Mario en Prison

  • : Marionnettes en Prison
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  • : La "Cie Les Mille et une Vies" a été créé à Lille (59) en 1998. En 2006, autour des interventions qu'elle menait dans 2 Maisons d'Arrêt, la Cie a ouvert ce journal de bord. Avec le temps ce blog s'est ouvert à l'ensemble des activités de la Cie et est devenu le journal (presque intime) du Théâtre de Marionnettes Itinérant. Dans ce lieu nous pouvons vous raconter nos spectacles et ateliers, les joies et les déboires d'une Cie Contemporaine et des ses artistes permanents.
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Demain, ça recommence. Pour aujourd'hui, silence. C'est étrange mais depuis quelques jours, tenir le silence est plus difficile que laisser sortir les mots. Juste une phrase ou deux, signe comme un  autre ;  juste une ou deux phrases, chacune finie par un point. Recommencer c'est simple ? Encore une photographie d'enfant à la marionnette ? Fond noir. La photographie est floue mais on peut voir le sentiment qu'éprouve l'enfant pour la marionnette construite, sa marionnette. A chaque fois c'est pareil, à chaque atelier, nous prenons le temps, entre sculpture de bloc et habillage de plâtre, il ne faut pas moins de 12h pour que l'objet, dans sa forme définitive paraisse. Et, dans la patience, à chaque étape, ils voient leur personnage naître. A chaque fois, quand l'objet est prêt à être manipulé, ils sont fiers de leur travail... de leur patience et, à chaque fois nous sommes foiers de leur attention et de leur travail.

Chemin faisant, je m’interroge de plus en plus sur la place des artistes dans le monde de la culture ; monde de la culture tel qu’il a été pensé, développé et tel qu’aujourd’hui, en France, il se dessine. Autour de l’œuvre, pour la donner à voir, pour la préserver aussi, on a monté des murs ; les murs il a fallu les gérer et ce n’étaient certainement pas les artistes ( trop lunaires, pas assez pragmatiques ?) qui pouvaient prendre en charge cette mission. Les artistes, associés pas tout à fait comme les autres sont jetables et renouvelables à souhait. Année après année une carte de France des établissements culturels a vu le jour avec ceux d’en haut, La Comédie Française (rare exemple d’un lieu avec artistes permanents, les sociétaires) puis de CDN (Centre Dramatique National ) en Scènes Nationales ou Conventionnées , de Théâtres missionnées en Lieux de Fabrique, la France s’est vue dotée d’outils fonctionnels et prestigieux.
Ces lieux sont-ils les rêves réalisés des missionnaires du Théâtre Populaire. Leurs pères spirituels les aimeraient-ils ? Trouveraient-ils qu’ils ont bien grandi. Assumant une partie de la production et de la diffusion des oeuvres ne se sont-ils pas transformés en monstres ? L’épopée s’est-elle transformée en un vaudeville à gerber ? Dans les CDN à la double direction, artistique administrative, combien d’équipes artistiques implantées, irriguant la ville, les quartiers, le territoire et qui, partant à la rencontre du public, le prennent par la main pour qu’il pousse les portes du lieu, du temple. Changer le sens des chiffres ? Faire que ceux qui n’ont pas la culture facile, en profitent et grandissent avec elle, grâce à elle. Trop peu à mon goût… Je ne répondrais pas ici à toutes les questions qui m’habitent ? La confusion grandit toujours plus en avançant.
Mais une question me taraude depuis la création de la Cie les Mille et une Vies et de notre choix de permanence (CDI) ; question à laquelle je n’arrive pas à trouver réponse ; cherchant dans les statistiques, les chiffres ne me disent pas quelle est la part de la permanence pour l’artistique. D’après ce que j’en vois on a accepté l’art, comme une économie de prototypes et de recherches permanentes dans laquelle le geste artistique est précarisé. La permanence est au cœur du geste artistique et bizarrement, pour le spectacle vivant en particulier, les structures d’emploi des artistes sont particulièrement précaires ; offre CDD d’usage indéfiniment. Les trois conventions collectives du secteur, celle des Entreprises artistiques et culturelles, celle des Théâtres Privés et enfin celle des Entrepreneurs de Spectacles et de tournées tombent d’accord la dessus, l’artiste on l’emploie quand on en a besoin et puis après, et bien on le jette… et on en prend un autre.

