Mercredi 27 juin 2007
Dimanche approche,
un dimanche à Bouchain, un dimanche comme les autres ? C'est là que ça va commencer, tournée d'été et tout le toutim, petit matériel et
marionnettes dans le camion embarqués pour ne pas souffler avant le 19 août.oui,
Dimanche ça commence, les jours passent et alors qu'au démarrage, nous pensions nous octroyer royalement deux jours de pause, nous voyons les affaires courantes nous absorber. Celles là, accompagnées de la peur de voir le corps se décomposer si nous arrêtons, nous fait continuer de courrir. Le ressort trop remonté, la machine s'embale et puis... casse ? ....non et puis... et puis rien ? C'est Bouchain la première image....
Tous les jours, le téléphone, le mail, ne cesse de me solliciter et de me faire transformer les objectifs que je m'étais fixé. De demande d'information en demandes de projets, tourbillon, qui m'emporte, j'en ris (jaune).
Epoque je regarde les yeux verts de Dorothée ; ce matin, je n'ai pas remarqué, elle a pris le temps de (re)coloriser ses cheveux. Mes dents bougent et tombent... Aie, en voilà un marionnettiste qui déchausse, vieil édenté avant l'heure...
Image, images la petite aiguille tourne aussi vite que la grande, les mots s'enchaînenet, pas le temps de me poser à pleurer sur mes maux.
Devis, bons pour accords, contrats et conventions, les uns succèdent aux autres et pour l'instant rien, non rien ne semble prêt... Avant le départ, la peur d'oublier l'essentiel envahit. Vous le voyez vous, le marionnettiste sans sa tête devant son public ? Déjà qu'il lui manque des dents, en plus qu'il manque de temps si la tête venait à s'absenter, vous le voyez, le marionnettiste, et bien non, vous ne le voyez pas, c'est un magicien de la disparition...
Et puis lundi, vous l'imaginez, lundi l'absence à Oisy. Déjà que l'été n'est pas
ce qu'il devrait être, à en faire peur même aux plus optimistes, vous l'imaginez, l'absence à Oisy... Oisy, la cour d'école, c'est la deuxième image...Cessons là la fiction, je n'ai pas peur, pas d'angoisse, pas, je suis là, je suis là...commençons la fiction, c'est une histoire, une histoire de...
Ca pourrait commencer comme ça...
Il était une fois, un petit Théâtre de marionnettes itinérant. A cette époque, de villes en villages, promenant ses histoires, de maisons de poupées en histoires d'humanité, autour du petit Théâtre, les générations avaient pris l'habitude de se retrouver. Dehors ou dedans, simplement assis sur les bancs, vieux et jeunes, prenaient autant de plaisir à rire des histoires contées par les personnages grossiers qu'à être ensemble.
Vieux et jeunes, enfants et parents, n'avaient plus, à cette époque là, que rarement l'occasion de se retrouver. C'est pour cela que lorsque l'été venait, tous
attendait les affiches qui annonçaient le retour du petit Théâtre.Mais il arriva un jour que le petit Théâtre ne vint pas, que les affiches ne réapparurent pas...C'est comme ça que ça pourrait commencer.... Mais après Oisy, on sera mercredi à Flines-les-Mortagnes... et après encore ailleurs et encore ailleurs et encore... et c'est pas comme ça que ça commencera...
Mais ça ne commencera pas comme sur l'image non plus, non, il ne neigera pas, c'est l'été ; quand l'été il pleut et qu'en même temps, le soleil luit alors, on dit que le diable bat sa femme...
par Fabrice Levy-Hadida
publié dans :
Cie Les Mille et une Vies
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Ces derniers jours sans que je sache
vraiment pourquoi, sont remontées des images-sensations de la prison.
