Mario en Prison

  • : Marionnettes en Prison
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  • : La "Cie Les Mille et une Vies" a été créé à Lille (59) en 1998. En 2006, autour des interventions qu'elle menait dans 2 Maisons d'Arrêt, la Cie a ouvert ce journal de bord. Avec le temps ce blog s'est ouvert à l'ensemble des activités de la Cie et est devenu le journal (presque intime) du Théâtre de Marionnettes Itinérant. Dans ce lieu nous pouvons vous raconter nos spectacles et ateliers, les joies et les déboires d'une Cie Contemporaine et des ses artistes permanents.
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Une image, rien, la chambre, nous la retrouvons ce soir.... La chambre, les marionnettes reposées, la salle du Rased nous les retrouvons ce soir. Notre seul espoir est de ne pas trouver dans le RASED, les nouvelles formes d'un réfrigérateur. Comprenne qui pourra...
DSCF4726-copie-1.JPG DSCF4724.JPG

DSCF3739.JPG Nous ne retournerons pas à Marles-les-Mines avant jeudi soir. D'ici là dodo, non, je blague ou je rêve.... D'ici là  Matthieu S. travaille sur le son et nous nous serons sur la route des actions culturelles avant les vacances. Douai, Wingles, Maulde et Avesnes-le-Sec. Je ne compte pas les kilomètres que nous allons parcourir ; je sais que d'ici jeudi soir mon impatience va grandir mais nous ne pouvons pas faire autrement. Nous tenons nos engagements, nous n'évacuons pas le front.
Petite nouvelle de ceux de la culture visible ; hier, sur ma boite voila, j'ai reçu la lettre d'information du SYNDEAC, Des mots et débats. Outre qu'elle a encombré ma boite électronique, elle a le mérite de m'avoir bien fait rire. En effet, cette lettre d'information donnait les titres des articles et pour les lire, il fallait cliquer les liens lire la suite. Sur une quinzaine de liens qu'elle proposait, la majorité (moins un) menait à une page d'identification à laquelle n'a accès que l'adhérent SYNDEAC que nous ne sommes pas. Soit ils n'ont pas compris le propre d'une lettre d'infos ouverte soit, erreur de manipulation qui rend illisible ce qu'ils voulaient partager, soit encore cette lettre est une publicité déguisée, un appel à adhésion. Cette petite mésaventure, il faudra que je prenne le temps de la leur conter , à ceux du SYNDEAC et aussi, que je leur demande de nous biffer de leur liste. Je n'aime pas cette opacité.
Pour le poste à mi-temps que nous ouvrons en CAE, je suis étonné de voir le nombre de retour que nous avons ; le poste étant à pourvoir pour mi-novembre, nous n'avons pas encore sélectionné la  personne que nous intégrerons. L'annonce a transité par l'ANPE et son site culture ; ce qui m'a amené à aller consulter les annonces en ligne. Quel n'a pas été mon étonnement, de voir que certaines annonces dans le cadre de CAE  (Contrat d'accompagnement à l'emploi) ne respectaient pas les salaires conventionnels et/ou qui portaient sur des postes dont le profil semblait antinomique au cadre d'un emploi aidé... Réalités culturelles, humaines réalités, ces annonces sont sur le site de l'ANPE!; j'y ai même trouvé un emploi bénévole !!!
DSCF3754.JPG Je parle, j'écris, trace les contours. Jeudi nous reprendrons les répétitions, d'ici là décors et marionnettes attendront. Depuis dimanche le froid pique. L'hiver du nord arrive. La salle du Rased faisant partie d'un groupe scolaire, le chauffage est arrêté hors des heures scolaires ; je dois avouer que j'ai peur de ce qui va advenir pendant les prochaines vacances. Non seulement nous serons dans l'urgence des dernières répétitions avant création mais aussi nous serons au pôle Nord.  C'est le front, je vous l'ai dit et nous ne le quittons pas. Nous essaierons avant de nous retrouver congelés, d'appeler la Ville et de lui faire entendre que nos horaires ne se calent pas sur les horaires de l'école...Encore faudra-t-il qu'elle l'entende....Ou alors, "Qu'ils crèvent les artistes !"
