Mario en Prison

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  • : La "Cie Les Mille et une Vies" (Lille, 59) est intervenue dans des Maisons d'Arrêt (en 2006); avec le temps le journal de bord des ces actions est devenu le journal de notre Théâtre de Marionnettes Itinérant dans lequel nous pouvions vous raconter nos spectacles et ateliers, les joies et les déboires d'une Cie Contemporaine et des ses artistes permanents. Cie Les 1001 Vies Théâtre de Marionnette Itinérant. nous contacter : lesmilleetunevies@wanadoo.fr
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Mercredi 30 mai 2007
Après les derniers articles publiés, samedi nous avons pris la route de Marles-les-Mines.  Une semaine sans retour vers Lille, et la nuit entre auberge et hôtel dormant, pour le lendemain  travailler plus, perdre moins de temps sur la route, mieux nous concentrer.

Voila pour les raisons de mon silence. Construire un spectacle et montrer des marionnettes, s'éloigner de la ville et s'immerger dans la chambre (de Zette), dans le Théâtre de marionnettes itinérant.

lolita1.jpgDe longue date,  je crois en avoir déjà parlé ici, nous avons imaginé des temps, pendant cette résidence de création, qui nous permettent, temps de rencontres, de lectures, de répétitions ouvertes, de confronter nos choix au public.
Aujourd'hui dans la salle, une trentaine de personne assistait à ce que, dans nos documents de communication,  nous avions nommé "répétition publique". Le public donc, parents accompagnés de leurs enfants, quelques personnes agées, groupe venu de la maison pour tous de Marles accompagné de Cali sa responsable et une de nos partenaires, le public donc, au cours de cette séance,  cette dernière séance de la semaine, même si elle était fatiguante avec sa durée d'une heure trente environ, le public donc a réussi à me faire oublier certains de mes doutes et a fini de me conforter dans mes choix....  actuels... Demain, ayant refermé cet intermède ouvert au public, nous reprendrons le travail de laboratoire, renforcés (je le sais) par cette confrontation..

Peut-être découvrirais-je de nouveaux doutes, peut-être m'emporteront les questions, les imaginaires faussés et dans leur armada de confiances disparues me lasserais-je embarquer ? 
Mais demain est un autre jour... 
Et puis, jamais futur n'est sur tant qu'il n'est passé...

Et samedi, lorsque nous repartirons de Marles je verrai, regardant les paysages passer,  si l'objectif que je nous avais fixé,  partir de Marles seulement une fois "la trame de la forme de jardin sortie, est atteint...

