Mario en Prison

  • : Marionnettes en Prison
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  • : La "Cie Les Mille et une Vies" a été créé à Lille (59) en 1998. En 2006, autour des interventions qu'elle menait dans 2 Maisons d'Arrêt, la Cie a ouvert ce journal de bord. Avec le temps ce blog s'est ouvert à l'ensemble des activités de la Cie et est devenu le journal (presque intime) du Théâtre de Marionnettes Itinérant. Dans ce lieu nous pouvons vous raconter nos spectacles et ateliers, les joies et les déboires d'une Cie Contemporaine et des ses artistes permanents.
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PIC-0454.JPG Après les représentations données à Barlin samedi 23 et dimanche 24 septembre (pour la fête d'Artois Comm.) , lundi nous (re)montions à Marles-les-Mines. Deuxième étape de création, ça recommence... Cette fois ci avec les décors de François, on travaillera sur la forme salle. Angoisse, est-ce que ça rentrera ? Depuis la maquette initiale, le projet scénographique de départ a été modifié et de nombreux tableaux imaginés au moment du projet ont disparus lorsqu'ils ont été confrontés à la réalité ; temps impartis, limite du castelet, forme qui doit rester légère au montage, au transport.... Aujourd'hui des sept ou huit tableaux, ne restent que la chambre, le train, et l'escalier et ceux, que nous ferons vivre dans le noir, avec des bouts de riens...
Le texte aussi, nous avons commencé de le relire, pour savoir quelles scènes seraient utilisées, développées et lesquelles disparaîtraient... Cette installation à Marles n'a pas été de tout repos. Il nous a fallu deux jours pour ramener le matériel, monter le castelet et nous (ré)approporiser l'espace du RASED. Ensuite, de mercrdi à vendredi nous avons testé les décors et les premiers objets construits, l'ombre d'UT, les trois vieilles... Cette deuxième étape de création, dans le cadre d'une résidence de deux mois, sera courte, nous le savons. Je l'ai déjà écrit ici... En effet, dès la semaine prochaine démarrent de nombreux ateliers. Nous devrons courrir après le temps. Avant la tournée de noël, dossiers et bilans prendront aussi du temps et les jours que nous pourrons consacrer aux répétitions, à la construction de cette forme, ne seront pas aussi nombreux que ce que nous voudrions. Il faudra nous y faire... Il nous faudra faire avec... Mais nous devons aussi développer notre équipe... Dans ce cadre, jeudi matin j'avais un rendez-vous avec un conseiller de l'ANPE, pour lui expliquer le développement de notre Théâtre de marionnettes itinérant, de notre démarche et notre besoin en recrutement. A partir de mi novembre nous ouvrons un poste à mi-temps (en CAE) de secretariat administratif (compta, paye...) et nous profiterons du démarrage de la tournée de noël pour ouvrir un poste technique... Normalement les offres d'emploi devraient être relayées par les réseaux ANPE, et j'espère que nous trouverons les personnes qui, correspondant au profils, voudront s'embarquer dans cette aventure. Deux poste qu'a terme, formation aidant, nous voudrions pérenniser ... C'est étonnant, je regarde les avancées et je dois avouer que je n'en reviens pas, le nombre de représentations, le public touché, les kilomètres parcourus.... Pour en revenir à Marles-les-Mines, j'ai mis en ligne des vidéo de nos tentatives, de nos essais, et je continuerai à tenir journal audiovisuel de cette création, vous pouvez les voir dans le jukebox au dessus, sinon sur notre page daylimotion dans les liens... Pour aujourd'hui j'arrête là les mots mais je profiterai peut-être du dimanche pour reprendre le fil...

CIELSETC0008.JPG Malgré tout, j'aurais voulu que ça ne s'arrête pas, que ça continue. Dans la tourmente, le temps semblait gérable. Et puis ça s'arrête ;  puis, le temps manque. Aujourd'hui nous avons monté à Barlin, nous jouerons demain et dimanche puis, nous démonterons pour repartir à Marles-les-Mines. En même temps que commencera la deuxième étape de résidence, dès la première semaine d'octobre, démarreront de nombreuses actions culturelles ; près de deux jours/semaine  qui seront occupés...
Je me souviens. Quand j'étais enfant. Je me souviens la couleur de la mer. Je me souviens certaines nourritures que j'aimais tant qu'il me fallait en engouffrer plus que ce que pouvait accepter ma constitution ; à en etouffer, à en vomir. ..