Le froid arrive, l'hiver est là, je me prends à rêver au soleil du sud....C'est peut-être que mettant à plat notre travail de 2007, nous savons  le chemin parcouru. Regardant le tableur, nous voyons mieux. Fin 2007, nous aurons donné 65 représentations ( dont 28 représentations à donner d'ici noël). Le Théâtre de marionnettes itinérant sera passé dans une trentaine de villes. La chambre (de Zette), aura été joué 45 fois et Les Aventures de Germain Lenain, 20 fois. Jusqu'au 22 septembre plus de 3000 personnes ont vu nos spectacles. Il nous restera à ajouter les spectateurs de la tournée de Noêl. Et puis, fin 2007 nous aurons animé 417 heures d'actions artistiques dans une  quinzaine de ville pour 766 personnes. C'est peut-être pour cela que le soleil manque et que le froid pique tant ; nous sommes au front je vous le dit.

DSCF4726.JPG Vite tracés les mots. Les avants première arrivent, le temps de répétition se réduit. Vingt jours et La chambre (de Zette) en création c'est fini. Théâtre de marionnettes itinérant autrement nommé castelet, bancs et marionnettes dans leurs cantines rangées reprendront la route. C'est fini et c'est là que ça commence. La forme de création que nous avons voulue étendue dans le temps veut cela. Le doute nous envahi raisonnablement. La version jardin qui a tourné cet été nous a rassurée sur l'impact que peuvent avoir personnages, formes et contenus sur le public. Ce qui est plus difficile a gérer mais, j'en ai déjà parlé ici, c'est notre investissement sur tous les fronts. Nous n'avons pu réserver un écrin temporel dans lequel nous nous serions concentrés sur la création ; mais, c'est aussi cela le coeur de notre projet de structure, de compagnie ; ne pas se déconnecter du réel, ne pas déconnecter la création de son environnement. 
Vingt jours et nous donnerons à voir cette forme de salle, vingt jour et ça commence. Ce sera la deuxième étape de la création de la forme de salle, rencontre avec le public et transformation dans les représentations jusqu'à ce que nous soyons satisfaits.
Pour les jours qui viennent, des inconnues persistent que nous essayons de réduire. Jour après jour. Morceau après morceau, scène après scène, transition après transition. Travaillant les détails, posant les rideaux, finissant les objets, peignant les décors, commençant de traiter l'environnement sonore, nous avançons vers la forme que nous donnerons à voir.  Ironie du sort, ma plus grande difficulté est d'apprendre le texte que j'ai écrit. J'ai le sentiment que mon cerveau n'arrive pas à traiter ces informations complémentaires, qu'il est plein, n'en veut plus, qu'il faut que je trouve la clé de démarrage ; c'est peut-être le courage qui manque. ..
Aujourd'hui après une réunion en région, nous reprendrons la route pour Marles-les-Mines. Nous emmenons avec nous Matthieu à qui, dans l'urgence j'ai proposé de travailler sur le son, la musicalité entre rêve et réalité, de ce spectacle. Matthieu avait travaillé avec Guillaume sur la musique de Seul(s). Journée de rencontre, on verra bien s'il arrive à s'immerger dans l'univers de Zette. Dans le juke-box, en haut de page, j'ai mis de nouveaux extraits de répétition, elles remontent à plus d'une semaine, le temps m'a manqué pour faire mieux. Voilà pour aujourd'hui, mieux demain ?
DSCF2435.JPG Dans combien de billet, sur les 204 publiés dans ce blog, ai-je parlé du temps et de sa contrainte ? Chaque jour commence et je me demande  où se cachent ces précieuses minutes qui, je le sais, me manqueront en  fin de journée ; il est des jours, il est des nuits.