Pour l'instant, en terminant ici, je vais profiter de la chambre d'hôtel ; et ce soir, un peu plus confortable que les précédentes et  que nous nous sommes accordés pour avoir une connexion, profitant du confort, malgré la connexion, je vais lire les journaux de papier...
par Fabrice Levy-Hadida publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Samedi 26 mai 2007
DSCF4033.JPGNous voilà donc confrontés à une année charnière à partir de laquelle les décisions que nous prendrons pèserons sur notre façon d'aborder le présent et l'avenir de la Cie Les Mille et une Vies et de son Théâtre de marionnettes itinérant. Cette semaine a été un peu folle. A côté de nos répétitions, nous avons du répondre à de nombreuses demandes. Demandes de renseignements auquelles nous nous sommes prêtés sans rechigner ou demandes de devis que nous avons demandé de préciser avant d'y répondre. Ainsi, cette semaine nous avons refusé de participer à trois programmations (nous étions déjà occupé), d'animer deux ateliers (les tarifs proposés n'étaient pas raisonnables), d'animer deux actions culturelles dont les tarifs se calaient sur les nôtres parce que nos plannings ne le permettaient pas et que le territoire sur lesquel elles étaient imaginées ne fait plus partie des territoires prioritaires sur lesquels nous voulons intervenir. Ville de Lille de laquelle nous nous sommes coupés cette année, Lille dont nous avons refusé de solliciter des finacements toujours trop faibles, Lille à qui nous avons fermé la porte après près de 10 ans passés au plus près, malheureux comme la pierre pour les publics avec lesquels nous avions tissé des liens, Lille donc essaie de revenir par la fenêtre. Et pour l'instant, nous la fermons, la fenêtre. Cette semaine, nous avons aussi pris des options sur 12 représentations en 2008 et pour deux ateliers de pratiques artistique; oui, l'année 2008  se remplit, c'est inimaginable à quelle vitesse, une trentaine de représentations prévues à ce jour et je ne compte pas les heures d'actions culturelles autour de la Marionnette.
Cette semaine était folle, nous avons aussi essayé de savoir comment notre création allait être soutenue par les partenaires institutionnels. Le Conseil Général du Pas-de Calais nous soutient, cela nous l'avons appris. Pour ce qui est du Conseil Régional, la personne qui s'occupe de notre dossier de création, semble ne pas nous apprécier et alors que nous sommes soutenus par sa direction
et par une autre direction dans nos actions de développement culturel territorial , lorsque nous la sollicitons, elle nous envoie bouler. Sans méchanceté mais froidement nous envoie bouler.... Il nous faudra donc attendre ou nous rapprocher d'élus pour en savoir plus...et l'envoyer bouler...j'l'écris histoire de montrer en tout petit comment l'homme est courageux, tel Polichinelle face à Pierrot dans le Précepteur : "quand tu est le plus fort sois brave, quand tu es le plus faible sauves toi, quand tu manges donne toi une indigestion, quand on ne te voie pas vole tout ce que tu peux..."
Cette semaine, on voulait aussi savoir ce que fera la DRAC, avec notre dossier d'Aide à la Production Dramatique. Pour la DRAC, après le rendez-vous avec la conseillère Théâtre alors que la commission d'expert s'était abstenue sur notre dossier,  bein qu'elle ait reconue la viabilité économique de notre projet et que par ailleurs elle ait du mal à remettre en question notre légitimité artistique et même si les territoires que nous choisissons d'occuper échappent à son entendement, pour la DRAC donc, pas de réponse à ce jour... Ils semblent préoccupés par leur avenir... On verra bien la semaine prochaine...
Une semaine folle, une année 2007 folle ; les choix que nous allons faire, dans les mois qui viennent sont essentiels. Il ne me faut pas rater ce virage même s'il est difficile à négocier parce que mon esprit a du mal à se caler sur les tâches administatives et de gestion, tant la création l'occupe, le préoccupe. Je vais trouver j'espère dans les semaines qui viennent, le temps pour gérer ce tournant, cette montée en charge de la Cie Les Mille et une Vies. Nous avons été patient, près de dix années pour assurer notre chemin, il s'agit de ne pas rater ce rendez-vous important.
Le choix de la permanence est en train de payer, mais les deux postes à temps plein ne suffisent plus. Mais je ne veux pas, pour accepter des actions faire mon deuil de la qualité. D'autres feraient peut-être le choix d'employer des intermittents pour animer des ateliers mais je ne veux pas  envoyer des intervenants, sous le nom de notre compagnie, qui n'auraient pas été formés à notre technique et
dont je ne connaîtrais pas la qualité...Pour l'instant donc, je me résigne tout simplement à refuser des actions plutôt que de les prendre sans être sur de pouvoir assurer une qualité constante.
Une semaine, des jours fous mais je sais les choix que nous ferons continuerons de chercher le chemin de traverse, les heures passent. Si les répétitions publiques de la semaine prochaine se passent comme je l'espère, une fois nos recherches
pour la forme de jardin, par les retours que nous ferons le public,  validés, je sais qu'elle ne sera plus loin et qu'alors, je pourrais peut-être prendre quelques jours pour affirmer notre développement, ouvrir de nouveaux profils de postes, et avancer, avancer...
Notre Théâtre de marionnettes itinérant est en train de trouver sa place dans le paysage local-régional-national-culturel, ma patience récompensée, je suis content, mais je ne souris pas, l'absence de dents vous ferait fuir.
Dans le juke box, vous trouverez des nouvelles prises de vue de la répétition du 25 mai, recherche sur une structure pour un manipulateur , les 3 vieilles et je mettrais vite une première  improvisation entre Zette et Madame GriseBouche
par Fabrice Levy-Hadida publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Vendredi 25 mai 2007