Peut-être que l’artiste devrait changer les choses. Avec Les Mille et une Vies, c'est ce que nous tentons de faire.  Au plus près, sans garantie sur le long terme, nous avons essayé de construire autrement et jusque là, tout survit.. Oui face aux réalités qui pèsent et empêchent, nous avons le devoir de transformer. Construire de nouveaux cadres ne se fait pas sans prise de risque. Mais, entre la construction de ma permanence artistique et ma survie artistique dans un cadre de type «On call Workers»  (Travailleur qu’on siffle), je préfère essayer et, advienne que pourra…. Les artistes doivent réfléchir, se positionner et changer les choses ; l'art et l'oeuvre sont au coeur des lieux de production et de diffusion et, eux, artistes, s'en trouvent la plupart du temps rejetés à la périphérie. N'est-il pas temps de prendre d'assaut conventions collectives et autres lieux et de les tordre à des réalités plus proches. L'intermittence n'est pas une fatalité ni le seul choix ; l'intermittence est en train de devenir une case trop petite pour la réalité de nos métiers. Des troupes permanentes doivent être réinventées et par leur présence changer la réalité des politiques culturelles et artistiques. Je vous le concède, pour nous, petite compagnie cherchant à se développer, à développer notre équipe, choisissant la permanence polyvalente rien n'est simple, et lorsque nous voyons nos ressources baisser, (moins de ventes de spectacles, moins d'actions de sensibilisation, moins de financement public) c'est notre existence même qui est mise en danger mais au moins, dans notre permanence pouvons nous nous battre et essayer de faire changer les choses. Nous savons les risques que nous prenons, et si nous mourons demain, nous aurons accompli toutes nos tâches polyvalentes dans le respect de nous même, de l'autre et des lois.

Alexia, Alexandra et Chloé, les photos faites mercredi 26 mars à Avesnes sont visibles dans l'album photo "enfants et marionnettes"... Enfants de Maulde, rassurez-vous, le temps nous a manqué ce mercredi mais la semaine prochaine on s'refait une petite séance photo avec vos marionnettes, promis !! En attendant vous pouvez toujours laisser vos commentaires et donner votre avis sur les marionnettes construites à Avesnes-le-Sec...
J'espère que Florian et Alison à Maulde, Sandrine et Thomas à Avesnes, seront de retour mercredi prochain pour la dernière séance avant les vacances !..
Je compte sur vous !
Dorothée...
Voilà, il faut que je le fasse. A quoi servirait ce site si je ne savais pas faire ça. Ce n'est pas de la publicité, c'est de l'amour. Ce n'est pas un produit, c'est une revue, une revue de qualité.
Dans notre époque il y a encore des gens qui tiennent le flambeau haut pour que, la nuit venue, on ait encore quelques lumières, quelques repères. Ceux de Cassandre , Nicolas, Valérie, tous, sont de ceux la. Des hommes et des femmes qui croient. Des hommes et des femmes qui portent la parole de certains des invisibles ; invisibles qui au quotidien et sur les territoires de l'au plus près, creusent, cherchent, offrent, alimentent, donnent. Une revue comme Cassandre est importante pour moi, pour vous. Mon abonnement fini, je le renouvelle, c'est une habitude maintenant. Et vous, la connaissez-vous ? Lisez la,  Abonnez-vous, Ceux de Cassandre pourront ainsi continuer d'éclairer la nuit des Ours...le site de Cassandre . Et puis il y a le blog de  Valérie allez y faire tour...c'est par ici
Il n'y a rien à ajouter. Cassandre est nécessaire, Cassandre est belle et même si la parole de Cassandre effraie, il nous faut l'écouter, l'entendre,
la relayer...
retour à l'accueil
Marionnettes en prison
Publié le 20 janvier 2007, le texte qui suit me semble encore d'actualité et puis, surtout, j'aime bien sa tonalité... Pour ceux qui ne l'auraient pas lu, je réédite ; une scène nouvelle, c'est ainsi que je l'avais nommé...excusez mes approximations orthographiques et grammaticales mais ce texte brouillon est peut-être le brouillon de ma recherche actuelle autour d'une autre façon de structurer. Structurer pour tenir ; j'en reparlerais plus tard, pour l'heure, je vous laisse avec les mots de janvier 2007.

