• : Marionnettes en Prison
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  • : La "Cie Les Mille et une Vies" a été créé à Lille (59) en 1998. En 2006, autour des interventions qu'elle menait dans 2 Maisons d'Arrêt, la Cie a ouvert ce journal de bord. Avec le temps ce blog s'est ouvert à l'ensemble des activités de la Cie et est devenu le journal (presque intime) du Théâtre de Marionnettes Itinérant. Dans ce lieu nous pouvons vous raconter nos spectacles et ateliers, les joies et les déboires d'une Cie Contemporaine et des ses artistes permanents.

Texte Libre

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Nouvelles d'une Cie
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ACTIONS ARTISTIQUES
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            A la rentrée scolaire 2008-2009,
            nous avons repris L'exploration
                Marionnettique à l'IME Dorignies
            tous les mardi de 9H15 à 12H15

            Au Collège Chatelet de Douai
            tous les mardi de 13H30 à 16H30
     
           Un projet pluri annuel qui bénéficie
           du soutien DRAC et DDASS



 
 











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CREATION 2009
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            Dans le cadre d'un partenariat avec
            l'agglommération Artois Comm.
            la Ville de Calonne Ricouart
            nous accueillie en résidence
            à partir du 3 juin prochain...

      
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DIFFUSION
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            Bientôt sur le site
            Vous trouverez en
            en cliquant sur ce lien
            le programme (Acte 1) de
            "La marionnette près d'chez vous"
             Une  édition 2009 de la tournée
             d'été qui occupera espaces verts
            et publics de 18 communes de
            la Région Nord/pas-de-Calais

    
  • dozette2.jpg
 
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RENSEIGNEMENTS
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         Cie Les Mille et Une Vies
            Théâtre de Marionnettes Itinérant
            Licence d'entrepreneur n°2-1001686
            BP 70342
            59020 LILLE CEDEX
        
         TEL : 03 20 88 44 78
           FAX : 03 20 88 45 69


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          écrire un mail
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Le numéro 76,
de la revue Cassandre
est exceptionnel...



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Signez l'appel, visitez le site
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Freemen est un réseau de

blogs, dont les auteurs sont

convaincus que :

- le changement climatique

est un problème majeur,

pas uniquement écologique,

mais aussi politique et économique

- s’attaquer sérieusement à ce

problème implique une remise

à plat de nos modèles économiques

et, particulièrement, de la notion

de «croissance».

Au delà, comme le nom “Freemen“

l’indique, chacun pense, écrit

ce qu’il veut sur son blog. ..


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Samedi 27 juin 2009
Vous trouverez ici la version web de notre programme "tournée d'été 2009".
Vous le verrez, après l'avant première du 3 juillet, la tournée passera dans 10 villes de l'agglomération Artois Comm (62) et 7 Villes du SIRA (59). Au cours de cette tournée chargée, acte 1 de "La Marionnette près d'chez vous", nous donnerons des représentations de nos deux spectacles "Les Aventures de Germain Lenain" et "La chambre de Zette". Cet été, nous animerons aussi de stages de manipulation. Cet été, nous présenterons une étape de création de "Le dernier spectacle des Grizbatoruc". De plus, les samedis 11 juillet et les dimanches 19 juillet, 02 , 09 et 16 août, nos fêtes marionnettiques vous permettront de passer une après-midi de détente entre marionnettes, jeux anciens, tapis de lecture et aussi de découvrir des musiciens solistes invités...
Les affiches des fêtes seront mises en ligne au fur et à mesure....
Le Samedi 11 juillet à Calonne Ricouart (Parc André Mancey de 15 à 20H)
La Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de marionnettes Itinérant a le plaisir d'accueillir
Paul Grundy lien site Paul Grundy
Matilde (belles lurettes), lien myspace Matilde
Cactus in love (version solo), lien my space de Cactus in love
et Jonaz
lien my space de Jonaz

Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant
Photo-Illustration : Les Mille et une Vies - Le père Grizbatoruc - petite forme

