Mario en Prison

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  • : La "Cie Les Mille et une Vies" a été créé à Lille (59) en 1998. En 2006, autour des interventions qu'elle menait dans 2 Maisons d'Arrêt, la Cie a ouvert ce journal de bord. Avec le temps ce blog s'est ouvert à l'ensemble des activités de la Cie et est devenu le journal (presque intime) du Théâtre de Marionnettes Itinérant. Dans ce lieu nous pouvons vous raconter nos spectacles et ateliers, les joies et les déboires d'une Cie Contemporaine et des ses artistes permanents.
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est un problème majeur,

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- s’attaquer sérieusement à ce

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à plat de nos modèles économiques

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Au delà, comme le nom “Freemen“

l’indique, chacun pense, écrit

ce qu’il veut sur son blog. ..


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Trois jours plus loin, nous avons mis plus de 1000 kilomètres entre le nord et nous. Nous avons croisés, camions et accidents, dans la nuit de la route les autoroutes françaises sont bien sombres pendant que les voitures, nouveaux bolides foncent sans compter les kilomètres/heure vers leur destination ; pendant quelques jours, une dizaine, ce blog,comme nous, sera en vacances et, si de loin en loin j'interromps le silence pour des images d'un sud que je ne connais plus cela sera pour ne vraiment revenir qu'après le 8 janvier...

D'ici là, je me permettrais le temps, je me permettrais la mer et son bord, je me permettrais le rie faire.

Pour une fois, avec tout le monde j'arrête ; la Cie les mille et une vies est en vacances, fermé le Théâtre de marionnettes itinérant ; remballées les poupées, je ne peux de toute façon faire autrement... sur la route...

A partir de l'après, il faudra espérer que la tentation de recommencer me prendra ; pour que, mot après mots, les phrases puissent se construire. Avec moi ; ici ou là caché derrière un talus, comme pendant le temps de l'enfance, guettant le passage du mot à la phrase mais, pour le moment, il ne s'agit pas de cela : dormir et puis c'est tout ; ne rien faire et cela suffit.

Sur activart, lu un papier  de jcm qui donne à voir et à savoir, un peu de ce qu'il faut pour bien(mal) commencer l'année 2007. Yeux ouvert et attentifs ne nous laissons pas berner... lisez le canard, et tout ce qui vous aide à mieux choisir...

Ces Noëls brisés par la "justice", par l'état, par "le système", par notre ministre de l'intérieur... et un cadeau !

Retour au Kosovo dans une maison sans toit...

Arrivés en France en 2001 du Kosovo avec un enfant de 2 ans où leur vie était menacée les Raba ont appris le français, le parlent et l'écrivent : ils attendaient à Gray (Haute Saône) leur régularisation, promesses d'embauche en poche.

Le 6 décembre, Jusuf Raba, sa femme Sphresa et leurs trois enfants, Qerim, 7 ans, Dashnor, 4 ans, et Dashroje, 3 ans, étaient expulsés à grands renforts de moyens, par un avion spécialement affrété pour eux par le ministère de l'Intérieur. Direction le Kosovo.


La famille Raba retrouve le Kosovo de tous ses malheurs

Ils n'y ont retrouvé que les 4 murs en pierre de leur maison, brûlée après leur départ et se terrent à 5 dans une chambre, par peur des représailles.

Dans "Chronique d'une expulsion annoncée" on découvrira avec quelle délicatesse s'effectue ce genre d'expulsion...

En savoir plus sur le Kosovo : Le Courrier des Balkans.

Le "sens de la famille" : éclatement carcéral d'une famille palestinienne en route vers l'Allemagne

Un vendredi d'avant Noël au tribunal de Bobigny : (Mauvais) conte de Noël avec final.

Après avoir lu cela on devra s'étonner qu'un juge du tribunal des enfants ait encore des cheveux sur la tête...

Quand la police "fait l'éducation" des voyageurs d'Air France... intimidation policière contre la solidarité

Ne manifestez pas votre solidarité, cela risque de vous coûter cher : Le vent mauvais du ministre de la chasse a l’enfant

Ou : comment arriver à Bamako avec dans sa besace des menaces policières comme "cadeaux de Noël" venus de France... (pays du "savoir vivre" ???)

Ou encore : les questions qu'il faut garder pour soi si l'on ne veut pas être traité en malfaiteur...

Sortant de cette lecture vous pouvez à juste titre vous poser quelques questions sur "l'état de droit" en France, sur la démocratie...

