Mario en Prison

  • : Marionnettes en Prison
  • Marionnettes en Prison
  • : La "Cie Les Mille et une Vies" a été créé à Lille (59) en 1998. En 2006, autour des interventions qu'elle menait dans 2 Maisons d'Arrêt, la Cie a ouvert ce journal de bord. Avec le temps ce blog s'est ouvert à l'ensemble des activités de la Cie et est devenu le journal (presque intime) du Théâtre de Marionnettes Itinérant. Dans ce lieu nous pouvons vous raconter nos spectacles et ateliers, les joies et les déboires d'une Cie Contemporaine et des ses artistes permanents.
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Freemen est un réseau de

blogs, dont les auteurs sont

convaincus que :

- le changement climatique

est un problème majeur,

pas uniquement écologique,

mais aussi politique et économique

- s’attaquer sérieusement à ce

problème implique une remise

à plat de nos modèles économiques

et, particulièrement, de la notion

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Au delà, comme le nom “Freemen“

l’indique, chacun pense, écrit

ce qu’il veut sur son blog. ..


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Point de vue

Le temps de la création a démarré donc. Les jours passent,et hier,  nous avons trouvé un chemin rapide pour aller et venir sur les routes du Pas-de-Calais. Amener vite les marionnettes, faire danser la Cie Les Mille et une Vies ici et là, le Théâtre de marionnettes itinérant.

Mais ce n'est pas cela qui me fait écrire ces mots ; les mots sur le travail en cours je les écrirai plus tard. Je voulais juste vous raconter une histoire, une histoire vraie, arrivée hier à ma boîte aux lettres...Non, ne riez pas...

Ce matin passant par le bureau, à Lille-sud, pour récupérer le courrier, nous trouvons la porte de notre boite aux lettres déformée, défoncée. On prend la route, vers Wingles, je me dis que la boite à lettres a du vivre une amusante bataille ; mais je me dis aussi qu'il faudra que nous la remplacions, parce que l'idée de savoir les courriers importants passant par une maison ouverte aux quatre vents, ne me convient pas. La journée passe, nous revenons de wingles plus tôt que prévu. Le stage du soir est annulé. On repasse par le bureau, je discute avec des jeunes installés au soleil dans l'epace vert en face, ils me racontent que la veille, pendant un contrôle policier, un agent a forcé notre boîte pour vérifier que rien n'y avait été caché....

Pauvre boite, elle était déjà mal en point, mais après ce qui lui est arrivé hier, paix à son âme, elle est finie... La fin d'après-midi passe et rencontrant des voisins du quartier, ils me confirment ce qui m'a été dit ; aucun acte malveillant d'enfant mal éducqués mais bien, le geste suspicieux d'un agent de la force de l'ordre...contrôlant la boite pour savoir si elle n'avait pas servi de cache...

Ce quartier et les gens qui y résident n'ont pas de chance....

Structure installée dans un quartier pauvre et basané, nous n'avons pas de chance...

Bien sûr j'écrirais un courrier à Madame le Maire, Monsieur le Président du Conseil de Quartier, Monsieur le Président de l'Office HLM mais je sais que cela ne changera rien.

Je savais que rue de l'Arbrisseau, les taxis ne se déplacent pas. J'ai vu que quand les forces de l'ordres s'y déplacent le rapport avec la population peut être violent. Cela se serait-il produit de la même manière dans un quartier dit "tranquille" ? A Neuilly ? Imaginez ce qui nous attend...

Imaginez ces dialogues pas si suréalistes qui nous attendent dans une société du doute et de la peur, entre un un homme en bleu et un jeune à casquette, les deux protagonistes d'un drame en construction ; est-ce ce que nous voulons  ?

L'homme en bleu (ton dur): T'as caché quelquechose !

Le jeune à casquette (accoudé contre une voiture) : non m'sieur, j'vous jure...

L'homme en bleu (ton dur): Me mens pas, je sais que t'as caché quelquechose !

Le jeune à casquette (accoudé contre une voiture) : non m'sieur, j'vous jure...j'vous jure...

L'homme en bleu (sortant d'une de ses poches bleue sa matraque): dis moi ou ça va faire mal !

Le jeune à casquette (un peu appeuré) : j'vous jure j'ai rien fait, j'vous jure...

L'homme en bleu (prenant le jeune par le bras et le faisant pivoter): J'suis sur que t'as caché quelque chose

L?homme en bleu prend son élan et fracasse la vitre de la voiture sur laquelle le jeune était accoudé. Le jeune se recule, d'un pas hésitant et s'appuie contre la porte d'une maison

L'homme en bleu : Tu l'as caché dans la voiture ? C'est ça, tu l'as glissé par la vitre... ( il se penche et à travers la vitre et inspecte l'habitacle du véhicule)

Le jeune à la casquette (bredouillant) : Mais m'sieur j'vous dit que j'ai rien caché... En plus cette voiture elle est pas à moi, j'vous jure

L'homme en bleu (attrapant  à nouveau le jeune par le bras et le faisant pivoter pour lui dire dans les yeux) : Me mens pas, je sais que tu me mens, allez, dis moi ou tu l'as caché, sinon...(il sort de sous sa veste bleue une hache)

Le jeune à la casquette (de plus en plus bredouillant) : mais monsieur j'vous jure, j'ai rien fait, j'étais là je prenais l'soleil...