Ils voudraient que nous nous pliions à leurs règles alors que nous n'intervenons pas dans leur monde. Ils voudraient que nous pleurions avec eux leurs débâcles et que nous donnions nos voix à leurs combats dépassés. Ils voudraient que nous nous contentions des cercles établis. Ils voudraient que nous pensions comme eux. Ils voudraient que leurs mots soient les nôtres. Ils voudraient que leurs gestes soient les nôtres. Ils voudraient que nous nous taisions sous peine d'exclusion durable de leurs cercles. Ils voudraient que nous aimions le public d'abonnés et l'élite.
Ils voudraient que nous reconnaissions l'excellence de leur art, la justesse  de leurs critiques, l'évidence de leurs choix.  Ils voudraient que nous rejoignions leurs réseaux. Ils voudraient que nous courtisions le prince, les princes. Ils voudraient que nous remettions en question les choix que nous avons fait. Ils voudraient que nous soyons déférents. Ils voudraient que nous nous battions pour être de "leurs amis". Ils voudraient que nous acceptions de nous aligner dans la course à la scène du temple. Ils voudraient que nous nous cassions la gueule.

Ils font des lois qui ne prennent pas en compte notre réalité, la réalité du monde. Ils font des choix budgétaires qui favorisent leurs amis. Ils détruisent ce que les précédents ont commencé de construire. Ils s'amusent en regardant "les artistes" engagés dans la course à la concurrence. Ils disent ce qui est beau. Ils disent ce qui ne l'est pas. Ils disent le bien qu'ils pensent de tel. Ils disent le mal qu'ils pensent de tel autre.  Ils se foutent du "fond". Ils se foutent aussi de "la forme". Ils pensent que le théâtre sans public n'est pas un drame, le théâtre aura disparu bientôt. Ils laissent les cercles s'enfoncer attendant de pouvoir couper tout ce qui restera, plus grand chose, les quelques têtes dépassant encore quand les corps enterrés ne se laissent plus voir. ils commettent des experts qui répètent leurs mots. Ils s'appuient sur des éléments des cercles pour détruire les cercles. L'art de la guerre, ils maîtrisent. Le théâtre va mal ? Les musées vont mal ? L'art contemporain va mal ? Le service public de la culture va mal ? C'est très bien, il n'en a plus pour longtemps.
Lorsque nous parlons à "ceux de la culture" de notre expérience, de notre travail, du public que nous touchons, je vois souvent dans leurs regards qu'ils ne nous comprennent pas. Je vois dans leur regard que le choix de nous déplacer vers le public (coûte que coûte) , choix que nous avons mis au coeur de notre structure, de notre création, de nos actions, ils ne le comprennent pas. Quand nous leur disons qu'en 2006, nous avons refusé de participer à des Off de festivals (certes prestigieux mais n'achetant pas nos spectacles), ils nous ont pris pour des fous. 
Et voilà que pendant que d'autres allaient se montrer dans des petites salles, dans des festivals (seulement rétribués par les recettes de billetterie), nous vendions nos spectacles, nous mettions en place des actions, des représentations sur des territoires éloignés des réseaux culturels face à des publics neufs et émerveillés.
Pendant que beaucoup des acteurs, avec le fruit de leurs recettes peinaient à se payer un verre après la représentation, nous nous salarions et nous développions notre projet hors des cadres habituels. Education populaire, démocratie culturelle qui, encore aujourd'hui  se bat pour ces nobles notions. De moins en moins nombreux les artistes, les équipes ayant le courage de mettre leur coeur dans ces combats ; il reste des poches de résistance ici et là.