Karim Sy, Driss Azarfan : lycée, pas lycée ?

Le tribunal administratif de Bordeaux a annulé l’arrêté de reconduite à la frontière qui avait été pris par la préfecture du Lot-et-Garonne à l’encontre du premier, lycéen agenais de 19 ans, en sursis puisque le préfet a encore la possibilité de se pourvoir en appel.

Pour le second lycéen tout dépendra de la suspension de l’exécution de l’expulsion.

Quel lendemain aura Le Noël de Karim ?

Le Noël à 17.130 euros de Kokopelli

L'association Kokopelli lourdement condamnée.

3426 amendes à 5 euros pièce, voilà ce a quoi vient d'être condamnée l'association Kokopelli par la Cour d’Appel de Nîmes le 22 décembre 2006.

Ceci au mépris de la directive CEE 98/95 ouvrant en faveur de la biodiversité, transcrite en droit français mais non appliquée : vous disiez "état de droit" ?

Nous attendons de notre ministre de l'intérieur, si prompt à fustiger les juges et à attaquer la justice, qu'il se prononce sur ce jugement qui démontre que la prime est donnée à des lobbies (GNIS, Groupement Interprofessionnel des Semences et Plants et FNPSP, Fédération Nationale des Professionnels des Semences) au mépris de texte internationaux et de la nécessaire conservation de la biodiversité.

Et nous attendons également des candidats à la présidentielle 2007 qu'ils nous donnent leur point de vue sur la non application de certaines directives européennes, qui nous coûtera peut-être très cher : l'état français vient d'être épinglé par l'Europe et doit payer la coquette somme de 38 Millions d'euros et 360.000 euros d'astreinte journalière pour non transcription d'une directive européenne sur les O.G.M.

Car notre patrimoine semencier est précieux, et c'est ce que défend Kokopelli contre vents et marées depuis des années, malgré une succession de procès.

Visitez le site de l'association, vous y découvrirez ces richesses qui devraient vous faire saliver si vous êtes gourmet, vous enflammer l'imagination si vous êtes jardinier, et vous insurger à la lecture de "Origine du catalogue des plantes cultivées".

Peut-être serez-vous tenté pas des amaranthes géantes pour décorer votre jardin à la saison prochaine ?

C'est Noël, régalez-vous !

C'est la fête après tout (comme nous venons de le voir !) et vous allez manger, boire...

En général ce ne sera pas l'eau du robinet, qui pourrait couler avec la qualité d'une eau minérale si nous le voulions : Münich : la ''bio'', pour une eau non traitée...

Un eau du robinet dont la qualité est de plus en plus coûteuse à maintenir, parce-que nos eaux souterraines et de surface sont gravement polluées, nous le savons bien et votre facture doit vous le rappeler.

Une pollution dont on peut penser que le taux ne faiblira pas et un petit tour sur le site de l'UIPP devrait nous alerter.

Un site "très bien" agencé, vous le constaterez en le visitant comme le ferait chacun à partit de sa page d'accueil.

Il vous faudra probablement quelques minutes pour trouver ce qui importe vraiment, les chiffres clef sur les pesticides : Produits phytopharmaceutiques, contexte économique 2005.

Vous aurez visité la page "Plan du site" qui comporte des liens vers toutes les pages qui tenteront de vous démontrer tous les bienfaits que l'on est supposé attendre des pesticides, mais aucun lien direct vers ces chiffres clef : si vous ignorez que cette rubrique existe vous aurez peu de chance d'y accéder...

Qu'y apprend-on ?

Que la campagne 2004/2005 a connu une hausse de 5,4 % (pour se situer à 1,867 milliard d’euros) sur le marché des produits phytopharmaceutiques, avec une stabilité sur les herbicides, une hausse de 10% sur les fongicides liée à l'augmentation des surfaces consacrées au colza en 2005 (et l'on peut voir là l'influence du développement des biocarburants) et une hausse de 2,7 % sur les insecticides, ce qui doit nous réjouir à l'heure où il semble que certaines populations d'insectes sont en fort déclin...

On y apprend aussi que la campagne 2005/2006 a été marquée par une baisse générale : OUF !

Cette baisse pourrait être imputable à "des pressions économiques et administratives très pénalisantes" et des difficultés économiques, notamment chez les viticulteurs.

Mais on apprend aussi que le revenu moyen des agriculteurs a augmenté : Hausse de 15% du revenu agricole en 2006, grâce aux prix mondiaux.