L'homme en bleu (faisant tomber le jeune à terre par un tacle derrière le pied gauche, il lève sa hache puis se tourne vers la porte et la défonce...il est de plus en plus énervé) : je sais que tu as caché quelque chose et je te jure je trouverais (une fois la porte défoncé, il entre dans la maison on entend le bruit de meuble, de vaisselle qu'on fait tomber et à travers la porte on entend sa voix continuant la ritournelle) je vais trouver et toi tu vas payer, ou c'est que tu l'as caché, je sais que tu l'as caché... je vais trouver et toi tu vas payer, ou c'est que tu l'as caché, je sais que tu l'as caché...

Le jeune à la casquette reste à terre, il semble pétrifié...

Au bout d'un moment L'homme en bleu ressort de la maison avec dans les mains sa hache.. Il va vers le jeune et se penche pour le regarder dans les yeux...

Le jeune à la casquette (visblement appeuré, au bord des larmes, implorant la cléménce et l'humanité) : Vous avez rien trouvé, hein, j'vous l'avais dit que j'avais rien, que j'avais rien caché... en plus la maison là elle est pas à moi m'sieur...

L'homme en bleu : Te moques pas de moi, je sais que tu l'as caché et je vais le trouver?

Penché au dessus du jeune, il lève sa hache et... (IMAGINEZ)

Pauvre boîte aux lettres, j'taimais bien tu sais, mais j'te l'ai pas dit, tu sais, tu es partie trop vite, ma boîte aux lettres, tu sais, tu me manqueras...

Du 12 au 14 mars, j’étais à Pont-à-Mousson pour participer-représenter La Cie Les Mille et une VIes aux ateliers d’hiver de la Mousson d’été. Ces 3 journées professionnelles étaient organisées par la meec (http://www.meec.org) et l’ONDA
(http://www.onda-international.com).

3 Jours de rencontres et de découvertes autour des écritures théâtrales contemporaines pour la jeunesse.

3 jours au programme fort chargé : ateliers professionnels, le matin ; lectures, rencontres et conférences, l’après-midi ; lectures ou spectacles, le soir et concert pour aborder la nuit…

Le matin, les ateliers étaient dirigés par Jean-Pierre Ryngaert (universitaire) et Joseph Danan (auteur). Nous abordions quelques uns des textes prévus au programme de l'après-midi par le biais "d'exercices" d'écriture,  la dramaturgie, ou le jeu... Nous confrontions aussi nos points de vue sur les textes lus la veille... Bien que trop courte, ces matinées furent riches d'expériences et j'ai le sentiment d'en être sortie grandie...

J’ai parfois regretté le rythme soutenu des après-midi m’obligeant à passer d’une lecture à une autre. Alors qu’un texte résonnait encore en moi, je devais me rendre disponible à l’écoute d’un autre univers…Exercice, je l’avoue, pas toujours simple…

Ceci étant, j’ai évidemment découvert de nombreux textes et auteurs qui pour certains m’ont beaucoup plu comme 5 Clés  de Jean Paul Wenzel ou encore, dans un autre registre, Virgins  de John Retallack (Grande Bretagne) et surtout  Les enfants de Médée  de Suzanne Osten (Suède) qui traite avec beaucoup d’intelligence la question du divorce du point de vue des enfants…

D’autres textes auraient pu me toucher davantage si la lecture qui en était faite avait été moins mise en scène. Je m’explique : j'attends d’une lecture qu’elle me donne à entendre un texte tout en laissant mon imagination travaillée librement et en laissant le champ libre à l’interprétation que je peux  faire des mots… Seulement quelques lectures m’ont fait ce cadeau ! Dans plusieurs autres lectures apparaissait le parti pris non pas de l’auteur mais de celui ou celle qui avait dirigé la lecture et cela parfois au regrettable détriment du texte.

Prenons l’exemple de la lecture dInvasion ! de Jonas Hassen Khemiri (jeune auteur suédois) qui laissait place à une succession de scènes plus grotesques les unes que les autres. Dans ce texte qui nous parle de l’immigration, la caricature est déjà présente dans les mots, dans la forme d’écriture, il me semble donc superflu voire inutile voire insupportable d’y ajouter une interprétation caricaturale. Au final, on passe à côté de l’essence même du texte.

Il y a aussi le cas de Menteur de Gregory Burke (Grande Bretagne) dont le sous-titre est Ce film de lycée est une pièce. Non seulement le texte m’est apparu sans intérêt (ça n’engage que moi !), mais en plus il fût littéralement massacré par la lecture qui en était faite (des lycéens se débattent avec un texte mettant en scène des lycéens et plongent sans détours dans l’auto-caricature, affligeant !).

Je regrette que l’exercice de la lecture n’ait pas été abordé avec plus de simplicité. Et même s’il s’agit d’une volonté de rendre cet exercice dynamique et plus abordable pour l’auditoire, je pense qu’une lecture peut-être simple et dynamique à la fois… Quoi qu’il en soit, ces 3 jours ont réouvert mon appétit de lectrice, ce qui n’est déjà pas si mal !