Pourtant l'art participe à faire grandir, à mieux vivre avec soi, avec l'autre. Et dans notre époque, plus que jamais, cela semble important. Un peu comme l'air, l'art est indispensable, pas aussi vital mais tout autant indispensable.
Tant que ceux qui finançait l'art le comprenait, il continuait d'exister. Mais le temps est arrivé ou ceux qui financent l'art, ne fréquentent plus les lieux dans lesquels il l'ont enfermé. Alors, il est facile pour eux, de rayer de la carte ces lieux inutiles et ceux qui en vivent.
Et quand les réseaux de diffusion de l'art ne s'adressent plus qu'a une minorité d'habitants, d'élus, il est en danger.
Pour inverser la tendance, il est urgent de ré interroger nos métiers et les cadres dans lesquels nous les pratiquons. Ce n'est pas les ingénieurs et autres administrateurs culturels qui pourront le faire ; ce sont les artistes qui doivent être au coeur des ces interrogations, de ces transformations. Ils ne doivent pas uniquement être occupés à courir la course à la survie, à la préservations d'acquis fragiles, de financements étriqués. Artistes il faut réinventer les pratiques, s'interroger sur les destinataires de notre faire et les cadres dans lequel le temps nous a enfermé. Et quand nous aurons commencé de comprendre les réalités violentes actuelles, nous pourrons aussi commencer de désobéir et travailler à construire une société dans laquelle nous sommes à notre place.

La recherche de la scène reconnue, le piédestal , ne doivent plus occuper la majorité de  notre énergie. Dans notre époque ou les musées ou les scènes pour tous n'existent pas (plus?), il faut les recréer parce qu'il y a urgence avant notre disparition.
En regardant le passé, il arrive que le présent se clarifie. Dans ce lieu, journal, blog ou bloc, il m'arrive de me perdre et d'autres fois de m'y retrouver. ET vous ? Qui êtes vous, vous qui lisez ? Que cherchez vous ici ? Les rares réponses qui me parviennent sont des chiffres, si les chiffres ont un sens ;  Marionnettes en Prison, depuis son ouverture en juillet 2007 c'est 62 000 visiteurs uniques. 62 000 personnes qui sont passés par ces pages. Depuis quelques mois, avec une moyenne 5000 lecteurs par mois, le blog est lu. Je dois avouer que quand nous l'avons mis en service, nous pensions à un outil intime ; mais la réalité se charge de transformer les pensées. Lecteurs donc, parfois robots, souvent des hommes, d'après des outils statistiques si certains passent rapidement, d'autres prennent le temps. Au sein des passants, ici et là j'en (re)connais certains ; d'autres se font connaître en m'en parlant, d'autres encore, les plus nombreux (vous peut-être) entretiennent avec cet espace une relation plus ou moins régulière qui leur est personnelle. De Romainville à Lille, il y en a même qui face à leur écran à Mexico  ou Hong Kong ont lu certains de ces mot. Je me répète peut-être mais, mes outils statistiques s'ils me disent votre venue, ne me disent rien d'autre de vous que votre "géo-localisation" et petites données technologique (navigateur, FAI, durée de visite et nombre de pages parcourues).... Société de l'espionnage, je n'en veux pas, je n'en veux pas plus, je la déteste.
Mais, avouez le, dans ce lieu, pour la majorité, vous n'êtes pas des lecteurs très bavards, vous lisez, plus de 200 000 pages consultées et disparaissez dans l'obscurité. Certaines fois dans la nuit, quelqu'un s'égare et laisse un commentaire (31 commentaires depuis l'ouverture), envoie un mail (38 mail envoyés), passe un coupe de téléphone (et oui c'est déjà arrivé, 6 ou 7 fois je crois). Mais
somme toute, cela est assez rare que vous vous présentiez. Attention, je ne m'en plains pas, je ne me plains pas. Parce que si ce lieu devenait un lieu de discussion, peut-être ne pourrions nous plus l'assumer et faute de temps devrions nous le fermer. Et puis quand nous écrivons, nous jetons nos mots dans le vent et faisons confiance aux hasards du peuple des connecteurs pour les distribuer.