On peut en déduire que disposant de plus de liquidités les agriculteurs se montreront peut-être plus généreux vis à vis de l'industrie des produits phytopharmaceutiques pour la campagne 2006/2007, produits qui font si bien grimper nos factures d'eau par traitements de dépollution interposés...

Rappelons que la France est l'un des plus grands consommateurs mondiaux de ce type de produits, et donc un pays fortement pollué : 60% d'augmentation des taux de cancers en 20 ans d'après certaines sources très bien informées...

Un petit cadeau quand-même !!!

Oui, c'est la fête !!!

Je vous offre ce lien : Ecoresp.

Il vous permettra de télécharger ou de commander la version papier d'un livre dont j'espère que nous serons nombreux à le lire car il pose les bases de ce que pourrait être une transition "douce", très supportable par tous et au profit de tous, de notre pays vers une société où il ferait meilleur vivre.

Un livre réalisé par Corinne Lepage et son équipe (non, que vous soyez "de gauche" ou d'ailleurs ne vous arrêtez pas à la couleur politique dont vous voudrez parer cette candidate à la présidentielle 2007, mais faites seulement ce tout petit effort de lire ces pages !) qui nous montre ce que nous pourrions faire, ce qui se fait souvent ailleurs au plus grand bénéfice de tous et de l'intérêt général et qui demande : "Pourquoi pas chez nous ?".

Oui, pourquoi passer à côté d'un grand nombre d'améliorations de notre société, passer à côté de la création de plus ou moins 300 000 emplois d'ici 2010, passer en douceur vers un système économique dans lequel nous émettrions moins de gaz à effet de serre en retrouvant un dynamisme économique et social qui ressemble au souvenir impossible à ressusciter d'une époque révolue ?

Il y a peu Corinne Lepage écrivait Osons ce que nous voulons : osez simplement lire cet ouvrage !