L'autre jour,
j'avais face à moi G. à qui je proposais un emploi pendant l'été. G., je l'ai rencontré au cours de la tournée des jardins Lillois, "Marionnettes en Jardins et La
Caravane" en 2004. C'était justement le moment où il sortait de la Maison d'Arrêt. A l'époque, bénévolement il nous avait aidé. G. je le sais parcequ'il me l'a dit, a donc fait un
passage court par la case "ZonZon". Après sa sortie il a été disculpé.... L'autre jour, alors que je lui présentais le poste que je voulais qu'il occupe j'observais ses réactions et j'ai
vu que ce moment là de sa vie, la prison n'était pas oubliée-guérrie. La prison a détruit une partie de ce qu'il était. Alors que je lui présentais le boulot qui serait le sien pendant l'été,
je voyais aussi dans ses yeux ses interrogations face à ma confiance. Pourtant, jeudi je le retrouve pour lui donner le brouillon du contrat de travail...Son premier vrai contrat (pas un mi-temps
aidé) depuis longtemps...
Pensées
les unes après les autres allignées. La fatigue s'engouffre, l'esprit se fraye un chemin à travers le corps cassé. Ce matin il me fallait me lever, ne pas arrêter, de peur de tomber, ne plus
pouvoir se lever...






Et voilà, la série d'avants-première est passée.... Plutôt bien ! Le public de Marles semble avoir apprécié notre travail. C'est amusant comme les représentations tous
publics peuvent être différentes des scolaires, en termes de réactions... Les deux premières étaient remplies par des écoles de Marles, Bruay et Auchel. Face aux 90
enfants et quelques adultes présents sur chaque séance, Zette a tenu la route et mon angoisse s'est estompée (un peu)... C'est donc pleine de cette confiance que j'ai abordé la séance du mercredi
et là patatras... La voix de Zette ne voulait pas se poser, une mamie du foyer pour personnes âgées se donnait en spectacle dans la salle et moi dans le castelet j'ai découvert cette difficulté de
gérer le dehors en étant dedans et plutôt que de donner à Zette le pouvoir d'intervenir sur mamie, j'ai choisi de "tracer" ! J'ai eu peur, en ouvrant sur l'interaction, en jouant avec le public,
que cela ouvre encore plus de portes à mamie ! Résultat : ce ne fût pas la meilleure de la semaine !! Mais telle était le but de ces avants-première : confronter le spectacle au public, nous
confronter à la représentation et à ses aléas et ainsi nourris, reprendre le travail... Jeudi ce fût à nouveau une scolaire... Nous avons eu un petit souci de décors qui peine à s'installer,
quelques cafouillages de textes et une fin déstabilisante... Pour la première fois nous n'avons eu aucun applaudissement et bien je vous assure que ça fait bizarre ! Sur le coup on se demande si la
représentation a été à ce point catastrophique, si personne absolument n'a apprécié ne serait-ce qu'un petit moment, etc... Mais en discutant avec la salle ensuite nous entendons une large majorité
de remarques positives et découvrons que le public a fort apprécié la représentation !! Alors quoi ? Est-ce l'absence d'habitude culturelle ? Je ne sais pas mais en tout cas c'est tout à fait
destabilisant... Vendredi nous avons eu relâche comme on dit... L'école de Divion qui avait réservé plus de 60 places pour ses élèves a finalement annulé quelques jours avant, après avoir découvert
que, si la représentation était offerte, le bus pour venir à Marles était quant à lui à la charge de l'établissement... No coment ! Et puis samedi arriva... Dans la salle, il y avait, je crois
autant d'adultes que d'enfants si ce n'est plus ! Une famille dont les deux garçons suivent l'atelier que nous menons à Wingles, nous a fait l'agréable surprise de sa venue à Marles... Qui dit que
ces publics ne sont absolument pas mobiles ?! Une petite fille a fait, selon les dires de sa maman, une histoire pas possible pour que sa maman l'emmène revoir le spectacle qu'elle avait vu jeudi
avec l'école !!! Qui dit que la représentation de jeudi n'a pas plu au public ?!! La représentation de samedi, donc, fût pour moi encourageante... J' y ai trouvé, je crois, la bonne piste de
dynamique à donner à Zette... Et la composition de la salle, nous a permis aussi de "vérifier" le bon fonctionnement du degré de lecture pour adultes...