Je ferme les yeux et je revois les mains dans la peinture plongée, une époque sans contrainte. Les mains sont fatiguées, les épaules aussi, l'esprit bouillonne, j'ouvre les yeux. Rue de l'arbrisseau à Lille-Sud,  au bureau, quand nous y passons, c'est souvent en coup de vent. Cela n'empêche pas de voir que le quartier est tendu. Il est un jour ou arrivant, alors que les facteurs avaient déposé les annuaires la veille, on en voyait voleter confettis et bandelettes sur toute la longueur de la route. Pas des voitures brûlées mais des bandelettes de papier, reflétant le désarroi, l'ennui, la fatigue. Souvent, après le passage en coup de vent, vérification de la boite aux lettres, des messages, récupération de quelque outil manquant, nous repartons, reprenons la route. Il y a des jours à 200 et d'autres à 300 kilomètres, ceux là sont les plus fatigants. Je sais que travaillant loin nous polluons la planète ; mais aucun moyen de locomotion collectif nous amène dans les endroits retirés où nous travaillons en nous laissant la mobilité dont nous avons besoin pour assumer nos activités. Nous ne pouvons nous installer dans ces lieux retirés parce que nous passons sans cesse d'une ville à l'autre. Oui, nous sommes itinérants... 
Ce matin mon fils me demandait Et toi, c'est quand la retraite ?  Et puis tout de suite il répondait Je sais, tu travailleras jusque très vieux, barbe très longue, tu travailleras jusque 9O ans et plus. Je me demande, pourquoi il a utilisé l'image de la barbe, moi qui ne porte pas de poil ? Peut-être que le métier de marionnettiste est associé, même dans l'imaginaire d'un fils de marionnettiste imberbe, à un homme barbu..
Je referme les yeux, je reviens au temps. Le temps de la course. Le temps des mots,  le temps de le dire. Quand nous passons rue de l'arbrisseau , au Sud  de Lille,  nous voyons le même éloignement que dans les territoires retirés sur lesquels nous intervenons en ce moment ; la même solitude, le même désespoir.  Montrez moi les bâtisseurs qui ont construit cela, qu'ils m'expliquent les raisons de ces villes construites autour des routes, qu'on traverse mais dans lesquelles on ne reste pas. Qu'ils me disent comment ils en sont arrivés à ces villes dans lesquelles on ne se réunit plus. Qu'ils m'expliquent ces  villes sans place sur laquelle la population peut se rassembler ; qu'ils m'expliquent ces villes à entrées d'immeuble  occupées faute de mieux...
DSCF4089.JPG Dans ces quartiers, dans ces petites villes, c'est cela qui est le plus frappant, la solitude, l'absence de lieu de rencontre, de lieu de réunion... Après avoir vu cela, il ne faut pas hésiter à imaginer, le soir venu, derrière portes et fenêtres closes, volets baissés, verrous tirés, ces gens, ces hommes et femmes, jeunes et vieux, regardant leur téléviseur. Comment, une fois cela pensé, continuer de reprocher aux jeunes de tenter de se réunir encore ; nos pères étaient comme eux, quand ils n'avaient pas de place pour se réunir, ils occupaient la rue. Mais aujourd'hui, c'est l'époque du "Rentrez chez vous, circulez, il n'y a rien à voir". Nous vivons une époque, chacun chez soi , une France de propriétaire ou de locataire, peu importe mais une France de français chez soi... Et pour cela on met les moyens ; il y a quelques mois en arrière, j'étais frappé de la différence de présence policière entre quartier d'une ville comme Lille et villes éloignées, aujourd'hui, ma subjectivité dit que le fossé se réduit, il n'est pas de jour sans que nous croisions, ici ou là, des hommes des forces de l'ordre, bord de routes vérifiant, contrôlant, peut-être essayant de participer à atteindre des quotas, d'excès de vitesse, de défaut de permis, de reconduite à la frontière. Je ferme les yeux, et je me dis que si je lisais dans la page 4 du Canard Enchaîné daté mercredi 17-10-2007 l'article de Brigitte Rossigneux, Course contre la montre derrière les ans-papiers je comprendrais que marionnettiste, je ne suis pas seul à manquer de temps. Peut-être que lisant cela je ne regarderais pas de la même manière ces agents de la force de l'ordre, postés au bord des routes...
