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  • : La "Cie Les Mille et une Vies" (Lille, 59) est intervenue dans des Maisons d'Arrêt (en 2006); avec le temps le journal de bord des ces actions est devenu le journal de notre Théâtre de Marionnettes Itinérant dans lequel nous pouvions vous raconter nos spectacles et ateliers, les joies et les déboires d'une Cie Contemporaine et des ses artistes permanents. Cie Les 1001 Vies Théâtre de Marionnette Itinérant. nous contacter : lesmilleetunevies@wanadoo.fr
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Dimanche 30 mars 2008
Demain, ça recommence. Pour aujourd'hui, silence. C'est étrange mais depuis quelques jours, tenir le silence est plus difficile que laisser sortir les mots. Juste une phrase ou deux, signe comme un  autre ;  juste une ou deux phrases, chacune finie par un point. Recommencer c'est simple ? Encore une photographie d'enfant à la marionnette ? Fond noir. La photographie est floue mais on peut voir le sentiment qu'éprouve l'enfant pour la marionnette construite, sa marionnette. A chaque fois c'est pareil, à chaque atelier, nous prenons le temps, entre sculpture de bloc et habillage de plâtre, il ne faut pas moins de 12h pour que l'objet, dans sa forme définitive paraisse. Et, dans la patience, à chaque étape, ils voient leur personnage naître. A chaque fois, quand l'objet est prêt à être manipulé, ils sont fiers de leur travail... de leur patience et, à chaque fois nous sommes foiers de leur attention et de leur travail.
par Fabrice Levy-Hadida - Compagnie de marionnettes. Les Mille et Une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Vendredi 28 mars 2008

Chemin faisant, je m’interroge de plus en plus sur la place des artistes dans le monde de la culture ; monde de la culture tel qu’il a été pensé, développé et tel qu’aujourd’hui, en France, il se dessine. Autour de l’œuvre, pour la donner à voir, pour la préserver aussi, on a monté des murs ; les murs il a fallu les gérer et ce n’étaient certainement pas les artistes ( trop lunaires, pas assez pragmatiques ?) qui pouvaient prendre en charge cette mission. Les artistes, associés pas tout à fait comme les autres sont jetables et renouvelables à souhait. Année après année une carte de France des établissements culturels a vu le jour avec ceux d’en haut, La Comédie Française (rare exemple d’un lieu avec artistes permanents, les sociétaires) puis de CDN (Centre Dramatique National ) en Scènes Nationales ou Conventionnées , de Théâtres missionnées en Lieux de Fabrique, la France s’est vue dotée d’outils fonctionnels et prestigieux.
Ces lieux sont-ils les rêves réalisés des missionnaires du Théâtre Populaire. Leurs pères spirituels les aimeraient-ils ? Trouveraient-ils qu’ils ont bien grandi. Assumant une partie de la production et de la diffusion des oeuvres ne se sont-ils pas transformés en monstres ? L’épopée s’est-elle transformée en un vaudeville à gerber ? Dans les CDN à la double direction, artistique administrative, combien d’équipes artistiques implantées, irriguant la ville, les quartiers, le territoire et qui, partant à la rencontre du public, le prennent par la main pour qu’il pousse les portes du lieu, du temple. Changer le sens des chiffres ? Faire que ceux qui n’ont pas la culture facile, en profitent et grandissent avec elle, grâce à elle. Trop peu à mon goût… Je ne répondrais pas ici à toutes les questions qui m’habitent ? La confusion grandit toujours plus en avançant.
Mais une question me taraude depuis la création de la Cie les Mille et une Vies et de notre choix de permanence (CDI) ; question à laquelle je n’arrive pas à trouver réponse ; cherchant dans les statistiques, les chiffres ne me disent pas quelle est la part de la permanence pour l’artistique. D’après ce que j’en vois on a accepté l’art, comme une économie de prototypes et de recherches permanentes dans laquelle le geste artistique est précarisé. La permanence est au cœur du geste artistique et bizarrement, pour le spectacle vivant en particulier, les structures d’emploi des artistes sont particulièrement précaires ; offre CDD d’usage indéfiniment. Les trois conventions collectives du secteur, celle des Entreprises artistiques et culturelles, celle des Théâtres Privés et enfin celle des Entrepreneurs de Spectacles et de tournées tombent d’accord la dessus, l’artiste on l’emploie quand on en a besoin et puis après, et bien on le jette… et on en prend un autre.

