De nos jours les apparences trompent, non de leur propre initiative mais plutôt parce que l'homme aime à s'arrêter à la forme et juger par son oeil ce qui reste visible seulement par le coeur.

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Freemen est un réseau de
blogs, dont les auteurs sont
convaincus que :
- le changement climatique
est un problème majeur,
pas uniquement écologique,
mais aussi politique et économique
- s’attaquer sérieusement à ce
problème implique une remise
à plat de nos modèles économiques
et, particulièrement, de la notion
de «croissance».
Au delà, comme le nom “Freemen“
l’indique, chacun pense, écrit
ce qu’il veut sur son blog. ..
De nos jours les apparences trompent, non de leur propre initiative mais plutôt parce que l'homme aime à s'arrêter à la forme et juger par son oeil ce qui reste visible seulement par le coeur.
Cela fera un an bientôt, que cet espace s'est ouvert. Il y a un an je voyais pour la première fois, de mes yeux ce lieux d'exclusion et ses quartiers intérieurs, la prison, dans laquelle je retrouvais, ceux des quartiers extérieurs, les enfants délurés et écervelés mis un temps en cage. Les murs hauts, corridors et miradors, ce n'était pas un film. Les murs sales et délabrés à Loos. A Loos où il valait mieux ne pas regarder la toiture, l'installation électrique et ses fils courrant le long des coursives. A Loos... Cela fait plus d'un an que je mettais les pieds à Sequedin, prison neuve et nouvelle, fini le Panopticon, la nouvelle conception de l'enfermement prenant le pas, l'exclusion presque hospitalière, plutôt désinfectant qu'ordure, mais là les hommes peuvent devenir fous lorsqu'ils ne le sont pas en y entrant... Cela fait un an et les images sont encore fraîches, les sentiments, l'impression que nous pourrions faire autrement, que nous devrions faire autrement, nous communauté des hommes que nous devrions travailler à n'exclure que rarement que lorsque toutes le voies, toutes les autres voies ont été épuisées. Cela fait près d'un an.
Après Wingles, depuis lundi, tous les jours la route de Marles-les-mines. Depuis plus de dix jours maintenant, le temps se réduit et je délaisse cet espace. Le soir, lorsque de retour, la fatigue m'empêche. Le matin les quelques instants encore disponibles sont dans l'empressement consacrés à régler les problèmes et autres affaires courantes... Presque dix jours, que ça a commencé et je sais que ce rythme, ce mouvement permanent ne s'arrêtera plus avant le 19 août. Parce qu'après le temps donné à la création viendra la tournée d'été.
Le temps de la création a démarré donc. Les jours passent,et hier, nous avons trouvé un chemin rapide pour aller et venir sur les routes du Pas-de-Calais. Amener vite les marionnettes, faire danser la Cie Les Mille et une Vies ici et là, le Théâtre de marionnettes itinérant.
Mais ce n'est pas cela qui me fait écrire ces mots ; les mots sur le travail en cours je les écrirai plus tard. Je voulais juste vous raconter une histoire, une histoire vraie, arrivée hier à ma boîte aux lettres...Non, ne riez pas...
Ce matin passant par le bureau, à Lille-sud, pour récupérer le courrier, nous trouvons la porte de notre boite aux lettres déformée, défoncée. On prend la route, vers Wingles, je me dis que la boite à lettres a du vivre une amusante bataille ; mais je me dis aussi qu'il faudra que nous la remplacions, parce que l'idée de savoir les courriers importants passant par une maison ouverte aux quatre vents, ne me convient pas. La journée passe, nous revenons de wingles plus tôt que prévu. Le stage du soir est annulé. On repasse par le bureau, je discute avec des jeunes installés au soleil dans l'epace vert en face, ils me racontent que la veille, pendant un contrôle policier, un agent a forcé notre boîte pour vérifier que rien n'y avait été caché....
Pauvre boite, elle était déjà mal en point, mais après ce qui lui est arrivé hier, paix à son âme, elle est finie... La fin d'après-midi passe et rencontrant des voisins du quartier, ils me confirment ce qui m'a été dit ; aucun acte malveillant d'enfant mal éducqués mais bien, le geste suspicieux d'un agent de la force de l'ordre...contrôlant la boite pour savoir si elle n'avait pas servi de cache...
Ce quartier et les gens qui y résident n'ont pas de chance....
Structure installée dans un quartier pauvre et basané, nous n'avons pas de chance...
Bien sûr j'écrirais un courrier à Madame le Maire, Monsieur le Président du Conseil de Quartier, Monsieur le Président de l'Office HLM mais je sais que cela ne changera rien.