Au cours de ces 3 jours j’ai aussi été étonnée !

Étonnée d’être la seule représentant une équipe artistique à participer aux ateliers de formation qui se trouvaient donc essentiellement composés de représentants de l’autre côté du métier (programmateurs, conseiller DRAC, chargés de mission,…). Ce qui fit aussi la déception de Brigitte Chaffaut (ONDA) qui avait imaginé ces ateliers professionnels pour que les différents champs de la profession se rencontrent autrement…

Étonnée que la Cie Les Mille et une Vies soit la seule Compagnie professionnelle de la Région Nord-Pas-de-Calais ayant fait le déplacement ! Je ne sais pas pourquoi, je pensais y croiser certains professionnels rencontrés ici où là et qui se disent particulièrement sensibles au théâtre pour la jeunesse et à son écriture contemporaine. Ceux-là, s’ils disent vrai, auraient sans doute fort apprécié ces 3 jours… Au cours d’une discussion avec John Retallack, auteur anglais, ce dernier me fit également part de son étonnement face à l’absence de représentativité d’une structure lilloise qui se consacre pourtant au théâtre pour la jeunesse et avec laquelle il travaille parfois…

Au cours de ces 3 jours, j’ai aussi fait de belles rencontres…

Au cours de ces 3 jours, j’ai aussi découvert Elise Caron dont j’ai adoré le concert Euridyce bis et que j’ai vraiment trouvé très talentueuse…vous pourrez découvri son travail ici

Au cours de ces 3 jours, j’ai aussi eu la chance de voir Face de Cuillère, très beau texte de Lee Hall (Grande Bretagne) interprétée par Romane Bohringer dans une mise en scène de Michel Didym.

Au cours de ces 3 jours, j’ai aussi apprécié le cadre magnifique de l'Abbaye des Prémontrés et les différents espaces qui la composent...

La prochaine Mousson d'été, si cela vous interresse, se déroulera à l'Abbaye des Prémontrés, la dernière semaine d'août...
Pour en savoir plus, http://www.theatre-contemporain.net/-la-mousson-d-ete-2006-

Jeudi 15 mars, Dorothée qui revenait des Ateliers d'Hiver de la Mousson d'été à Pont à Mousson devait m'accompagner à Wingles. La première séance de l'Atelier marionnettique hebdomadaire était prévue de longue date. Quand  à 11h elle m'appelle pour me prévenir qu'elle est en panne sur une autoroute Luxembourgeoise, ma première réaction après avoir raccroché est de chercher les bus et trains qui peuvent me mener à bon port à l'heure prévue. Wingles est à seulement 30 Kilomètres de Lille et je découvre que sans voiture, elle semble être à l'autre bout du monde. Je ne trouve rien qui me permettrait d'être à l'heure. Ni bus, ni train. Je commence à m'inquiéter . Je ne veux pas annuler cette première séance. Je cherche encore, bus, train. Changeant les chemins,par Lens ou Bethune, mais au final ne trouve d'autres solutions que celle du taxi. Je téléphone à plusieurs boîte et les tarifs annoncés me font frémir mais, je ne peux annuler cette première séance. Quand à 13h Dorothée me rappelle pour me dire le diagnostic du garagiste, la réparation sera faite dans l'heure mais, malgré cela elle ne pourra être là au moment du départ, ma décision est prise, le taxi me coûtera aussi cher que ce que nous rapportera cette séance mais, je le répète, je ne peux-veux annuler cette première séance. A 14h30, j'appelle une des boites de taxi que j'avais démarchée et je fixe rendez-vous à 16h au bureau, 149 rue de l'arbrisseau à Lille, pour le départ.
A 16h, je suis dehors, des jeunes sont sur le pas de la porte aussi, j'attends le taxi. Les jeunes me raillent en me disant que le taxi ne viendra pas. "Lille-sud, tu crois qu'il se déplace, il a peur de se faire dépouiller, ici on est des chiens..." 16h10 le taxi n'est toujours pas là, j'accepte le troc qu'un des jeunes, Karim, me propose, m'accompagner à Wingles contre un plein d'essence (au final cela me coutera moins cher que la course en taxi !).
Dans la voiture Karim, Mohamed et Mohamed m'accompagnent, nous discutons de ce racisme là ; de celui qui fait que les taxis ne viennent pas lorsqu'on les appelle. De ce racisme qui fait que tous ont du mal a trouver du travail, de celui que fait que Mohamed, travaillant en Interim dans la chaîne du froid, pour la même boite depuis des années ne bénéficie pas des CDI que la boîte propose, pourtant elle en a créée, pourtant il a formé plusieurs des manutentionnaires qui en ont bénéficiés... Nous parlons de ce racisme ordinaire qui pourrit la vie, de ces quartiers qui sont tellement mal perçus que même les taxis ne s'y déplacent pas, de ces jeunes qui essaient de survivre malgré cela...
Grâce à eux, à ces jeunes, par hasard rencontrés sur le pas de la porte du bureau, alors que j'attendais ce taxi qui ne viendra pas, à 16h40 j'étais à Wingles, arrivé à bon port. A 17h je pouvais accueillir les enfants et démarrer cette séance que je ne voulais pas annuler...