Quand je cherche dans ma mémoire, revienne ce temps, lorsque grand déjà, regardant la mer, je me souviens, tout entier plongé dedans. Vagues et sonorités, la nuit qui absorbe, la ligne entre ciel et mer devenant floue, plus selon l'heure et la perte.
J'aurais voulu que  le temps se fige, et qu'ainsi  continue le sens, mot après mot à paraître. Ecrivant cela,  il me faut entendre, que ce que je regrette d'hier, habitant ce que je vis maintenant, n'empêche pas le présent d'exister... Au contraire ; plein du passé, du récent à l'ancien, le présent  réécrit le sens. Sans cela, le présent ne serait peut-être que redites, redites, redites... "...ce qui a été c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait c'est ce qui se fera...Vanité,"
Il est tard, la fatigue fait son nid. ...

leCorpsStore0008.JPG Trois mots, quatre phrases et puis rien. Textes courts  ou feuille blanche ?  Ces derniers jours, j’ai fait le choix de textes courts, me disant après on verra bien... Chaque fois,  mot après mot construisant la phrase, le sens paraît.... Malgré la brièveté, l'esprit qui rappelle : pas trop longtemps penché sur la feuille, faire vite sinon l'esprit sermonne, t’as pas autre chose à faire. Le temps, toujours le temps. Pourtant je pourrais le raisonner en lui demandant , qui derrière moi crie ? Personne, moi peut-être... Vous imaginez ? Vous le voyez, le marionnettiste, tête à tête s'engueulant... Oui, imaginez, un homme se criant dessus, de lui à lui...
Mais non, même pas comme ça que ça se passe. J’arrête simplement, je fais court pour ne pas trop grignoter sur le reste, contrats, devis, conventions, et autres préparations....Et le reste ça commence à prendre beaucoup de temps, le volume du reste…De telle manière que préparant nos calendriers, nous jonglons d’un lieu à l’autre, d’un temps à un autre, d’une tâche à une autre en nous demandant quand nous pourrons nous poser ? Il faudrait peut-être formuler ça autrement. C'est pas qu'il aime pas, mais la, le volume de ces préparations, de ce faire la, devient critique...
Hier matin longue conversation téléphonique avec Christian Chabaud. Ca fait du bien. Paroles échangées, informations et nouvelles... Christian Chabaud avec Philippe, Nicole et Nicolas et d'autres encore c'est la Cie Daru. La Cie Daru, c'est le Pôle de la Marionnette en Essonne. Daru c'est des défricheurs... et ça me fait toujours du bien d'avoir de leurs nouvelles, de savoir que d'autres ailleurs continuent  d’inventer encore les cases dans lesquelles ils interviennent ; ne sont pas seulement les pions de joueurs anonymes... Daru c'est aussi  Les Champs de la marionnette, le temps fort du Pôle...Daru nous les avons rencontré en 2005 quand ils nous ont accueilli en résidence puis dans les Champs. Depuis, même si on ne se voit pas, ils sont proches. Même si la distance nous sépare, nos chemins sont proches... J'en ai déjà parlé ici, j'en reparlerais et si vous voulez en savoir plus, suivez les liens...
Regard sur le monde, le pays la région, la ville et au final, je m'aperçois que le quartier, « le plus près » m'intéresse plus que tout. Parce que « le plus près » rejoint « le plus loin » aussi...
Mais dans le plus près, même si nous entretenons des liens avec certaines structures culturelles dont la philosophie est proche de la notre, nous restons déconnectés d'un réseau culture-marionnette-traditionnel. Ce n’est pas que nous ne voulons pas participer, c’est encore une fois une histoire de temps et aussi de philosophie..
Oui, j’ai essayé, le groupe, le forum, le collectif. Mais ça n'a jamais marché... Jeune, c'est le milieu improbable duquel je venais qui me faisait ne pas me sentir "chez moi" dans les groupes... Plus tard, travail et volonté aidant, chemin faisant je ne peux penser que c'est les mêmes raisons qui m'empêchent encore de trouver ma place dans ces réseaux.  Peut-être suis-je trop égoïste, trop "auto-centré" ? Certainement, mais aussi, me connaissant je peux le dire aujourd'hui, je suis plein d'une rigidité qui m'empêche d'accepter les petites compromissions de ces milieux. Je n'ai plus vingt ans, je ne renonce pas à mon collectif idéal dans lequel les individualités travaillent ensemble pour améliorer le bien commun, bien qui échappe à ses membres et nourrit le plus grand nombre...