Je savais que rue de l'Arbrisseau, les taxis ne se déplacent pas. J'ai vu que quand les forces de l'ordres s'y déplacent le rapport avec la population peut être violent. Cela se serait-il produit de la même manière dans un quartier dit "tranquille" ? A Neuilly ? Imaginez ce qui nous attend...
Imaginez ces dialogues pas si suréalistes qui nous attendent dans une société du doute et de la peur, entre un un homme en bleu et un jeune à casquette, les deux protagonistes d'un drame en construction ; est-ce ce que nous voulons ?
L'homme en bleu (ton dur): T'as caché quelquechose !
Le jeune à casquette (accoudé contre une voiture) : non m'sieur, j'vous jure...
L'homme en bleu (ton dur): Me mens pas, je sais que t'as caché quelquechose !
Le jeune à casquette (accoudé contre une voiture) : non m'sieur, j'vous jure...j'vous jure...
L'homme en bleu (sortant d'une de ses poches bleue sa matraque): dis moi ou ça va faire mal !
Le jeune à casquette (un peu appeuré) : j'vous jure j'ai rien fait, j'vous jure...
L'homme en bleu (prenant le jeune par le bras et le faisant pivoter): J'suis sur que t'as caché quelque chose
L?homme en bleu prend son élan et fracasse la vitre de la voiture sur laquelle le jeune était accoudé. Le jeune se recule, d'un pas hésitant et s'appuie contre la porte d'une maison
L'homme en bleu : Tu l'as caché dans la voiture ? C'est ça, tu l'as glissé par la vitre... ( il se penche et à travers la vitre et inspecte l'habitacle du véhicule)
Le jeune à la casquette (bredouillant) : Mais m'sieur j'vous dit que j'ai rien caché... En plus cette voiture elle est pas à moi, j'vous jure
L'homme en bleu (attrapant à nouveau le jeune par le bras et le faisant pivoter pour lui dire dans les yeux) : Me mens pas, je sais que tu me mens, allez, dis moi ou tu l'as caché, sinon...(il sort de sous sa veste bleue une hache)
Le jeune à la casquette (de plus en plus bredouillant) : mais monsieur j'vous jure, j'ai rien fait, j'étais là je prenais l'soleil...
L'homme en bleu (faisant tomber le jeune à terre par un tacle derrière le pied gauche, il lève sa hache puis se tourne vers la porte et la défonce...il est de plus en plus énervé) : je sais que tu as caché quelque chose et je te jure je trouverais (une fois la porte défoncé, il entre dans la maison on entend le bruit de meuble, de vaisselle qu'on fait tomber et à travers la porte on entend sa voix continuant la ritournelle) je vais trouver et toi tu vas payer, ou c'est que tu l'as caché, je sais que tu l'as caché... je vais trouver et toi tu vas payer, ou c'est que tu l'as caché, je sais que tu l'as caché...
Le jeune à la casquette reste à terre, il semble pétrifié...
Au bout d'un moment L'homme en bleu ressort de la maison avec dans les mains sa hache.. Il va vers le jeune et se penche pour le regarder dans les yeux...
Le jeune à la casquette (visblement appeuré, au bord des larmes, implorant la cléménce et l'humanité) : Vous avez rien trouvé, hein, j'vous l'avais dit que j'avais rien, que j'avais rien caché... en plus la maison là elle est pas à moi m'sieur...
L'homme en bleu : Te moques pas de moi, je sais que tu l'as caché et je vais le trouver?
Penché au dessus du jeune, il lève sa hache et... (IMAGINEZ)
Pauvre boîte aux lettres, j'taimais bien tu sais, mais j'te l'ai pas dit, tu sais, tu es partie trop vite, ma boîte aux lettres, tu sais, tu me manqueras...
Aujourd'hui ça démarre, chargement de camion, déchargement, montage de castelet et accueil public. Après une semaine à Wingles on recommencera. Démontage de castelet, chargement de camion, déplacement vers Marles-les-Mines, déchargement et montage de castelet. Deux mois dans la Salle du Rased. Deux mois pour faire paraître la forme de jardin de La chambre (de Zette). Deux mois avec de temps à autre des ouvertures au public pour qu'on discute, vérifie, réajuste. Après ce sera la tournée du 1 juillet au 19 août.
Et vous, qui êtes vous, si lecteurs j'en connais certains mais, lecteurs de plus en plus nombreux d'après les statistiques, je n'ai toujours pas installé d'outil performant qui me donnerait, votre IP, votre provenance et d'autres infos, système d'exploitation, poids, taille, age... Je déteste l'espionnage... lecteurs donc que je ne connais pas. Ce lieu est donc un étrange un journal intime qui ne l'est plus, un journal en écriture mouvementée. Pour quels yeux s'écrit-il ? Plus de 3000 visiteurs le mois derniers, les courbes montent et si cela continue comme avril a commencé, on devrait dépasser les 4000 ce mois ci...