Sans populisme, sans effet de manche, sans tonitruance, il trace une voie pour notre pays qui contraste fortement avec certaines voix conquérantes prêtes à nous karchériser : de la véritable politique, son niveau supérieur, peu médiatique probablement...
En plus de 500 représentations, on a jamais réussi à faire une capatation vidéo de Les Aventures de Germain Lenain qui me satisfasse; dans le cadre des dernières représentation données à Wingles on n'a toujours pas réussi à déroger à cette maudite règle. Même si la qualité est médiocre, voici tout de même un extrait de la dernière représentation. Dans cet extrait vous découvrirez la sorcière farfelue copieusement sifflée, huée par le public. C'est souvent ainsi lorsqu'elle explique ses sombres desseins... Dans ce spectacle, je considère que le théâtre de marionnettes peut devenir une arène contemporaine qui, contrairement à la télévision laisse au spectateur une place d'acteur qui peut changer le cours des événements..
On était à Wingles aujourd'hui. Normalement on aurait du donner l'étape 0 ou sans le sou de la chambre de Zette mais, entre les dossiers et le développement on ne pouvait pas ; alors, avec l'accord de la Ville de Wingles et de son directeur de la Culture, Alain Duchêne on a decidé de donner Les Aventures de Germain lenain. Demain deux nouvelles représentations avant un démontage et retour aux dossiers samedi avant une pause vacances de quelques jours. Aujourd'hui, j'ai joué sans filet. Depuis quelques semaines je suis tellement concentré sur la partie administrative de mon travail que je n'avais pas pris le temps, ce qui n'a jamais été mon habitude par ailleurs, de repéter ou de me préparer à cette série de représentations ; la seule préaparation à la représentation a été, ce matin très tôt, après un démontage de la structure à Lille-sud, de charger le camion et de parcourir les kilomètres qui nous séparaient de la ville de destination. Une fois arrivés à Wingles, de gravir les marches (une trentaine haute) avec le matériel dans nos bras,  de prendre un café une fois le déchargement terminé puis de monter le castelet. Quand à 14h30 le spectacle a commencé je finissais à peine de m'installer. Pour cette reprise, je ne bénéficiais pas, comme pendant les tournées, d'un "capital habitude" ; en effet, c'était la première représentation depuis deux mois et, si l'artistique et les moyens de sa mise en oeuvre sont au centre de mes préoccupations ce n'est pas son geste que je travaille. Dans la salle pleine d'enfants des écoles primaires de la Ville (ils étaient environ 150) j'ai retrouvé des gamins que j'avais croisé l'été dernier (article d'été) et, après le spectacle, ils m'ont dit avoir été heureux de retrouver Germain ; il n'y avait pas de lassitude dans leurs cris, dans notre échange spectaculaire...
Il faut du temps,
il faut du temps pour écrire,
aujourd'hui du temps que je n'ai pas. hier non plus...
Demain, après-demain
j'en aurais plus peut-être...
si c'est le cas, alors,
je pourrais écrire mais,
pour aujourd'hui je n'en ai pas,
du temps, du temps pour écrire.
Et, ça me manque, ou c'est tout comme ; c'est comme si ça me manquait ; comme si ce temps, consacré à l'écriture, cette bulle activée l'été dernier devenait l'atelier dont trop souvent je reste éloigné....
Et  cette bulle, dans l'impossibilité actuelle de l'utiliser,
lorsque comme ces derniers jours je suis dans l'impossibilité de m'y retirer
alors, j'en découvre l'importance ;
Pour l'instant, il faut qu'on finisse.
On finit des dossiers, ensuite il y aura peut-être d'autres dossiers
mais, on passera le temps
entre deux mots de dossiers, on montera le castelet,
notre théâtre de marionnettes itinérant...
parce que "Les aventures de Germain Lenain"
seront à Wingles, les 21 et 22 décembre prochain, après-demain en somme...
et pour la première fois, en plus de 500 représentation,
on filmera,
pendant la première représentation les marionnettes,
pendant la seconde le public
et pendant la troisième, qui sait, le marionnettiste...
et même si j'ai pas le temps, ....
Aujourd'hui et depuis quelques temps je prends conscience que le temps travaille pour nous ; contrairement à ceux qui recherchent un reconnaissance immédiate, nous avons avec la Cie Les mille et une Vies essayé de construire un projet juste tant pour ceux à qui il s'adresse que pour ceux qui l'animent. Pour réaliser ces deux objectifs, intimement liés nous avons  fait des choix de proximité et de développement controlés que peu de structures font. Dès aujourd'hui nous voulons imaginer jusqu'où les mille et une vies et leurs marionnettes pourront aller ; en terme de diffusion, de création, de sensibilisation, de chiffre d'affaires sans que nous perdions la qualité qui fait notre force. Dès aujourd'hui nous voulons imaginer et définir ce que nous ne pouvons pas faire.
A une époque, dans laquelle projet après projet les structures ont tendance à répondre aux appels de nouveaux cadres, quitte parfois à se détourner de leurs objectifs initiaux et dans un appétit sans faim les structures modernes perdent de vue les enjeux qui leur sont propres ; éducation populaire ou participation à une plus grande démocratie culturelle quelle structure aujourd'hui accepte de se penser en terme de stabilité plutôt que de croissance ?
La majorité des centres sociaux que nous avons croisés sont à l'affût de tous les appels à projets qui pourront les faire grossir.