test-264.jpg Au collège Chatelet à Douai, depuis que ça a  commencé,  je redécouvre mon travail. Face à moi des collégiens et des enfants de l'IMA dont les handicaps m'étaient pour certains inconnus jusque là. Je me sens gauche et mon rapport à certains des enfants de l'IMA dont je ne comprends pas le langage n'est pas encore posé. De l'autre côté  avec les collégiens, le rapport est facile, ils m'épatent, ils ont pris leur rôle à coeur, et soutiennent les enfants de l'IMA... Oui, Ils m'épatent, je ne sais pas si à leur âge j'aurais été aussi fort, aussi distant, aussi capable...
Après une première séance de découverte de notre travail (nous avions amené marionnettes et documentation qu'on a mis au centre et qui nous ont permis d'échanger), nous en sommes arrivé au vif du sujet ; transférer au groupe des techniques de construction, de manipulation, de jeu... Premières techniques abordées, la sculpture de visage dans la masse de la mousse et manipulation de gaine à bouche. Les séances ont lieu le mardi, elles démarrent avec les collégiens à 13H30. A 14H les enfants accompagnés d'éducateurs et de personnel de l'IMA  nous rejoignent. Le rituel est maintenat posé, dès leur arrivée, les enfants de l'IMA vont rejoindre leur binôme collégien. Après une séance collective d'une heure,  le groupe se séparera à 15H.
Intervenants à deux, nous avons du trouver notre rythme dans ces séances coupées et proposer des contenus dans lesquels les collégiens ne s'ennuient pas et avancent dans le travail tout en faisant que les enfants de l'IMA ne se dispersent pas. Pour l'instant, notre premier choix est de travailler de front manipulation et construction ; en début de séance tous les collégiens commencent la construction et quand les enfants de l'IMA arrivent  certains continuent avec leur binôme la construction pendant que d'autres partent en manipulation.
En général, dans tout atelier, il me faut (ré)apprendre mon savoir ; il me faut (ré)apprendre à le transférer.  Dans cet atelier plus qu'ailleurs il me faut (ré)apprendre. Mais plus que mon savoir, là, j'ai aussi le sentiment qu'il me faut réapprendre à être. Jusque là, avec certains des enfants de l'IMA j'utilise le rire comme outil de communication mais cela ne me suffit pas, j'en veux plus. Face à eux dont je ne comprends pas le handicap, je dois avouer que je me sens handicapé, amputé d'une partie de mes moyens et si eux ont appris à vivre avec depuis leur naissance, c'est neuf pour moi...Oui, plus que dans aucun autre atelier, Il nous faudra apprendre à être seuls ensemble. Près d'un mois après la première séance, le groupe constitué, les visages se précisent, nous nous reconnaissons mieux, il nous faut du temps, il nous faut de la patience.
Après chaque séance, nous prenons le temps avec Christine et Yann d'échanger nos impressions, nos points de vue, notre désarroi parfois face à un enfant qui ne cesse de jouer à s'échapper de la classe en courrant, face au langage silencieux. Ce temps d'échange est fort et bénéfique ; avec les collégiens, nous l'avons aussi mais plutôt qu'en fin de séance, il a lieu d'une semaine sur l'autre en début de séance.  Par contre  jusqu'a présent nous n'avons pu échanger nos points de vue avec les éducateurs et le personnel de l'IMA, et cela commence à nous manquer. Ils arrivent et repartent avec les enfants et nous ne pouvons bénéficier de leur connaissance des enfants, des repères qu'ils ont, leur connaissances du langage et de l'être qu'ils ont et qui nous font défaut. Cela changera j'en suis sûr.