dozette1.jpgEn période de création, les jours passent et ne se ressemblent pas ; trop courts, ils sont trop courts. Nous avons trouvé aujourd'hui, à quoi, la forme de jardin de "La chambre (de Zette)" doit ressembler. Nous avons pris la décision, après une réunion avec notre scénographe/décorateur, il y a une ou deux semaines, je ne sais plus, qu'elle devrait être légère, proche du public, dans une technique réduite à sa plus simple expression pour nous permettre d'assumer les conditions "tous terrains" dans lesquelles elle sera donnée à voir cet été. Ensuite, plus tard, après la tournée d'été à partir de fin septembre 2007, nous répéterons la forme de salle. Et depuis cette décisision chaque jour, nous faisons de nouvelles découvertes qui assurenZettepticorp.jpgt le sol sous nos pieds. Aujourd'hui, le pas que nous avons fait, vers la création de la forme de jardin est un pas décisif, je crois. Après la construction de la marionnette de Zette, pour le jardin, gaine à bouche, les premières répétitions, les premières recherches autour du texte. De la Zette de salle à la Zette de Jardin, (voir les zimages) les constats, les recherches sus-mentionnées nous amènent à nous éloigner de la matière textuelle ou, plus exactement d'en tirer la trame de ce que nous donnerons à voir sans l'utiliser dans sa forme actuelle et entière qui reste réservée à la salle attentive. La semaine prochaine, ouvrant quelques répétitions au public, nous pourrons confronter nos choix, les tester, en parler pour avancer... La peur au ventre, j'en ai déjà parlé ici ; oui, c'est impressionant ce que la création créée comme inconnues, comme peurs...
Dans le juke boxe ci-dessus, si vous le désirez, vous trouverez un extrait de la répétition d'hier, extrait encodé dans une qualité supérieure à ces derniers temps, ma fainéantise...
par Fabrice Levy-Hadida publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Mercredi 23 mai 2007
INSEKT4.jpgAgendas et autres papiers encombrent l'espace de travail, l'ordinateur trône éteint, batterie à plat, la tête et les mains sont perdues. Le temps de la sortie du spectacle se rapproche. Tous les jours un peu plus. L'estomac est noué. Avant les représentations, plutôt qu'être enfermés en salle de construction-répétition, nous avons choisi de rencontrer régulièrement le public. Lectures, répétitions publiques, avant-premières autant de temps qui nous permettant de valider nos choix, réduisent aussi notre concentration. Je le sais, ce choix d'ouverture est juste mais nous demande un plus grand investissement. Nos vies ne le permettent pas toujours. Je ne peux, pendant le temps de la création, mettre mon fils sur la position "off"....
L'estomac noué, nous avançons. En ce moment de création, nos choix initiaux en terme d'emplois, permanents et polyvalents nous obligent d'assurer le "service minimum administratif" et "service minimum développement" alors que dans la période que nous vivons nous devrions en faire plus en terme développement, mais nous n'avons pas encore les moyens d'employer durablement de nouvelles personnes, alors, nous concentrons nos moyens sur la création. Par ailleurs pour étayer notre équipe, il nous faut d'abord rencontrer les bonnes personnes et ensuite seulement nous pourrons assurer un développement contrôlé. Enfin, rencontrer les personnes qui voudront comme nous croire en la  notion de "permanence artistique" n'est pas une tâche aisée. Cette permanence a un coût que beaucoup de ceux que nous avons rencontrés ne sont pas près de payer. Certes, l'intermittence nous permettrait d'avoir un niveau de vie supérieur mais, je ne me sentirais pas des plus justes en utilisant les fonds dédié à la solidarité professionnelle pour assumer des tâches que nous nous devons de rémunérer si nous voulons être irréprochables.
Pour l'heure donc, avec notre équipe réduite, nous devons assumer l'ensemble des tâches qui composent notre métier et le temps nous manque, souvent, presque toujours.
UT-Ombre-Zette.jpgDepuis début 2007, nous avons du refuser des achats de spectacles, des propositions d'actions culturelles, les dates étaient prises ; mais aussi, depuis début 2007, notre visibilité augmentant, des propositions nous parviennent qui ne devraient pas nous parvenir. Des propositions que d'autres saisiront peut-être mais que nous, nous laisserons ; oui, des propositions nous parviennent qui ne prennent pas en compte notre professionnalisme, et qui voulant acheter au rabais, toujours au rabais, qui considèrent la marionnette comme un espace amusant, interéssant mais toujours amateur ; des propositions qui, si nous les acceptions nous mettraient en danger ; des propositions qui nous mettent en danger
quand d'autres les acceptent. En tant que compagnie professionnelle, nous sommes obligés de respecter les cadres conventionnels qui régissent nos métiers. En tant que compagnie professionnelle nous sommes fiers de pouvoir assumer ces cadres et parfois plus...
Malheureusement pour nous, compagnie professionnelle dont la spécificité artistique est le Théâtre de Marionnettes Contemporain je ne trouve pas de structure syndicale qui puisse défendre nos spécificités et intérêts. Oui, il faudrait une structure collective et non corporatiste qui pourrait bénéficier de nos apports tout en nous faisant bénéficier des apports de la collectivité, de l'autre. A notre époque, il me semble urgent de rassembler nos différences dans des outils capables de les défendre. Un outil collectif, capable de nous faire évoluer, de faire avancer nos pratiques oui, un outil qui défende et fasse avancer les équipes artistiques professionnelles et les hommes qui les composent... L'association THEMAA de laquelle nous nous sommes rapprochés en 2005 pour finalement nous en éloigner un an plus tard est un véritable "fourre-tout". Derrière le mot compagnie, tout est mis, tous les comportements, tous les types de fonctionnement, du plus ancien au plus neuf, du plus professionnel au plus amateur et pour faire nombre et masse. Cette masse pourrait faire sens si des collèges voyaient le jour, si les différences étaient encadrées mais au contraire, il me semble que THEMAA ne fait pas ce choix ; aucun collège n'est dessiné qui pourrait réunir les pratiques autour d'un noyau commun. Oui, l'association THEMAA ne représente pas notre réalité, je le regrette et quand je reçois leurs informations et les lignes qu'elle défend, chaque fois je m'en convainc un peu plus.