En plus de leurs missions initiales, ils mettent en place, ces centres, de nouveaux projets que supporteront (en sont-ils réelement capables)  les salariés de la structure. Seront-ils plus justes en étant plus gros ? Non, pas forcément, avec la même équipe ils vont, soit-disant, faire plus et mieux pour des territoires en faillite. Les populations des territoires subiront elles, le contre coup ; moins d'acteurs moins d'interlocuteurs, le pouvoir concentré dans quelques mains-poches bien pleines ; un territoire asséché en somme ce qui par ailleurs permet  au pouvoir local de n'avoir, lorsqu'il le décidera, lorsqu'il en sera temps, que moins de tête à sectionner pour mieux régner et lorsque certaines de ces structures ferment, ils ne restent rien qu'un désert, une terre pourrie sur laquelle il est difficile de faire germer/pousser/construire... A Lille, sur le quartier de Faubourg de Béthune, après la fermeture-faillite du centre social du quartier, il a fallu quelques vraies années (je crois quatre ou cinq) avant qu'un nouveau centre social réapparaisse. Dans le désert des expériences se sont construites et si, le nouveau centre social, au démarrage s'est appuyé sur la diversité des acteurs réapparus dans le temps du rien, aujourd'hui il se pose-présente avec l'appui des pouvoirs publics, comme incontournable sur un quartier de plus de vingt mille habitant. Pour les projets destinés aux publics éloignés cela se fera avec ou pas... jusqu'au jour ou trop gros on lui coupera la tête....
Et passant de l'univers-exemple du monde socio-culturel au monde culturel je dois avouer que je pense la même chose. Pour les Scènes Nationales, Centres Dramatiques ou autres Théâtres ou scènes conventionnés, c'est la même chose, ce même appétit que les pouvoirs publics, les partenaires, les artistes, les citoyens n'osent ou n'arrivent pas rappeler à l'ordre et qu'on rencontre sans cesse ; au détour de réunions, ou de présentation d'appel, on se rend compte que les grosses structures ne sont jamais assez grosses... Et de politique de la Ville en droit commun, elles sont partout et asséchant, elles font le vide autour d'elles.
Que se passera-t-il demain (ce qui a par ailleurs déjà commencé hier) quand les pouvoirs publics décideront de couper les quelques têtes qui composent le territoire culturel local/national ? Il ne se passera rien parce qu'entre temps ces structures en voulant tout maîtriser, tout absorber, auront désséché un secteur qui n'aura plus les moyens de réagir.
C'est aussi pour cela que nous, les Mille et une Vies, au milieu des autres, devons maîtriser notre développement ; en le maîtrisant nous tenons les rênes de notre projet et, ne perdant pas de vue nos objectifs initiaux nous garderons une indépendance et une viabilité que certaines de ces structures n'ont plus. Combien d'entre elles pleurent sur des moyens conséquents mais jamais suffisants ? Combien d'entre elles ? Et malgré cela, de la plus petite à la plus grosse, il semblerait que souvent derrière le projet se cache la même soif de monter, grossir, etre comme celui du dessus, être lui. Pour cela tous les coups sont permis, du réseau à la concentration des pouvoirs et il arrive ce qui doit arriver, tous les acteurs, une grande majorité,
se retrouve isolée par l'égoïsme un insatiable appêtit.
Parce que dans une constante recherche de moyens complémentaires les acteurs du monde culturel souvent oublient l'oeuvre et les passerelles tendues entre l'artiste et elle, entre le public et elle, entre l'artiste et le public. Regardant le "monde culturel" je me dis que beaucoup d'acteurs, artistes, structures, avant que l'heure arrive de la destruction facilitée par la concentration ne soit irréversible devraient se remettre en selle et se concentrer à la construction de projets durables qui permettent d'atteindre ces objectifs ...
J'imprimais des photographies des marionnettes construites cet été à la Maison d'Arrêt de Loos. Préparant un porte folio pour Dominique Riquet, maire de Valenciennes; il avait été ému-touché par ce travail et préparant le portefolio, je regardais ce visage. Absorbé par le regard, dans le visage de l'objet, par cette tristesse dans la matière.
Et puis, regardant la photographie, presque plongeant en elle, je pense à A. derrière les barreaux ; l'objet silencieux lui ressemble, je pense à A. et je le vois, encore dans la cellule, son visage c'est ce masque, ce visage.
Cette expérience en prison, comme aucune autre expérience avant celle-là, me hante, me travaille. La prison m'a transformé. Ce visage, ce silence... Et puis dans le regard, la question survient, qu'est-ce qu'il en reste de ce temps, de ce temps là ? Pour eux une fracture pendant l'été, pour moi, une fracture encore aujourd'hui...
Et puis encore, regardant cette photographie, ce visage, je suis à nouveau dans la salle polyvalente de la maison d'arrêt de Loos, cette odeur si particulière, cette sonorité saturée, l'absence d'air, l'étouffement, la chaleur, à cet endroit là, plus insuportable que dans n'importe quel ailleurs ; je retrouve la sueur, je palpe le temps, son étirement, je perçois la liberté qui s'éloigne, fragile, je ressens le regard de la surveillance même lorsque j'échappe au regard de la surveillance ; j'apprends à mesure de mes pas, le temps de la prison et dans un regard, je sens mon absence d'intimité prendre forme, une forme que je ne connaissais pas ; je retrouve cela dans cette photographie, dans ce visage, dans ce masque ; ce n'est plus une marionnette ; c'est une âme à vue ; âme qui se donne, ici, à regarder, à penser, comme l'oeilleton, par la porte de la cellule pénétrant l'intime, rompant la solitude, mais aussi organisant le temps. En la regardant je ne vois que cela. Une souffrance, celle de A., une souffrance qui me ressemble.
Hasard de la vie, volonté, ces derniers jours, ma pomme et le blog Marionnettes en prison(s), on a rejoint le réseau des Freemen (des infos  ou ) et pourtant, je serais en prison ?
Et toi, qu'est-ce que tu vois ?
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