Les mots me viennent et puis s'en vont, le temps se compresse ; je me répète. Le travail m'absorbe ; prenant une respiration je tente de remplir les trous, les mots se confondent, que reste-t-il à dire ? Des quartiers visités, des gens rencontrés, de ce que nous comprenons, de ce que nous entendons, de ce que nous échangeons ? Chaque jour est un nouveau jour, nouvelles rencontres, nouvelles compréhensions. Et puis il y a ce sentiment,  s'éloignant de la réalité, que l'égoïsme a gagné dans le rang des hommes. Certains hommes courtisent les hommes pour en obtenir le droit de représentation, le pouvoir. Certains hommes courtisent le pouvoir pour en faire profiter leurs frères, leurs enfants, leur famille, leurs amis, ceux qu'ils appellent les leurs. Ce sentiment de vivre dans une société qui exclut, toujours un peu plus chaque jour, avec, pour quelques contre exemples rencontrés, une majorité d'exemple qui défile, défile? Défile à n'en plus finir ? L'époque est à une censure de moins en moins déguisée ; il ne faut pas râler, on appelle la police pour un rien. Pour un mot déplacé, un dessin, chaque jour une affaire paraît. Du plus haut au plus près, l'époque se laisse séduire par la peur et les verrous se ferment, les chemins se réduisent, la solidarité n'est plus qu'un rêve de très jeune enfant. Le quotidien de la ville laisse voir des uniformes toujours plus nombreux aux coins des rues, dans les couloirs du métro, aux portes des cités.  A notre époque, la peur de perdre motive plus que la foi, la croyance. C'est étonnant mais peut-être cela a-t-il toujours été le cas ? La peur est un moteur comme un autre ? Nous marchons à la peur... La peur d'être oubliés, délaissés, abandonnés ?

Et puis je vois, j'entends, ces derniers temps, derniers jours, que la peur d'être oubliés dans la marche vers les élections amène des représentants de professions artistiques de tous poils à se faire entendre. Avec plus ou moins de bonheur le mot culture est prononcé.

Et c'est ainsi que de jour en jour, des hommes, disant représenter d'autres hommes (parfois disant me représenter aussi), des hommes de la culture donc, ici et là se manifestent et face au monde crient leur(s) inquiétude(s) ; s'adressent-t-ils au monde dans l'espoir de le faire avancer ou plus cyniquement, essaient-ils de faire monter la pression ? Dès à présent assurer sa place dans l'avenir post électoral ? Rester placés ? La peur, encore une fois de se trouver déplacé... Dans un article débat de Le Monde, dans un forum, avec plus ou moins de bonheur, tentant de retrouver une place d'agitateurs d'idées, quelques uns essaient de se faire entendre ; ils veulent faire entendre au monde leur capacité de (re)penser le monde culturel. Ne fais-je pas la même chose dans ces colonnes ? Leur cris sont beaux, leurs cris sont émouvants, ils sont pleins de la connaissance dramatique leurs cris.

Pourtant, certains de ces cris m'écorchent les oreilles ; pourtant je ne suis pas ému, pourtant je reste persuadé qu'aujourd'hui le combat est ailleurs...

Il ne s'agit plus de préserver les acquis mais bien de mettre sur la table les bagages du passé et de faire le tri... Faire le ménage en somme parce que cette « chose de la culture » qui a grandi dans l'ombre du pouvoir a souvent perdu en beauté ce qu'elle a gagné en clientélisme.  Et si avec le temps l'art s'est réduit aux territoires sur lesquels il est accueilli, espaces plus ou moins minables, plus ou moins flamboyants, je sais que ces espaces ne sont pas l'art, ou pas seulement ; l'art ne se limite pas aux murs qui l'accueillent, l'art dépasse les murs, les frontières, grandit dans le coeur de l'homme, touche l'homme. Et si nous devons nous réveiller aujourd'hui, face aux malheurs de l'époque, oubliant la somnolence qui nous avait envahie, nous devons travailler à « être avec » plutôt que « être contre »?.

C'est peut-être en cassant les frontières dans lesquels l'art s'est fourvoyé que nous affronterons l'époque et réoccuperons l'espace qui est le nôtre, l'espace humain, terre d'art, terre des hommes. Il nous faut avancer en repensant l'oeuvre, le public, notre place d'artiste dans le monde. Parce que crieur du monde, nous ne devons pas nous limiter à défendre, pendant des débats électoraux un bout de gras ne reflétant pas nos métiers... Nous devons reprendre la parole, y insuffler le sens que nous voyons derrière nos gestes. Nous réapproprier notre parole, pour trouver l'oreille de l'autre et l'interroger, lui apporter des réponses ; nous ne devons pas avoir peur de reconstruire autrement. Nous ne devons pas laisser aux autres le soin de construire un avenir  qui ne nous conviendrait pas, nous devons participer à sa construction, c'est possible. Parce que certains jours, je n'en peux plus du « nous » dans lequel le « je » devrait se taire ; le « je » ne peut plus certains jours accepter la parole du « nous » qui gouverne le monde de la culture...

Paroles, celles d'un syndicat patronal ou celles d'une corporation, toutes, paroles semblent dans la représentation chercher à récupérer le pouvoir, et trop souvent, paroles à mon goût, avis particuliers tendent à nier mes particularités, nos particularités. Je n'y ai jamais vraiment été d'ailleurs dans ces groupes là. De l'intermittence aux syndicats, je n'ai jusqu'à aujourd'hui pas réussi à trouver place qui me convienne. Dès le départ, m'étant obstinément refusé à contraindre mon métier dans les limites de l'intermittence, j'ai abordé la permanence de l'art. Avec elle j'ai vécu dans la faim parfois mais souvent, me sentant juste, je pouvais continuer là où d'autres changeaient de chemin et dans ce temps dédié à l'art j'ai trouvé ma voie, construit ma légitimité. Ainsi quand j'ai monté « Les Mille et une Vies » et que j'ai voulu mettre en place les premiers postes de travail permanent, j'ai un temps imaginé être « directeur-ouvrier » payé 110% du SMIC ; difficile dans le « nous existant, la profession», de mettre en place cette réalité là. Pourtant les acheteurs de nos spectacles n'ont rien des acheteurs habituels des réseau culturels ; pas de théâtres dans la liste, ou tellement rarement, des centres sociaux, des petites villes et pour les publics n'en parlons pas, la France des gueux je vous dis, que ceux là puissent regarder un spectacle, mais que me contez vous là ? Et voilà comment nous nous sommes  retrouvés obligés d'appliquer une grille de salaire, dans le cadre d'une convention collective qui ne ressemble pas à ce que nous faisons, qui n'entrevoit l'artiste, le plus souvent, que dans l'intermittence de la réalisation et même si nous, salariés ayant à coeur de monter un projet artistique et politique particulier, nous acceptons de fonctionner différemment, le cadre ne le veut pas? Pour recréer notre permanence, nous avons du « forcer des cadres » trop court ou serré. Salariés artistes-polyvalents nous acceptons de participer à l'ensemble des tâches qui compose notre métier. Le vieux marionnettiste, avec une législation moins rigide, ne faisait pas autrement ; constructeur un jour, manipulateur le lendemain, auteur à un autre moment, puis conteur, relation public, administrateur, ouvreur, technicien aussi et j'en oublie...

Dans une société d'experts, les artistes ont laissé le soin à d'autres de les représenter (plus ou moins heureusement) et le temps a perdu la place centrale qu'il doit occuper dans la construction de l'oeuvre. Voletant de « produit » en « produit », on nous dit que nous ne devrions pas, artistes, considérer cette construction chaotique comme néfaste pour la création et le sens que l'art peut mettre dans les vies, nos vies. Mais ils oublient, certains de ces « experts du geste artistique » que l'art se construit dans la durée. Nous devons réaffirmer cela mais, nous devons aussi savoir ce que cela implique. Nous ne pouvons demander à l'autre, la société, d'assumer des choix qui sont les nôtres. Nous devons travailler avec elle, construire avec elle, la société, les outils d'évaluation qui nous semblent les plus pertinents par rapport à nos activités et si nous ne voulons pas être évalués alors refusons d'être financé par la puissance publique. Le dialogue doit se restaurer, les objectifs doivent être co-construits.

Je veux pouvoir dire « je » sans engager les autres mais, je veux aussi m'engager entièrement et voir les autres s'engager... Paroles? Je veux un « nous » représentatif de tous les « je » qui le compose. J'en ai assez de la parole des autres qui pèse sur la mienne,qui lui taille un costume loin d'être à sa mesure. Les « je » doivent se réapproprier les « nous », médiateurs culturels et autres administrateurs du sens de l'art pour les faire à leur image. Nous devons aussi, c'est urgent, faire le ménage, nettoyer. Nous devons nous en charger parce que nous sommes les mieux placés pour le faire, parce que nous savons où se sont nichées poussières et saletés.

Nous devons enfin nous interroger sur ce que nous sommes capables de donner à la société avant de nous interroger sur ce qu'elle nous donne, ne nous donne plus, ne veut plus nous donner. La société c'est nous, c'est moi. Et si nous bénéficions d'avantages indus, nous devons savoir le reconnaître. Le « nous » aujourd'hui pèse sur le « je », il faut retourner cette tendance et artistes nous devons  reprendre la place, l'occuper, au coeur. Il ne faut plus simplement être  un outil qu'on utilise un jour et qu'on range le lendemain, pour le rappeler si besoin se présente. Il faut que le ressenti de l'artiste transforme son environnement.

Pour beaucoup de nos concitoyens,  notre milieu n'est pas compréhensible, naviguant en eaux troubles, parfois glauques, nous devons changer cela?

Des questions me taraudent qui, je le sais, travaillent nombre d'autres. Serions nous menottés par les finances publiques ? Est-il normal que dans des cadres étriqués on réunisse des réalités aussi diverses ? Pas de différence entre un Théâtre Public et un Théâtre Privé, entre l'Industrie du Cinéma , celle de la Musique, le secteur du Spectacle Vivant ; si ici et là nos métiers sont proches, il y a aussi des réelles différences. Il ne s'agit pas de se retrancher derrière des corporations de plus en plus nombreuses et ne réglant rien mais, il s'agit de dire comment nous, faiseurs d'art en général, envisageons l'avenir. Comment nous pensons le partage. Les financements publics de la culture, ne doivent plus être considérés comme un gâteau partagé entre les différents acteurs de la chaîne artistique avec des parts plus ou moins grosses et des miettes distribuées ici au là (du seul fait du prince et des experts?) mais, doivent réellement être un outil pour atteindre des objectifs fixés au préalable ; démocratie culturelle, accès de tous les publics à une diversité d'oeuvre, des objectifs affirmés qui ressemble à des choix de sociétés. Et dans ces objectifs, tous les acteurs de la chaîne doivent se retrouver, appréciés à leur juste valeur.