Oui, je ne supporte pas les groupes qui se constituent, disant représenter une majorité mais ne défendant au final que l’intérêt de leurs membres les mieux placés… A chaque fois que nous nous essayons d’intégrer des collectifs et autres rapprochements de structures c’est cela que nous constatons, la défense d’intérêts individuels derrière une façade de collectif….
C’est peut-être le propre de notre époque dans laquelle la majorité pense que les guerres sont terminées, qu’il ne s’agit plus maintenant que de petites batailles de pouvoir et de partage de l’acquis…. En regardant au plus près, je reste convaincu que non, les guerres ne sont pas terminées, que oui, il reste beaucoup d’endroits ou la culture n’arrive pas encore et nous avons encore beaucoup à inventer…
Le temps est dépassé, je suis hors-limite, comprenne qui pourra, qui voudra..

Flines20006.JPG On va repartir sur la route, les mots vont se réduire... après un été qui n'a pas ressemblé à l'été, l'hiver va arriver. Déjà nous serons noël et in nous faudra courir de ville en ville pour donner à voir La chambre (de Zette). Aujourd'hui j'ai acheté un nouveau stylo, un nouveau tampon et un cahier à spirale.
Je profite, encore quelques jours et le temps ne sera plus le même, plus le temps de "panser" les mots...Un monstre sommeille. Celui la, lorsqu'il se réveillera il faudra que je déguerpisse, que je trace. Vite et sans me retourner, que je le sème. ou que tout au mois je tente de le semer... C'est étonnant, nous avançons sur la finalisation de La chambre (de Zette)  et déjà on passe à la suite.  C'est peut-être parce que je sais qu'après son entrée dans notre répertoire il ne restera à ce 3ème spectacle tournant dans notre Théâtre de marionnettes itinérant,  qu'à se construire dans la représentation, dans son rapport au public... une deuxième recherche/vie en somme.
Oui, déjà mon esprit se remplit. La prochaine création de la Compagnie m'habite déjà,  Je pense au monstre, l'autre nous même, celui qui nous habite, celui qui nous fait face, celui que nous sommes. Ce monstre là, si différent et si proche sera le thème de du quatrième spectacle de la Cie Les Mille et une Vies. Mon "Golem" à mettre en vie ; cette thématique avec des marionnettes et des hommes, vous imaginez peut-être toutes les images qu'elle peut déclencher...  A partir de là...
Mais pourquoi parler de la quatrième création alors que nous sommes encore dans La chambre (de Zette). Au quotidien le sentiment que la peur prend le pas, qu'elle dépasse et submerge, qu'elle envahit nos écrans, nos esprits. Cette peur la, il faut la défaire, la (dé)construire. Il faut apprivoiser le monstre. Continuer, je vais continuer.  Tous les jours je voudrais écrire la peur, pas la mienne...
Et puis aussi, pour la Compagnie, des choix cruciaux vont arriver ; même si nous acceptons aujourd'hui le principe de la course, il nous faudra, à un moment ou un autre, décider à quel endroit nous voulons l'arrêter. Je ne veux pas que nous devenions une structure errante, vorace et insensée qui agit au gré de son appétit insatiable ; je ne veux pas que nous avancions dans le noir ; nous prendrons donc le temps, d'imaginer ce que nous voulons être.
Aujourd'hui j'ai acheté un nouveau cahier à spirale...
Jour après jour je vais tracer les mots de l'avenir, pensées et création, lutte acharnée, je n'ai pas peur, je n'ai pas peur, je n'ai pas peur, je n'ai pas peur....

PS : je le rappelle à ceux qui seraient dans le Pas-de-Calais et qui voudraient voir  La chambre (de Zette) -forme de jardin- nous donnons quatre représentations sous chapiteau (je n'ai pas peur de la pluie) les 23 et 24 septembre prochain. Samedi et dimanche à 15h30 et 17h30, Parc de la Fossette à Barlin, entrée libre sous réserve de place disponibles...

atelier.jpg Comment on en est arrivé là ? Après la marche, aujourd'hui, dans la course nous cherchons le deuxième souffle . Comment  y arrivera-t-on ?  La fin de l'année 2007 est folle mais pas autant que ce que nous voyons de 2008. Quand en 2006, face au désengagement de la Ville de Lille, nous avons décidé de recentrer nos actions, je ne pouvais pas penser que ça irait si vite. Je pensais qu'il faudrait du temps, beaucoup de temps pour (re)construire ; ça a été vite, très vite, parfois je me demande si pas trop vite ? Et puis non ; il est temps d'assumer la vitesse... La Compagnie Les Mille et une Vies fêtera ses dix ans en novembre prochain et mon parcours de marionnettiste a dépassé la ligne rouge des vingt ans.
