactions des médias (dits traditionnels ) ont eu besoin de recentrer leur point de vue et leurs contenus sur des évènements médiatiques qu'elles couvrent à l'envie, à en vomir.... et pour ce qui concerne le local (même si, comme pour nous, il ne trouve cohérence qu'en considérant le territoire régional), elles ne le regardent que sporadiquement  et sans en tirer "l'essence"...

 

Grizbatoruc Diéval2 Alors pour essayer de rattraper cette difficile mise en abime, on va essayer de reprendre le fil de notre journal de bord. De raconter quand même. Avec les limites de nos mots, d'une langue et du temps qui nous manque, on va essayer de tenir journal, de construire mémoire... Oui, pendant les quelques semaines qui restent on va essayer de reprendre le fil du blog. Une trace, rien qu'une trace . depuis le lancement de nos actions, il y quelques mois, nous le voyons, notre présence sur un territoire a un impact immédiat et avec les mots nous essaierons, d'en délimiter certains des contours ; mais pour l'heure silence,  je n'ai plus le temps mais essaie de revenir demain...

 Une dernière chose, toute petite chose,  si nous avons du mal à relater ce que nous vivons, si ce que nous partageons ne se raconte pas, il se vit. Sous de grands hêtres ou saules pleureurs, sous des cieux jusqu'à présent cléments, les moments passés avec le public sont chaleureux et humains.

 

Vous n'avez pas tout raté, il vous reste encore quelques semaines pour venir partager avec nous propositions artistiques et espaces de verdure... Il ne reste que 3 semaines avant que nous rangions notre saison d'été... Alors ... vite la cette semaine c'est à Oblinghem et Hinges que ça se passe...

 

Fabrice Levy-Hadida pour La Cie Les Mille et une Vies Théâtre de Marionnettes Itinérant

 

Photographies Les Mille et une Vies à Maisnil (8juil.) et Diéval (16 juil.)...

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés