Mario en Prison

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  • : La "Cie Les Mille et une Vies" (Lille, 59) est intervenue dans des Maisons d'Arrêt (en 2006); avec le temps le journal de bord des ces actions est devenu le journal de notre Théâtre de Marionnettes Itinérant dans lequel nous pouvions vous raconter nos spectacles et ateliers, les joies et les déboires d'une Cie Contemporaine et des ses artistes permanents. Cie Les 1001 Vies Théâtre de Marionnette Itinérant. nous contacter : lesmilleetunevies@wanadoo.fr
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Mercredi 31 janvier 2007
Vite fait bien ou mal dit, je donne une info et après je repars dans mes conventions....
Après plusieurs mois, l'autorisation est là, le reportage fait par EFTERSOM dans le cadre de notre opération d'été "La marionnette près d'chez vous" est en ligne sur le site du Conseil Régional...c'est là que j'en parlais...
Des souvenirs remontent entre prison et place de petites villes... allez-y  voir...C'est marrant(jaune) des photographies de notre travil extérieur, donc non liées à l'administration Pénitentiaire se sont donc retrouvées à attendre la validation de cette administration...
vite, vite, j'ai plus le temps....
c'est là et après vous cliquez sur le lien Mille et une Vies
n'oubliez pas demain, d'éteindre vos lumlières, veilleuse et autres mangeuse d'energie...
par Fabrice Levy-Hadida publié dans : Maison d'Arrêt de Loos
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Vendredi 26 janvier 2007
C'est une folle année qui a démarré ; je l'attendais avec patience depuis que j'ai lancé la Cie Les mille et une Vies et la voilà qui arrive : l'année de l'accomplissement.
Ensuite, après, on sera encore en développement mais, une fois ce palier passé, beaucoup de nos choix initiaux seront stabilisés.
Depuis le démarrage du Théâtre de Marionnettes Itinérant, on a choisi la permanence d'emploi et c'est pas tous les jours facile. On a choisi-favorisé le tous public au public habitué, celui du réseau. On a choisi de construire notre aventure sur des territoires éloignés des réseaux habituels. Depuis le démarrage de cette expérience on a le sentiment que c'est juste mais, on sait aussi qu'on  est  isolés et que l'isolement nous rend fragile.
Comment c'est arrivé ? Ce changement, cette année folle 2007, comment elle est arrivée ?
Depuis la création  de notre compagnie (fin 1998), on travaillait beaucoup dans les quartiers de Lille ; consacrant la majorité de notre temps à ces développements artistiques hors norme. On travaille à toucher des publics qui ne se déplacent pas vers les paquebots culturels (salut christian) avec notre Théâtre de Marionnettes Itinérant. Malgré l'évaluation positive, malgré la justesse de nos actions (dixit les techniciens), au fil du temps pas tranquille, on a compris que nous ne faisions pas partie des priorités de la Ville de Lille (en a-t-elle ?). Pire même, d'année en année, les financements de nos actions se sont réduit jusqu'à peau de chagrin en 2006. On a failli en mourir de ce désengagement brutal. On serait mort si on les avait laissé faire mais on voulait pas les laisser faire alors, on a pris le territoire régional à bras le corps, on est sorti des frontières des quartiers qui avaient besoin de nous et on est parti à la rencontre de Villes, d'agglomération, qui ont aussi besoin de nous mais qui en plus, en 2007 nous donnent les moyens de nos ambitions.
Oui, en 2007 Lille est derière nous ; nous y garderons nos bureaux, un atelier temporaire et les seules relations que nous entretiendrons avec cette ville seront de l'ordre de la prestation. C'est désolant pour les publics avec lesquels on travaillait mais on ne pouvait faire autrement. C'est désolant pour le quartier dans lequel on est posé mais que peut-on faire d'autre ?
Devant nous, les agglomérations de La Porte du Hainaut dans le Nord et Artois Comm. dans le Pas-de-Calais. Devant nous la Ville de Wingles, de Marles les Mines et un tissu de communes et petites villes avec lesquelles nous construisons un programme sensible de développement artistique. Création, diffusion et actions de sensibilisation. Devant nous, comme c'était le cas à Lille, des publics en difficultés au regard émerveillés. Devant nous, le tout public...
Depuis quelques jours je ne tiens plus en place, tout s'emboite-s'emballe, les contrats et conventions, les demandes complémentaires, les mises en place, les repérages, les derniers calages avant démarrage.
Autour de nous, le réseau culturel a froid. C'est vrai, le temps est froid mais pour Les Mille et une Vies, l'arbre à grandi, les fruits son beaux, presque assez mûrs pour être dégustés ; nous allons en faire un corbeille qu'on pourra partager. Il est temps.
Il s'agira pour les mois qui viennent, c'est le pari qu'on veut faire, qu'on profite des beaux jours, même s'ils sont froids pour continuer d'affirmer nos choix  en terme de public, de création, de territoire, de structuration, d'emploi, de développement artistique et culturel...
Dans un morne monde, une année 2007 palpitante en somme.

(photo : hugo et la marionnette qu'il a construite au cours de l'atelier mené dans la classe de Benedicte Stenou, année 2005-06)

par Fabrice Levy-Hadida publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Mercredi 24 janvier 2007
quotidiendurable.comPrendre le temps, on a plus le temps, on cherche des mots, des secondes blanches et suspendues, qui font respirer les jours, les nuits. Le temps est froid, le thermomètre a perdu  plus de  10 degré. De la neige sur les toits en face, le matin, au réveil. Brusquement. l'hiver était clément il y a quelques jours, ce n'était pas l'hiver. Aujourd'hui c'est plus le cas, ça se casse ; la planète, la météo, les tempêtes pas dans un verre d'eau. L'autre soir, face au vent, j'ai vu comment la  ville réagit  ; les deux lignes de métro saturent, les gens paniquent, les pouvoirs publics aussi... Je marche contre le vent, mon fils a peur.
Les jours passent, nous préparons nos actions. Les semaines ne se ressemblent pas. Début février tout s'accélèrera encore. Dans le temps de la course, des courses.
Vite, vite, vite.
Lundi suivi de l'habituel mardi qui précède le mercredi avant le jeudi pour continuer vendredi avant que lâche le samedi et hop, c'est dimanche mais sans répit, vite lundi et recommence.
Des mots sans sens ? Insensés...
Dans la mémoire, les mots de Villon, tels que la mémoire les restitue : Frères humains qui après nous vivez n'ayez les coeurs contre nous endurcis, car si pitié de nous pauvres avez...
Tout de suite la question qui taraude : que de nous penserons les frères humains qui après nous vivrons ?
Pas de réponse, si rarement, toujours cette absence de réponse, avenir incertain, certaine incertitude. Le temps, le temps, le temps.... Nous construisons, et le vent emportera tout ; nous construisons pour peut-être voir un jour l'eau engloutir nos rêves ; cette incertitude nous empêche d'arrêter alors, follement nous faisons plus, pire, encore et parfois nous pouvons avoir des petits gestes alors, éteignez vos lumières....


d'autres infos sur cette action proposée par l'alliance pour la planète sur le site de
les amis de la terre ici
par Fabrice Levy-Hadida publié dans : Autre inclassable
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Lundi 22 janvier 2007
Nous, de la Cie Les Mille et une Vies,  ne signerons pas le manifeste "2007-2009 Les saisons de la marionnette" lancé par THEMAA. Je ne crois pas que ce soit en se retranchant derrière des défenses corporatistes dépassées que nous sortirons de l'invisibilité crasse dans laquelle l'art en général et le spectacle vivant en particulier  sont rentrés. Ce n'est pas en créant un tiroir de plus que nous redonnerons à l'art en général et à l'art de la marionnette en particulier la place qu'ils perdent dans le coeur des élus, dans le coeur des hommes. Ce n'est pas en nous retranchant derrière des quotas que nous amènerons les pouvoirs publics à comprendre les enjeux de création, de diffusion, de démocratie culturelle. Il nous faut défendre notre place et sa nécessité en reconquérant le coeur des hommes.