Et du nous, je passe au je, le jeu de l'homme qui regarde l'autre avec curiosité plutôt qu'effroi. Oui, rien ne se construit sur la peur et si la peur est un moteur, alors, c'est un mauvais moteur.  Pour nettoyer ce que le temps a accumulé comme erreurs, il ne s'agit plus de défendre des acquis qui ne sont peut-être plus adaptés aux évolutions que nos métiers ont connus, il s'agit, en interrogeant nos pratiques de les faire évoluer, et repositionnant l'art dans la société, d'imposer aux pouvoirs, du plus lointain au plus proche les évolutions qui s'imposent et que nous aurons définis ensemble. Parce que nous saurons changer, le regard sur nous changera. Faisons le premier pas et le reste du chemin suivra !  Artiste, lèves toi et participes....

Pour que le monde change, nous devons vouloir le changement sans nous cramponner aux acquis bien fragiles et dépassés qu'une autre époque a pu mettre en oeuvre mais que nous avons le devoir de transformer. Acceptant les évolutions nécessaires de ce système nous ferons disparaître ses aberrations. Oui, la bataille est ailleurs, dans la construction au présent d'un rapport au public sans brillance. Hommes vivant dans une même époque se rencontrent...



Prise de parole autour de l'APPEL lancé par la revue Cassandre

VENDREDI 16 MARS 2007

14h30-17h

AU THÉÂTRE DES BOUFFES DU NORD

Angle Bld de la Chapelle/rue du Fbg Saint-Denis - 75010 Paris

M° La Chapelle (ne pas confondre avec Porte de la Chapelle)

ACTES PUBLICS, QUESTIONS D'ART ET DE CULTURE


Des liens pour voir, penser, certains j'y crois d'autres me font rire (jaune), d'autres me font rien, d'autres me font froid dans le dos et vous ?

Forum 2007 SACD

Initiative Nationale SYNDEAC

L'appel de Cassandre

La Lettre de Nodula

Coordination des Intermittents

SYNAVI

 