PIC_0079_jpg_0.jpg Mais si nous laissons au hasard le soin de provoquer certaines rencontres, ce lieu permet aussi à certains qui nous connaissent, de récupérer nos promesses, de les voir s'afficher. Photos prises au cours d'un atelier, mise en ligne  plus tard et s'affichant enfin sur l'ordinateur ; ami à Wingles ou Béthune, à Avesnes-le-Sec ou Douai... C'est d'ailleurs pour être un outil d'échange que Marionnettes en Prison  est né. Pour permettre aux familles de ceux avec qui nous travaillions (en prison) de partager les expériences marionnettiques que les proches derrière les barreaux vivaient. Si l'exploration en prison s'est, avant son terme, interrompue (à cause du blog, raison officielle), nous avons décidé de continuer de tenir ce journal. Avec le temps, il est devenu notre journal de bord. Nous n'y écrivons pas tout, nous essayons ici et là, de donner notre sentiment et point de vue, nous tentons en somme de faire partager l'expérience prenante que nous vivons avec notre Théâtre de Marionnettes Itinérant et dans les actions que nous mettons en place...
Parce qu'en premier lieu, c'est pour nous même que nous écrivons.
En  vous donnant à voir, à lire ce journal, nous faisons un signe, un signe de vie. Pour ne pas arrêter, pour ne pas cesser, nous continuons de raconter. Quand c'est joli, nous essayons de le dire ; quand c'est moche, nous essayons aussi. Il m'est aussi déjà ici arrivé d'écrire sans rien avoir à dire ; dans ces moments je laisse vides, blancs et silences me porter.
Et si parfois les dimanches et autre lundi de Pâques, prenant le temps je regrette vos passages silencieux ; et si parfois les dimanches je me dis qu'un salut, un signe de votre part serait bien agréable, très vite je me souviens que moi même, lecteur assidu de certains blogs et autres espaces de paroles ne procède pas différemment. Alors, je vous comprends, je me dis que vous êtes tel que vous devez être...
PIC_0090_jpg_0.jpg Mars et ses giboulées arrivé, mon regard sur l'avenir reste sombre ;  le printemps intérieur tarde à venir, je me sens comme un manipulateur sans marionnette, pas à ma place. Peut-être, notre isolement, notre façon de travailler dans la proximité (mais loin des réseaux) y est-elle pour beaucoup. Je n'arrive pas à me dire que nous passerons le temps, l'année, sans cicatrice... Ma première difficulté, continuer d'avancer,  je la retrouve chaque jour renouvelée alors que mes forces, je le sens, réduisent. Alors que j'écris, que nous travaillons à notre nouveau projet de création, nos deux projets de création, (Des)humanité(s) et Monstres, que nous continuons d'animer de nombreux ateliers, que nous gérons la structuration de La Compagnie Les Mille et une Vies, la fatigue s'installe. Ma volonté qui s'érode et mon avancée dans l'âge n'arrangent rien ! On aimerait, avançant, que le chemin parcouru ne soit pas sans cesse remis en question  et qu'il se stabilise plutôt. Cela serait peut-être le cas si j'avais choisi les chemins habituels de la culture mais (malheureusement) les territoires que nous avons décidés d'occuper demeurent à la limite du monde visible pour ceux qui financent l'art et le geste artistique. Si, hier encore, nous arrivions à trouver dans la proximité des interlocuteurs attentifs, il semble que le temps, lentement les dépossède du pouvoir de construire leur environnement culturel... Et si à terme ces interlocuteurs de proximité disparaissent, ceux la même qui sont nos premiers partenaires, du quartier éloigné au rural, alors, je le sais, nous devrons disparaître ou revenir aux traditionnelles (auto)routes de la culture. De question en question, les jours passent, je ne vois pas les réponses. Je devrais arrêter le questionnement mais ce n'est pas simple. Continuer tout simplement. Continuer, hier je le faisais, sans que le lendemain, empêche le présent. Mais aujourd'hui, engagés comme nous le sommes sur ces chemins de traverses, il est difficile de ne pas être soucieux...

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