Je rêve, de voir des files d'attente devant les Théâtres. Je rêve d'une année O de l'art en lutte, de l'art à sa place, de l'art pour tous, sans démagogie ni populisme. Je rêve que derrière le Un soit préservé la diversité qui le compose. Mais je ne crois pas qu'en réduisant la diversité à une histoire de quotas, nous ferons entendre au pouvoir public la réalité de notre présence et de nos actions mais bien plutôt  que nous lui donnerons les moyens, à plus ou moins long terme de remettre en question la légitimité de leurs aides et de notre impact sur la société. En nous retranchant dans des maisons pour la marionnette, c'est de la cité que nous nous coupons et en nous éloignant d'elle notre capacité à la transformer se réduit.
Il faut râler, oui. Tout ça ne va pas, oui. Mais il ne s'agit pas de réduire la lutte à obtenir les miettes d'un gâteau qui d'année en année se réduit, mais bien plutôt à faire entendre la force et la vitalité de la création contemporaine, la justesse de l'action culturelle, sa capacité à toucher les publics, même les plus défavorisés. Vite dit mal dit, sa capacité à tirer l'homme vers le haut. C'est dans le rassemblement de tous les acteurs de l'art derrière des valeurs communes que nous ferons entendre à l'époque nos préoccupations et qu'elle pourra évoluer.
Mon outil marionnettique, je l'utilise aujourd'hui parce qu'il est, qu'il me semble pertinent ; je ne veux pas que cet outil devienne un ghetto. Je ne veux pas connaître le sort d'ancêtres que je n'ai jamais connu à cause de la bêtise humaine. Ne créons pas les outils de la discrimination, ne les appelons pas de nos voeux en pensant qu'ils seront des outils de mieux être, de mieux faire... Parce que ce qui nous sépare du monde n'est pas une bonne chose ; ce qui nous éloigne de la société il ne faut pas le réclamer.
Vous pleurez parce que le théâtre, la danse, les arts de la rue obtiennent des aides et une reconnaissance que vous croyez ne pas avoir ; et bien riez maintenant, l'art de la rue, le théâtre, la danse se portent mal ; le spectacle vivant est malade et ce n'est pas en vous mettant un pansement sur le front que vous soignerez ce cancer.
A notre époque, ou les territoires publics de l'art se réduisent, il faut se réunir et pas se retrancher c'est pour cela que nous, de la Cie Les Mille et une Vies, ne signerons pas le manifeste
"2007-2009 Les saisons de la marionnette".
par Fabrice Levy-Hadida publié dans : Point de vue
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Samedi 20 janvier 2007
Ils voudraient que nous nous pliions à leurs règles alors que nous n'intervenons pas dans leur monde. Ils voudraient que nous pleurions avec eux leurs déblâcles et que nous donnions nos voix à leurs combats dépassés. Ils voudraient que nous nous contentions des cercles établis. Ils voudraient que nous pensions comme eux. Ils voudraient que leurs mots soient les nôtres. Ils voudraient que leurs gestes soient les nôtres. Ils voudraient que nous nous taisions sous peine d'exclusion durable de leurs cercles. Ils voudraient que nous aimions le public d'abonnés et l'élite. Ils voudraient que nous reconnaissions l'excellence de leur art, la justesse  de leurs critiques, l'évidence de leurs choix.  Ils voudraient que nous rejoignions leurs réseaux. Ils voudraient que nous courtisions le prince, les princes. Ils voudraient que nous remettions en question les choix que nous avons fait. Ils voudraient que nous soyons déférents. Ils voudraient que nous nous battions pour être de "leurs amis". Ils voudraient que nous acceptions de nous aligner dans la course à la scène du temple. Ils voudraient que nous nous cassions la gueule.