Nous, de la Cie Les Mille et une Vies,  ne signerons pas le manifeste "2007-2009 Les saisons de la marionnette" lancé par THEMAA. Je ne crois pas que ce soit en se retranchant derrière des défenses corporatistes dépassées que nous sortirons de l'invisibilité crasse dans laquelle l'art en général et le spectacle vivant en particulier  sont rentrés. Ce n'est pas en créant un tiroir de plus que nous redonnerons à l'art en général et à l'art de la marionnette en particulier la place qu'ils perdent dans le coeur des élus, dans le coeur des hommes. Ce n'est pas en nous retranchant derrière des quotas que nous amènerons les pouvoirs publics à comprendre les enjeux de création, de diffusion, de démocratie culturelle. Il nous faut défendre notre place et sa nécessité en reconquérant le coeur des hommes.
Je rêve, de voir des files d'attente devant les Théâtres. Je rêve d'une année O de l'art en lutte, de l'art à sa place, de l'art pour tous, sans démagogie ni populisme. Je rêve que derrière le Un soit préservé la diversité qui le compose. Mais je ne crois pas qu'en réduisant la diversité à une histoire de quotas, nous ferons entendre au pouvoir public la réalité de notre présence et de nos actions mais bien plutôt  que nous lui donnerons les moyens, à plus ou moins long terme de remettre en question la légitimité de leurs aides et de notre impact sur la société. En nous retranchant dans des maisons pour la marionnette, c'est de la cité que nous nous coupons et en nous éloignant d'elle notre capacité à la transformer se réduit.
Il faut râler, oui. Tout ça ne va pas, oui. Mais il ne s'agit pas de réduire la lutte à obtenir les miettes d'un gâteau qui d'année en année se réduit, mais bien plutôt à faire entendre la force et la vitalité de la création contemporaine, la justesse de l'action culturelle, sa capacité à toucher les publics, même les plus défavorisés. Vite dit mal dit, sa capacité à tirer l'homme vers le haut. C'est dans le rassemblement de tous les acteurs de l'art derrière des valeurs communes que nous ferons entendre à l'époque nos préoccupations et qu'elle pourra évoluer.
Mon outil marionnettique, je l'utilise aujourd'hui parce qu'il est, qu'il me semble pertinent ; je ne veux pas que cet outil devienne un ghetto. Je ne veux pas connaître le sort d'ancêtres que je n'ai jamais connu à cause de la bêtise humaine. Ne créons pas les outils de la discrimination, ne les appelons pas de nos voeux en pensant qu'ils seront des outils de mieux être, de mieux faire... Parce que ce qui nous sépare du monde n'est pas une bonne chose ; ce qui nous éloigne de la société il ne faut pas le réclamer.
Vous pleurez parce que le théâtre, la danse, les arts de la rue obtiennent des aides et une reconnaissance que vous croyez ne pas avoir ; et bien riez maintenant, l'art de la rue, le théâtre, la danse se portent mal ; le spectacle vivant est malade et ce n'est pas en vous mettant un pansement sur le front que vous soignerez ce cancer.
A notre époque, ou les territoires publics de l'art se réduisent, il faut se réunir et pas se retrancher c'est pour cela que nous, de la Cie Les Mille et une Vies, ne signerons pas le manifeste
"2007-2009 Les saisons de la marionnette".
Ils voudraient que nous nous pliions à leurs règles alors que nous n'intervenons pas dans leur monde. Ils voudraient que nous pleurions avec eux leurs déblâcles et que nous donnions nos voix à leurs combats dépassés. Ils voudraient que nous nous contentions des cercles établis. Ils voudraient que nous pensions comme eux. Ils voudraient que leurs mots soient les nôtres. Ils voudraient que leurs gestes soient les nôtres. Ils voudraient que nous nous taisions sous peine d'exclusion durable de leurs cercles. Ils voudraient que nous aimions le public d'abonnés et l'élite. Ils voudraient que nous reconnaissions l'excellence de leur art, la justesse  de leurs critiques, l'évidence de leurs choix.  Ils voudraient que nous rejoignions leurs réseaux. Ils voudraient que nous courtisions le prince, les princes. Ils voudraient que nous remettions en question les choix que nous avons fait. Ils voudraient que nous soyons déférents. Ils voudraient que nous nous battions pour être de "leurs amis". Ils voudraient que nous acceptions de nous aligner dans la course à la scène du temple. Ils voudraient que nous nous cassions la gueule.
Ils font des lois qui ne prennent pas en compte notre réalité, la réalité du monde. Ils font des choix budgétaires qui favorisent leurs amis. Ils détruisent ce que les précédents ont commencé de construire. Ils s'amusent en regardant "les artistes" engagés dans la course à la concurrence. Ils disent ce qui est beau. Ils disent ce qui ne l'est pas. Ils disent le bien qu'ils pensent de tel. Ils disent le mal qu'ils pensent de tel autre.  Ils se foutent du "fond". Ils se foutent aussi de "la forme". Ils pensent que le théâtre sans public n'est pas un drame, le théâtre aura disparu bientôt. Ils laissent les cercles s'enfoncer attendant de pouvoir couper tout ce qui restera, plus grand chose, les quelques têtes dépassant encore quand les corps enterrés ne se laissent plus voir. ils commettent des experts qui répètent leurs mots. Ils s'appuient sur des éléments des cercles pour détruire les cercles. L'art de la guerre, ils maîtrisent. Le théâtre va mal ? Les musées vont mal ? L'art contemporain va mal ? Le service public de la culture va mal ? C'est très bien, il n'en a plus pour longtemps.
Lorsque nous parlons à "ceux de la culture" de notre expérience, de notre travail, du public que nous touchons, je vois souvent dans leurs regards qu'ils ne nous comprennent pas. Je vois dans leur regard que le choix de nous déplacer vers le public (coûte que coûte) , choix que nous avons mis au coeur de notre structure, de notre création, de nos actions, ils ne le comprennent pas. Quand nous leur disons qu'en 2006, nous avons refusé de participer à des Off de festivals (certes prestigieux mais n'achetant pas nos spectacles), ils nous ont pris pour des fous. 
Et voilà que pendant que d'autres allaient se montrer dans des petites salles, dans des festivals (seulement rétribués par les recettes de billetterie), nous vendions nos spectacles, nous mettions en place des actions, des représentations sur des territoires éloignés des réseaux culturels face à des publics neufs et émerveillés.
Pendant que beaucoup des acteurs, avec le fruit de leurs recettes peinaient à se payer un verre après la représentation, nous nous salarions et nous développions notre projet hors des cadres habituels. Education populaire, démocratie culturelle qui, encore aujourd'hui  se bat pour ces nobles notions. De moins en moins nombreux les artistes, les équipes ayant le courage de mettre leur coeur dans ces combats ; il reste des poches de résistance ici et là.
Pourtant l'art participe à faire grandir, à mieux vivre avec soi, avec l'autre. Et dans notre époque, plus que jamais, cela semble important. Un peu comme l'air, l'art est indispensable, pas aussi vital mais tout autant indispensable.
Tant que ceux qui finançait l'art le comprenait, il continuait d'exister. Mais le temps est arrivé ou ceux qui financent l'art, ne fréquentent plus les lieux dans lesquels il l'ont enfermé. Alors, il est facile pour eux, de rayer de la carte ces lieux inutiles et ceux qui en vivent.
Et quand les réseaux de diffusion de l'art ne s'adressent plus qu'a une minorité d'habitants, d'élus, il est en danger.
Pour inverser la tendance, il est urgent de ré interroger nos métiers et les cadres dans lesquels nous les pratiquons. Ce n'est pas les ingénieurs et autres administrateurs culturels qui pourront le faire ; ce sont les artistes qui doivent être au coeur des ces interrogations, de ces transformations. Ils ne doivent pas uniquement être occupés à courir la course à la survie, à la préservations d'acquis fragiles, de financements étriqués. Artistes il faut réinventer les pratiques, s'interroger sur les destinataires de notre faire et les cadres dans lequel le temps nous a enfermé. Et quand nous aurons commencé de comprendre les réalités violentes actuelles, nous pourrons aussi commencer de désobéir et travailler à construire une société dans laquelle nous sommes à notre place.