Quand je regarde derrière moi, je me rends compte que j'ai toujours (souvent ?) patienté et, certaines fois, étonnant des partenaires, je refusais des développements parce que j'avais le sentiment de ne pas être prêt. Lorsque je partais de Nice en 1997, je refusais la proposition du Théâtre de Nice (CDN) de produire un nouveau spectacle. Alors, je ne me sentais pas assez fort pour entrer dans cette machine. Mes choix, Théâtre de Marionnettes Itinérant, ou, Entreprise Culturelle de Proximité, depuis l'arrivée dans le Nord en 1998 ; je les défends dans la patience. Je me souviens quand en 2003, nous sommes entrés en création. Au cours d'un rendez-vous Politique de la Ville, malgré les évaluations positives, j'ai refusé la reconduction des actions que nous avions menées pour pouvoir assumer la création. A ce moment la, je n'avais par ailleurs aucune certitude sur le fait que nous serions aidé pour notre création. Nous avons failli en mourir... j'ai même à un moment voulu jeter l'éponge...Centimètre après centimètre nous avons regagné le terrain, croisant les ressources nous avons assumé nos choix.
Aujourd'hui, quand je regarde notre calendrier d'actions prévisisonnel 2007-2008, il m'arrive d'entendre une petite voix qui me dit "ralentis". A cette voix je veux répondre que non, je ne ralentirais pas, qu'aujourd'hui, la quarantaine aidant, je me sens prêt à assumer la vitesse, que le temps a assuré mes convictions ; oui mes choix sont assurés et nous les assumerons. D'atelier en résidence de création, de représentation en stage nous continuerons d'amener notre Théâtre de Marionnettes Itinérant là où nous trouverons des partenaires, là où le public nous attend. A Wingles, Marles-les-Mines, Béthune, Douai, Montigny en Ostrevent, Maulde, Avesnes-le-Sec... ça commence bientôt quand ça n'a pas déjà commencé...
seul-s-2.jpg Bouche édentée qui sourit, souvenirs qui emplissent les yeux de larmes, les mots n'ont pas de couleur et parfois je les dis "blancs". De page en page les indignations se multiplient, les dénonciations aussi. En juin des courriers de détenus sortent de la Maison d'Arrêt de Sequedin, (vous les trouverez là), je les découvre sur le site de ban public (c'est là) et puis plus rien. Je lis ces lettres m'interrogeant sur le niveau de vérité qui les habite.  Je me demande comment elles sont parvenues jusque là ; le courrier étant lu avant sa sortie, par quelles poches sont-elles passées ????
Dernièrement cette affaire refait surface ; une enquête de police démarre , non pour vérifier la véracité des faits dénoncés dans les courriers  mais, pour connaître le cheminement qu'ont suivi ces courriers, jusqu'à interroger les représentant de l'OIP, ici un article de libérationlà les mots de l'OIP...
La prison n'aime pas qu'on la regarde, qu'on l'observe pourtant nous devrions le faire, nos parlementaires devraient  utiliser leur droit de visite plus souvent. ... Après une visite inopinée de la M.A. de Loos, 3 parlementaires se sont offusqués de son état...
Avant ma première visite à Loos, je dois avouer que comme beaucoup, je ne pensais pas, ou peu, à ce qui se passait derrière les murs de nos prisons. Après ce n'est  plus le cas.... c'est dans cette expérience qu'est né Marionnettes en Prison, pour en donner à lire une partie de nos sentiments, partager notre regard...
Bouche édentée qui sourit... le chemin que je prend n'est pas le bon, je change de cap. Il est encore temps, demain est un autre jour. faites vous un avis, lisez...
Un blog a été ouvert pour partager l'expérience menée au Collége Chatelet à Douai, c'est là ...
Il faut que je m'y remette, triant papiers et souvenirs, tendant le présent comme la corde d'un arc d'enfant les questions reviennent. 
Promenades et digression, je ne suis pas là, je suis ici. Petit dessin dans le coin supérieur d'une feuille de papier, relisant les mots, dans ma tête joue  une musique, petite ritournelle dont je ne sais dire d'où elle vient.  Je passe à autre chose, retour charriot, ce n'est pas une machine mais un clavier !  Opaque ? Non , comme dedans, plein !
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