Peut-être que l’artiste devrait changer les choses. Avec Les Mille et une Vies, c'est ce que nous tentons de faire.  Au plus près, sans garantie sur le long terme, nous avons essayé de construire autrement et jusque là, tout survit.. Oui face aux réalités qui pèsent et empêchent, nous avons le devoir de transformer. Construire de nouveaux cadres ne se fait pas sans prise de risque. Mais, entre la construction de ma permanence artistique et ma survie artistique dans un cadre de type «On call Workers»  (Travailleur qu’on siffle), je préfère essayer et, advienne que pourra…. Les artistes doivent réfléchir, se positionner et changer les choses ; l'art et l'oeuvre sont au coeur des lieux de production et de diffusion et, eux, artistes, s'en trouvent la plupart du temps rejetés à la périphérie. N'est-il pas temps de prendre d'assaut conventions collectives et autres lieux et de les tordre à des réalités plus proches. L'intermittence n'est pas une fatalité ni le seul choix ; l'intermittence est en train de devenir une case trop petite pour la réalité de nos métiers. Des troupes permanentes doivent être réinventées et par leur présence changer la réalité des politiques culturelles et artistiques. Je vous le concède, pour nous, petite compagnie cherchant à se développer, à développer notre équipe, choisissant la permanence polyvalente rien n'est simple, et lorsque nous voyons nos ressources baisser, (moins de ventes de spectacles, moins d'actions de sensibilisation, moins de financement public) c'est notre existence même qui est mise en danger mais au moins, dans notre permanence pouvons nous nous battre et essayer de faire changer les choses. Nous savons les risques que nous prenons, et si nous mourons demain, nous aurons accompli toutes nos tâches polyvalentes dans le respect de nous même, de l'autre et des lois.

par Fabrice Levy-Hadida -salarié permanent - Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Point de vue
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Jeudi 27 mars 2008
Alexia, Alexandra et Chloé, les photos faites mercredi 26 mars à Avesnes sont visibles dans l'album photo "enfants et marionnettes"... Enfants de Maulde, rassurez-vous, le temps nous a manqué ce mercredi mais la semaine prochaine on s'refait une petite séance photo avec vos marionnettes, promis !! En attendant vous pouvez toujours laisser vos commentaires et donner votre avis sur les marionnettes construites à Avesnes-le-Sec...
J'espère que Florian et Alison à Maulde, Sandrine et Thomas à Avesnes, seront de retour mercredi prochain pour la dernière séance avant les vacances !..
Je compte sur vous !
Dorothée...
par Dorothée Saint-Maxent - théâtre d'objet et sensibilisation - Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Mercredi 26 mars 2008
Voilà, il faut que je le fasse. A quoi servirait ce site si je ne savais pas faire ça. Ce n'est pas de la publicité, c'est de l'amour. Ce n'est pas un produit, c'est une revue, une revue de qualité.
Dans notre époque il y a encore des gens qui tiennent le flambeau haut pour que, la nuit venue, on ait encore quelques lumières, quelques repères. Ceux de Cassandre , Nicolas, Valérie, tous, sont de ceux la. Des hommes et des femmes qui croient. Des hommes et des femmes qui portent la parole de certains des invisibles ; invisibles qui au quotidien et sur les territoires de l'au plus près, creusent, cherchent, offrent, alimentent, donnent. Une revue comme Cassandre est importante pour moi, pour vous. Mon abonnement fini, je le renouvelle, c'est une habitude maintenant. Et vous, la connaissez-vous ? Lisez la,  Abonnez-vous, Ceux de Cassandre pourront ainsi continuer d'éclairer la nuit des Ours...le site de Cassandre . Et puis il y a le blog de  Valérie allez y faire tour...c'est par ici
Il n'y a rien à ajouter. Cassandre est nécessaire, Cassandre est belle et même si la parole de Cassandre effraie, il nous faut l'écouter, l'entendre,
la relayer...
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Marionnettes en prison
par Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Point de vue
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Mercredi 26 mars 2008
Publié le 20 janvier 2007, le texte qui suit me semble encore d'actualité et puis, surtout, j'aime bien sa tonalité... Pour ceux qui ne l'auraient pas lu, je réédite ; une scène nouvelle, c'est ainsi que je l'avais nommé...excusez mes approximations orthographiques et grammaticales mais ce texte brouillon est peut-être le brouillon de ma recherche actuelle autour d'une autre façon de structurer. Structurer pour tenir ; j'en reparlerais plus tard, pour l'heure, je vous laisse avec les mots de janvier 2007.