Ils font des lois qui ne prennent pas en compte notre réalité, la réalité du monde. Ils font des choix budgétaires qui favorisent leurs amis. Ils détruisent ce que les précédents ont commencé de construire. Ils s'amusent en regardant "les artistes" engagés dans la course à la concurrence. Ils disent ce qui est beau. Ils disent ce qui ne l'est pas. Ils disent le bien qu'ils pensent de tel. Ils disent le mal qu'ils pensent de tel autre.  Ils se foutent du "fond". Ils se foutent aussi de "la forme". Ils pensent que le théâtre sans public n'est pas un drame, le théâtre aura disparu bientôt. Ils laissent les cercles s'enfoncer attendant de pouvoir couper tout ce qui restera, plus grand chose, les quelques têtes dépassant encore quand les corps enterrés ne se laissent plus voir. ils commettent des experts qui répètent leurs mots. Ils s'appuient sur des éléments des cercles pour détruire les cercles. L'art de la guerre, ils maîtrisent. Le théâtre va mal ? Les musées vont mal ? L'art contemporain va mal ? Le service public de la culture va mal ? C'est très bien, il n'en a plus pour longtemps.
Lorsque nous parlons à "ceux de la culture" de notre expérience, de notre travail, du public que nous touchons, je vois souvent dans leurs regards qu'ils ne nous comprennent pas. Je vois dans leur regard que le choix de nous déplacer vers le public (coûte que coûte) , choix que nous avons mis au coeur de notre structure, de notre création, de nos actions, ils ne le comprennent pas. Quand nous leur disons qu'en 2006, nous avons refusé de participer à des Off de festivals (certes prestigieux mais n'achetant pas nos spectacles), ils nous ont pris pour des fous. 
Et voilà que pendant que d'autres allaient se montrer dans des petites salles, dans des festivals (seulement rétribués par les recettes de billetterie), nous vendions nos spectacles, nous mettions en place des actions, des représentations sur des territoires éloignés des réseaux culturels face à des publics neufs et émerveillés.
Pendant que beaucoup des acteurs, avec le fruit de leurs recettes peinaient à se payer un verre après la représentation, nous nous salarions et nous développions notre projet hors des cadres habituels. Education populaire, démocratie culturelle qui, encore aujourd'hui  se bat pour ces nobles notions. De moins en moins nombreux les artistes, les équipes ayant le courage de mettre leur coeur dans ces combats ; il reste des poches de résistance ici et là.
Pourtant l'art participe à faire grandir, à mieux vivre avec soi, avec l'autre. Et dans notre époque, plus que jamais, cela semble important. Un peu comme l'air, l'art est indispensable, pas aussi vital mais tout autant indispensable.
Tant que ceux qui finançait l'art le comprenait, il continuait d'exister. Mais le temps est arrivé ou ceux qui financent l'art, ne fréquentent plus les lieux dans lesquels il l'ont enfermé. Alors, il est facile pour eux, de rayer de la carte ces lieux inutiles et ceux qui en vivent.
Et quand les réseaux de diffusion de l'art ne s'adressent plus qu'a une minorité d'habitants, d'élus, il est en danger.
Pour inverser la tendance, il est urgent de ré interroger nos métiers et les cadres dans lesquels nous les pratiquons. Ce n'est pas les ingénieurs et autres administrateurs culturels qui pourront le faire ; ce sont les artistes qui doivent être au coeur des ces interrogations, de ces transformations. Ils ne doivent pas uniquement être occupés à courir la course à la survie, à la préservations d'acquis fragiles, de financements étriqués. Artistes il faut réinventer les pratiques, s'interroger sur les destinataires de notre faire et les cadres dans lequel le temps nous a enfermé. Et quand nous aurons commencé de comprendre les réalités violentes actuelles, nous pourrons aussi commencer de désobéir et travailler à construire une société dans laquelle nous sommes à notre place.

La recherche de la scène reconnue, le piédestal , ne doivent plus occuper la majorité de  notre energie. Dans notre époque ou les musées ou les scènes pour tous n'existent pas (plus?), il faut les recréer parce qu'il y a urgence avant notre disparition.
par Fabrice Levy-Hadida publié dans : Point de vue
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