Oui, l'estomac noué, la création se rapproche, les mots sont confus, chaque jour passé ne se répétera pas... Je regrette dans ces moments là de ne pas pouvoir trouver dans le paysage du spectacle vivant des endroits de partage qui nous permettraient, bénéficiant du passé de l'autre acteur, de nous concentrer sur ce qui est le coeur de nos professions, l'art et le public.
Mais peut-être ces espaces collectifs existent-ils et n'en suis-je pas conscient ? Il s'agira pour moi, quand je "reprendrai le dessus sur le temps", de me rapprocher de structures syndicales, telles le Synavi et autres Syndeac et d'essayer de voir, comment, avec nos choix, nos spécificités, nos réalités nous pouvons intégrer ces espaces collectifs.
Les photos qui accompagnent ce papier, personnages de La chambre (de Zette) en construction
en haut l'INSEKT
en bas l'Ombre d'UT
par Fabrice Levy-Hadida publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Lundi 21 mai 2007
la-vieille-Y.jpgEtonnants, la route, le temps qui se grise, les mots qui s'enflamment. Etonnants les jours qui passent, les formes qui paraissent, les rêves qui se réalisent. Etonnants les dessins qui prennent vie, les mots écrits enfin prononcés.
Difficiles, la recherche et le temps qui presse. Difficile la solitude de la création. Difficiles les jours qui passent à un rythme qu'on ne sait arrêter. Difficile de ne pas pouvoir être là en même temps qu'on est ici.
Peur de demain, joie de demain. Regard au présent, pas de futur, regard au passé, le temps ne s'arrête pas.
Etonnante la course des jours difficiles. Difficiles les jours dans la course étonnante... Il est temps de se concentrer. Les mots manquent, le sable du temps coulé...
Les couleurs de Soutine, au moment de la construction dans la mémoire ressurgissent et toujours derrière les yeux des vieilles paraissent, ; avec un voile sur la tête, telle la grand-mère sicilienne habillée de noire. Sicilienne, avec un nom pareil, t'en es sûr, ta grand-mère ?
Opaque le sens. Chercher derrière les premiers gestes, il ne se trouve pas si facilement, si on pense un instant l'avoir saisi, alors, l'instant d'après, telle l'anguille, glissant, s'échappe...
La chambre (de Zette) à J-? je ne compte pas, je sais que le temps se réduit. Tous les jours une tache nouvelle, une articulation ici, une couche de peinture là, une marionnette. Tous les jours continuer, ne pas s'arrêter, ne pas baisser les bras, et rire aussi en pensant, nous n'irons pas à avignon, nous n'irons pas à aurillac, nous serons là où nous devons être, au plus près... Comprenne qui pourra...
PS : dans le juke box du haut, une vidéo des premiers pas de Zette de jardin...
par Fabrice Levy-Hadida publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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