Ils voudraient que nous nous pliions à leurs règles alors que nous n'intervenons pas dans leur monde. Ils voudraient que nous pleurions avec eux leurs débâcles et que nous donnions nos voix à leurs combats dépassés. Ils voudraient que nous nous contentions des cercles établis. Ils voudraient que nous pensions comme eux. Ils voudraient que leurs mots soient les nôtres. Ils voudraient que leurs gestes soient les nôtres. Ils voudraient que nous nous taisions sous peine d'exclusion durable de leurs cercles. Ils voudraient que nous aimions le public d'abonnés et l'élite.
Ils voudraient que nous reconnaissions l'excellence de leur art, la justesse  de leurs critiques, l'évidence de leurs choix.  Ils voudraient que nous rejoignions leurs réseaux. Ils voudraient que nous courtisions le prince, les princes. Ils voudraient que nous remettions en question les choix que nous avons fait. Ils voudraient que nous soyons déférents. Ils voudraient que nous nous battions pour être de "leurs amis". Ils voudraient que nous acceptions de nous aligner dans la course à la scène du temple. Ils voudraient que nous nous cassions la gueule.

Ils font des lois qui ne prennent pas en compte notre réalité, la réalité du monde. Ils font des choix budgétaires qui favorisent leurs amis. Ils détruisent ce que les précédents ont commencé de construire. Ils s'amusent en regardant "les artistes" engagés dans la course à la concurrence. Ils disent ce qui est beau. Ils disent ce qui ne l'est pas. Ils disent le bien qu'ils pensent de tel. Ils disent le mal qu'ils pensent de tel autre.  Ils se foutent du "fond". Ils se foutent aussi de "la forme". Ils pensent que le théâtre sans public n'est pas un drame, le théâtre aura disparu bientôt. Ils laissent les cercles s'enfoncer attendant de pouvoir couper tout ce qui restera, plus grand chose, les quelques têtes dépassant encore quand les corps enterrés ne se laissent plus voir. ils commettent des experts qui répètent leurs mots. Ils s'appuient sur des éléments des cercles pour détruire les cercles. L'art de la guerre, ils maîtrisent. Le théâtre va mal ? Les musées vont mal ? L'art contemporain va mal ? Le service public de la culture va mal ? C'est très bien, il n'en a plus pour longtemps.
Lorsque nous parlons à "ceux de la culture" de notre expérience, de notre travail, du public que nous touchons, je vois souvent dans leurs regards qu'ils ne nous comprennent pas. Je vois dans leur regard que le choix de nous déplacer vers le public (coûte que coûte) , choix que nous avons mis au coeur de notre structure, de notre création, de nos actions, ils ne le comprennent pas. Quand nous leur disons qu'en 2006, nous avons refusé de participer à des Off de festivals (certes prestigieux mais n'achetant pas nos spectacles), ils nous ont pris pour des fous. 
Et voilà que pendant que d'autres allaient se montrer dans des petites salles, dans des festivals (seulement rétribués par les recettes de billetterie), nous vendions nos spectacles, nous mettions en place des actions, des représentations sur des territoires éloignés des réseaux culturels face à des publics neufs et émerveillés.
Pendant que beaucoup des acteurs, avec le fruit de leurs recettes peinaient à se payer un verre après la représentation, nous nous salarions et nous développions notre projet hors des cadres habituels. Education populaire, démocratie culturelle qui, encore aujourd'hui  se bat pour ces nobles notions. De moins en moins nombreux les artistes, les équipes ayant le courage de mettre leur coeur dans ces combats ; il reste des poches de résistance ici et là.
Pourtant l'art participe à faire grandir, à mieux vivre avec soi, avec l'autre. Et dans notre époque, plus que jamais, cela semble important. Un peu comme l'air, l'art est indispensable, pas aussi vital mais tout autant indispensable.
Tant que ceux qui finançait l'art le comprenait, il continuait d'exister. Mais le temps est arrivé ou ceux qui financent l'art, ne fréquentent plus les lieux dans lesquels il l'ont enfermé. Alors, il est facile pour eux, de rayer de la carte ces lieux inutiles et ceux qui en vivent.
Et quand les réseaux de diffusion de l'art ne s'adressent plus qu'a une minorité d'habitants, d'élus, il est en danger.
Pour inverser la tendance, il est urgent de ré interroger nos métiers et les cadres dans lesquels nous les pratiquons. Ce n'est pas les ingénieurs et autres administrateurs culturels qui pourront le faire ; ce sont les artistes qui doivent être au coeur des ces interrogations, de ces transformations. Ils ne doivent pas uniquement être occupés à courir la course à la survie, à la préservations d'acquis fragiles, de financements étriqués. Artistes il faut réinventer les pratiques, s'interroger sur les destinataires de notre faire et les cadres dans lequel le temps nous a enfermé. Et quand nous aurons commencé de comprendre les réalités violentes actuelles, nous pourrons aussi commencer de désobéir et travailler à construire une société dans laquelle nous sommes à notre place.

La recherche de la scène reconnue, le piédestal , ne doivent plus occuper la majorité de  notre énergie. Dans notre époque ou les musées ou les scènes pour tous n'existent pas (plus?), il faut les recréer parce qu'il y a urgence avant notre disparition.
par Fabrice Levy-hadida - marionnette - Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Point de vue
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