Des visages en mousse apparaissent. Bientôt, sculptés ils pourront dire ce que les visages de chair, dos et de sang taisent. Dorothée, en manipulation a été étonnée par certains des enfants, dans cette exploration marionnettique, nous irons d'étonnement en étonnement, de découverte en découverte, de cela je suis sûr. Le chemin que nous avons devant nous est grand ouvert, il ne nous reste qu'à l'explorer !
DSCF2357.JPG Jour après jour nous essayons de faire paraître La chambre (de Zette) dans sa forme salle, tout au moins les jours ou nous réussissons à dégager du temps pour répéter.  Ce spectacle, ce personnage, ces marionnettes me donnent du mal, ou du plaisir, ce spectacle est plein d'inconnues que nous essayons de réduire.
Mais nos choix, avec le temps démontrent leur lourdeur et tentent de mettre à mal notre engagement. Deux, à essayer, d'assumer, mouvement des décors et des personnages, deux c'est pas assez ; deux à assumer montage et démontage quand nous sommes sur le territoire de l'au plus près et que nous voyons ce que d'autres ne voient pas, deux c'est pas assez. Les endroits où nous nous trouvons ne brillent pas, et si nous faisons rêver les spectateurs que nous croisons le temps de notre présence, difficile de ne pas remarquer la misère et la grisaille qui nous entourent, difficile parfois de ne pas avoir envie de légèreté.
Oui, le monde réel est sans paillette ou artifice, le monde réel, la France du plus près est triste et pauvre. Elle a peu accès à la culture, à l'art, elle se retranche dans sa maison au bord de la route. Des villes construites le long de routes. Dans ces conditions, quand nous faisons la route vers Marles-les-Mines ou autre territoire éloigné, cette tristesse nous emplit. Difficile de ne pas se sentir isolé sur ces territoires ; villes traversées par des routes dans lesquelles les endroits ou rencontrer l'autre sont rares ; même les cafés sont vides...
Artistes dépressifs ? Non, artistes fatigués...
Certains jours arrivant à Marles et regardant le ciel, j'entends résonner les mots de Rimbeau pour qualifier le ciel du nord (ou de l'Est ?) , un ciel bas et lourd, qui couvre comme un couvercle... Oui un ciel  lourd, une campagne traversée par des routes, un monde rural bruyant... Le chant des oiseaux attend le dimanche pour se faire entendre...  Et quand nous courrons de ville en activité, de spectacle en atelier, de répétition en préparation administrative et que nous prenons le temps de regarder autour de nous les paysages, il  nous arrive de nous sentir bien seuls... Dans ces villes qui sont belles, la solitude a pris le dessus au gré des déconstruction de services public ; il est rare de voir les gens flâner...
Le 17 novembre Christian Chabaud m'a invité à intervenir dans le cadre d'un colloque sur l'action artistique et le territoire. Pour introduire mon intervention, il me demandait un texte le voila ci-après reproduit qui parle de ce choix, notre choix...

Face à toutes ces questions, d’éducation artistique, de territoires, de publics, de transfert de compétence, il n’est pour nous, de la Cie Les 1001 Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant qu’une seule réponse qui convienne, le choix ou, la volonté (selon qu’on en parle de manière intime ou guerrière) ; le reste, les financements, les moyens, les acteurs existants, découlera (ou pas) de ce choix initial. Artistes, nous aurions pu  accepter d’être des outils à la disposition de structures de développement culturel et répondre à des « commandes » puis, « tourner dans les réseaux existants » et « pré-construits » mais nous avons fait le choix de travailler sur des formes légères ne nécessitant pas la logistique habituelle de création (salle équipée, technique développée, personnels surqualifiés…) .