La recherche de la scène reconnue, le piédestal , ne doivent plus occuper la majorité de  notre energie. Dans notre époque ou les musées ou les scènes pour tous n'existent pas (plus?), il faut les recréer parce qu'il y a urgence avant notre disparition.
Il me faut reprendre le fil des mots et le temps me manque ; il me faut trouver le temps de tracer mes lettres dans une époque de chiffre dans laquelle l'économie voudrait me pousser à penser rentable ce que je veux laisser humain...
Je m'octroie le temps, je me donne les minutes et je bute sur le sens...
Je veux dire ici comment nous allons dans ce monde ;
avec notre théâtre de marionnettes itinérant,
avec la proximité du public
Dans une époque de moins en moins culturelle nous, de la Cie Les Mille et une Vies sommes de plus en plus isolés des gens de culture et de plus en plus proche du public ;
je veux dire ici comment nous inventons notre monde dans un monde sans culture ;
je veux dire ici comment notre monde de culture existe malgré tout, avec difficultés sans cesse renouvelées certes, avec moins de moyens que les équipements existant évidemment, avec le sentiment que le choix que nous faisons du public, de la forme légère (c'est un choix et non une obligation), de l'autonomie, de l'occupation des espaces désertiques ou vides de culture semble empêcher la passerelle vers les équipements culturels c'est sûr ;
mais le Théâtre de marionnettes itinérant existe, vit et rencontre le public, trouve un regard, éveille une envie, nourrit le désir et l'esprit.
Mon métier d'artiste (de la faim ?), je l'invente avec des bouts de ficelles. En 2007, ces bouts de ficelles, à la sueur de notre travail, se transforment non en cordes mais en petites bobines ; toujours de ficelles mais en bobines ; cela reste fragile mais ça semble grandir.
C'est vrai que le temps empêchent ceux qui voudraient nous jeter (avec les eaux usées) de le faire, nous résistons aux intempéries et lorsqu'on nous ferme une porte certains nous retrouvent devant leur fenêtre lorsqu'ils l'ouvrent. C'est vrai que le temps m'a rendu résistant ; résistant aux assauts, résistant aux compliments, résistant tout simplement.
Plus que jamais, sûr de mes choix je me demande en ce début d'année 2007 pourquoi le monde de la culture pleure, parle, pense, agit.
L'équipement culturel pleure parce que les financements ne sont pas à la hauteur de son appétit sans f(a)im...
L'artiste diffusé pleure de peur de ne plus être diffusé et peut-être aussi pour être diffusé plus.
L'artiste non diffusé pleure pour prendre la place de celui qui est diffusé.
Le diffuseur pleure parce qu'on ne le comprend pas et aussi pour avoir plus de financements.
Le réseau, culturel et autre se construit puis s'agite pour mieux distribuer à sa tête les profits de sa construction, de sa constitution ; la queue du réseau, elle, peut bien patienter ou lorgner sur les profits, elle n'en aura rien. Elle serait à la place de la tête, la queue ferait de même.
La scène pleure (en décembre 2006) parce qu'un journal gratuit confond ses rédactionnels et ses espaces de publicité, ce que la scène fait mais ne dit pas qu'elle fait ; ce que la scène voit dans l'oeil de l'autre, la paille, elle ne le voit pas dans son oeil, la poutre. La poutre dans l'oeil de la scène fait-elle pleurer autant que la paille dans l'oeil du voisin ?
Cassandre ne pleure pas mais voudrait que je signe une appel aux candidats à la présidentielle ; appel qui se termine en disant que des documents sont à la disposition des candidats, des documents dont je ne connais pas le contenu , ils sont destinés aux candidats et pas aux signataires et pour lesquels sans les connaître, les yeux fermés je devrais m'engager en signant l'appel.
Le petit lieu pleure de ne pas avoir les moyens du gros.
Pour exister le petit lieu s'appuie sur "les jeunes créateurs" qu'il presse (ah, l'image citronné) parce qu'ils ont des envies que "les vieux" n'ont plus ; au final ça fait pleurer beaucoup de "jeunes" qui se seront donnés parce qu'il n'y aura, à la fin que peu d'élu mais, ça fait aussi pleurer "les vieux" qui ont peur que les jeunes leur mangent les miettes du gâteau...
Le gros lieu(mot) pleure parce que le petit lieu l'oblige à se renouveler, lui demande des comptes, de quoi se mèle-t-il, se trouve comparé au petit lieu qui fait mal avec rien ce que lui fait mal avec beaucoup...
Moi, je pleure sur le temps que je m'étais donné, échappant au budget, dads et autres formalités de début d'année damnée qui s'est terminé mais cette liste de cris, de doutes, de rires, je la continuerais parce qu'en 2007, ça y est, c'est décidé, je râle...
Et toi tu pleures sur quoi ?
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