Ces formes légères de création, créées dans notre Théâtre de Marionnettes Itinérant nous permettent d’investir des territoires éloignés des équipements culturels et surtout, de toucher des publics ne se déplaçant pas vers les équipements susmentionnés.
Si nos formes de création, autonomes, légères nous permettent d’occuper des espaces éloignés des réseaux culturels nous avons décidé avec nos partenaires de territoire (agglomérations, communes, associations…), de la mise en place d’actions de développement sur ces territoires. Temps de résidence de création dans des petites communes, accompagnés de programmes de sensibilisation vers les scolaires, vers le tous publics, d’avant-premières, nous devenons des « artistes partenaires  de territoires »… statut qu’il nous a fallu inventer, défendre avec patience dans le temps et qui même s’il s’est solidifié ces dernier mois reste fragile parce que « hors cadre ».
En 2007 nous aurons parcourus plus de 35 000 KM sur le territoire régional, donnés 75 représentations dans 30 communes (dans des salles des fêtes, salles de sports, bibliothèques, théâtre municipal, jardin public…), animés plus de 350 heures de sensibilisation dans des cadres variés (ateliers découvertes courts, stages, ateliers hebdomadaires…)…
Compagnie professionnelle nous essayons de participer à un véritable développement culturel territorial et c’est notre choix !
Fabrice Levy-Hadida
pour La Cie Les Mille et une Vies


La suite se dira en direct, au cours du colloque.
Pour aujourd'hui j'arrête là, après ceq quelques mots pour tenir le journal de bord, juste quelques mots comme un signe, juste quelques mots...

DSCF2355.JPG Des semaines trop courtes, des  semaines sans dimanche, des hommes fatigués, des hommes qui se répètent, c'est ça La Cie Les Mille et une Vies en ce moment. On a recommencé à Marles-les-Mines les répétions de La chambre (de Zette) forme de salle, on a démarré les ateliers et on sait que déjà la tournée de Noël arrive. Après les avant-premières qui commencent le 10 novembre, la tournée de Noël commence le 16 novembre. Cette année ce sera une trentaine de représentations dans 18 villes (à ce jour...). Le 17 novembre je ferais un saut en Essonne pour Les Champs de la Marionnette et retour...
Comme si ça ne suffisait pas, en plus du travail de répétition, de construction, de création, cette semaine nous avons animé, en complément des ateliers programmés à Wingles, Douai, Avesnes le Sec et Maulde, 7 demi journée découverte pour les scolaires. Pendant toute une matinée ou après-midi, Dorothée ou moi-même, dans 7 classes de primaire ou d'IME de Marles-les-Mines et Bruay-la Bussière, nous proposions aux enfants de découvrir l'envers du décor, de manipuler, de se poser la question du faire, de son sens, dans notre époque...  Imaginez le regard des enfants quand nous prenons ce temps là. Imaginez le plaisir pris dans la classe à manipuler, faire sens ! Pour certains des enfants que nous avons rencontré, ce n'était pas la première fois, ils avaient assisté aux avant-premières de la formes de jardin ; maintenant, après ces temps de découverte, bien que la forme de salle n'ait pas été au coeur de la rencontre, ils sont impatients de la voir.
Vous imaginez la taille des cernes sous les yeux ? sous nos yeux ? Non, ce n'est pas du maquillage ! Après les répétitions, nous finissons tard le soir. Mais alors que j'écris ces quelques mots, la semaine n'est pas terminée, demain matin nous intervenons dans deux classes d'une école de Bruay... Pourquoi faisons nous cela, pourquoi travaillons nous tant  ? Pour faire plaisir à la Nation ? Non, je ne vois qu'une réponse,  nous de la Cie Les Mille et une Vies, sommes des privilégiés investis...
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