Par Cie Les Mille et Une Vies - Publié dans : La Marionnette près d'chez Vous
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Vendredi 26 juin 2009
Se raconter, raconter des histoires. C'est comme ça, s'écoutant, qu'on en arrive à fermer les yeux et, imaginant qu'on serait autre, qu'on serait fort, qu'on serait grand, qu'on aurait pas peur, qu'on avance et construit. Mais un jour on ouvre les yeux ; mais un jour on se réveille ; mais un jour on en arrive à ne plus vouloir s'écouter alors, on regarde autour de soi et c'est le désert. Les villes et leurs places arborées, les âmes, tout, tout à disparu. Alors on se dit que c'est comme ça doit être, mais on ne  se le dit pas tout de suite. Parfois ouvrant les yeux, on se rend compte que le monde qu'on voudrait pour nos enfants, celui qui entre idéal et réalité résiste, celui là, il n'est que rêve. Alors de l'oeil une larme s'échappe. Mais, il ne faudrait pas que ça soit trop triste. Peut-être pour cela, il ne faudrait pas se raconter, raconter des histoires... Il faudrait juste avancer, sans idéal, sans croyance ; il faudrait arrêter de raconter des histoires qui mènent aux rêves, il faudrait arrêter, j'arrête de. Rentrer dans le rang, rejoindre la troupe, se terrer, fermer les yeux et ne rien voir, ne rien imaginer, ne rien penser, ne pas être. Construire une vie sur ça ; sur le néant, l'absence de rêve et d'idéal devenant la vie idéale. Le matin un geste qu'on saurait être reproductible, la journée et le soir émaillés de gestes qu'on saurait reproductibles. J'éteins le réveil, j'allume une cigarette, appuie sur le bouton "on" de la cafetière de la bouilloire,  je me lave, je m'habille, je descends les marches, rejoins l'arrêt d'autobus, composte mon billet, les yeux dans le vague je lis les nouvelles, les mêmes que celles de la veille, les mêmes que celle du lendemain, je ne le sais pas, je ne le remarque pas, je n'ai pas à appuyer sur le bouton pour descendre et rejoindre mon lieu de travail, je n'ai pas à m'émerveiller devant les fleurs qui poussent, les arbres qui bourgeonnent, je n'ai pas non plus, à m'indigner de la pauvreté qui grandit et des ses signes qui se multiplient dans l'espace public, je ne pense pas lorsque je dis bonjour à mes collaborateurs, je ne souffre pas, je ne suis pas.  Le temps passerait, les jours avec, se reproduisant étrangement sans que je m'en apperçoive. Les gestes seraient les mêmes mais je ne le verrai pas. Je serai heureux ! Le soir lorsque je fermerai les yeux, il n'y aurait rien derrière mes paupières closes. Ecoute, écoute, tu ne me crois pas ? Tu ne m'entends pas ? Ecoute, écoute, tu ne vois pas ? Le vent a cessé de souffler ? Les oreilles ne savent plus distinguer sa douce chanson, j'ouvre les yeux et ne vois rien ! J'écoute et n'entends rien, je ne suis pas ! Un nouvel idéal, un nouvel eden, celui de l'absence!
C'est ici que je recommence, relisant les mots écrits la veille, je ne peux que constater le fil sombre d'une pensée. Et quand je veux recommencer autrement, je n'y arrive pas. Appuyer sur le bouton publier sera mon dernier mot du jour.

Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant
Illustration-dessin  de Frédéric Levy-Hadida (recherche 2004 autour de la création de Seul(s))

Par Cie Les Mille et Une Vies - Publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Lundi 8 juin 2009
Corps meurtri, pensées qui s'entrechoquent, je manque de temps et je continue de tenir cette chronique. Je n'ai pas abandonné ; le temps se dilate, les articles se font rares, mais je continue d'écrire ces petites nouvelles d'un quotidien ordinaire. Constamment confronté à la difficulté (pour ne pas écrire l'impossibilité) d'organiser le temps, et toujours, je continue d'écrire ces mots. Plus de samedi ni de dimanche depuis de nombreuses semaines, les yeux se troublent, la vision est floue et je continue de raconter nos histoires ...
Depuis vendredi 5 juin, trois jours de travail acharné, peintures et nettoyage, les nouveaux locaux devaient accueillir l'équipe à nouveau au complet ce matin... Corps cassé, mains gonflées, je tente d'organiser l'espace. Je vois, le temps a été trop court pour que nous puissions nous remettre au travail dès ce jour. Malgré tout, en une réunion, nous nous sommes fixés les objectifs des prochains jours. Entre retards et avancées, faisant le point sur les actions,
Camille et Françoise semblaient ne plus savoir où donner de la tête.
Assis autour d'une table de fortune, malgré l'urgence de la situation dans laquelle nous nous trouvons, nous étions tous sereins. Oui, le secteur de l'arbrisseau à Lille-Sud devenait invivable, et notre travail en souffrait depuis de longs mois. Je ne comprends pas ! Comment ne m'en suis-je pas rendu compte avant ? Pourquoi me suis-je obstiné à rester ? Je ne comprends pas, je ne me comprends pas !
Le quartier dans lequel nous nous sommes installés, n'est pas réputé facile mais pour nous, le comparant à l'arbrisseau, c'est un nouvel eden. Je ne comprends pas, si les semaines ressemblent à des secondes elles sont aussi denses que des mois ! Corps usé, je continue de tisser des liens virtuels. Les lignes téléphoniques ne sont toujours pas transférées, je m'impatiente ; je continue et trace le programme sur les nerfs. Jour après jour réduisant la durée du sommeil, j'essaie d'agrandir l'amplitude des journées ; et tout le temps je m'aperçois qu'un jour n'est qu'un jour et que demain sera un autre (même) jour. Mes mots sont flous, demain je recommence.

Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant
* Photographie Les Mille et une Vies - Seul(s) 2005


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Samedi 6 juin 2009
Mèche allumée, traînée de poudre, lorsque l'explosion adviendra, je ne crois pas qu'elle sera contenue aux seuls quartiers dans lesquels elle naît. Dans l'urgence, nous devons quitter les bureaux sis rue de l'arbrisseau à Lille. Oui vite, parce que nous ne sommes plus en sécurité, nous devons abandonner des locaux que nous occupons depuis plus de quatre ans. Je ne sais que trop bien comment tout cela a commencé : cela a commencé alors que nous n'étions pas là ! Dans ces quartiers, on a laissé s'installer des ghettos de fait dans lequel a grandit le sentiment d'injustice et de discrimination. On s'est occupé du centre et on a laissé la périphérie se gérer toute seule. Quand nous sommes arrivés là, les commerces n'étaient plus bien nombreux L'ont-ils jamais été ? Quand nous sommes arrivés, les représentants de l'état, et des administrations locales avaient déjà fermé les quelques permanences qu'ils tenaient encore la veille quand elles existaient. Pour rationaliser les fonctionnements, optimiser l'outil administratif, on a de fait abandonné des pans entiers de la population. Une partie de la population qui plus qu'une autre nécessite l'attention de la république.
Quand nous sommes arrivés, on demandait aux associations de gérer les urgences sociales, éducatives, humanitaires, culturelles et de réduire les faillites du système. Aujourd'hui, plus rien n'est possible. Dans ce micro-quartier, de la briquetterie-arbrisseau, malgré les dires du Préfet  et de la Maire de Lille, grandit une zone de "non droit". Nous ne pouvons plus y travailler, nous devons en partir. Comment faire autrement quand je lis la peur dans le regard des nouveaux salariés, accueillis ces derniers mois. Comment faire autrement quand les incidents deviennent quotidien ; vitres cassé, jets de pierre, insultes et crachats comment faire autrement ? Comment faire autrement quand dans le lieu de travail, résonnent les cris, les bruits de pneus qui crissent, des moteurs qui vrombissent et rendent
la concentration impossible. Comment faire autrement, quand la peur devient le quotidien ? Les habitants du quartier marchent vite, tête baissée ; ne traîne pas dehors celui qui n'a rien à y faire ! Les cultures s'affrontent, le ghetto est installé et une jeune génération multiplie les actes violents qui sont autant de cris de rejets de la société. Alors nous avons envoyé une lettre alertant les pouvoirs publics et notre bailleur de la situation et de l'impossibilité de continuer ; dans l'urgence (il a fallu quelques semaines) on nous a relogé et ces derniers jours, en parallèle de l'installation en résidence à Calonne Ricouart, nous avons organisé le déménagement de nos bureaux. Aujourd'hui et demain dimanche, nous peignons les murs et lundi c'est dans de nouveaux locaux sis au coeur du quartier de Faubourg de béthune à Lille que nous travaillerons. Je le sais, notre déménagement appauvrit encore un peu plus cette zone mais je n'y peux rien ; cela en était arrivé à un point tel que sans déménagement nous aurions tout simplement fermé les portes de notre activité.

Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant

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Lundi 1 juin 2009
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Mardi 26 mai 2009
Du 03 juin au 03 juillet 2009 - Résidence Salle polyvalente de l’espace multi-accueil -
Cité 6 à Calonne-Ricouart*


Nous implanterons notre théâtre de marionnettes itinérant sur la commune de Calonne-Ricouart, dans le cadre de résidences de création dès juin 2009 puis de mi-septembre à mi-novembre. Pendant ces temps de résidences, en parallèle des temps de répétition, nous commencerons de rencontrer les publics dans le cadre d’actions de sensibilisation.



Ateliers Découvertes du lundi 22 au vendredi 26 juin (chaque matin)
3 heures d’interventions autour de la découverte du travail de la Cie Les Mille et une Vies. L’action s’ouvre par une rencontre autour de la création de Le dernier spectacle des Grizbatoruc et se poursuit par une petite initiation à la manipulation des marionnettes de type gaine à bouche. Le contenu des improvisations sera adapté en fonction de l’âge des participants.

Groupes et tout public (à partir de 7 ans) mercredi 24 juin à 10h00
- Scolaires (à partir du primaire) lundi 22 à 9h30 (classe 1) et 14h00 (classe 2), jeudi 25 à 9h30 (classe 3) et vendredi 26 à 9h30 (session réservée )


Répétitions publiques du mercredi 24 au vendredi 26 juin (chaque après-midi)


1h30 à 2h de répétition et de discussion pour présenter le travail en cours, les objets, la scénographie… et pour recueillir les premières impressions et émotions du public…
Groupes et tout public (à partir de 7 ans) mercredi 24 juin à 14H30 - Scolaires (à partir du primaire) jeudi 25 à 13H30 et vendredi 26 à 13H30




Avants-Premières du mercredi 01 au vendredi 03 juillet

Première confrontation au public avant le départ en tournée de la famille Grizbatoruc ! Chaque représentation est suivie d’une rencontre conviviale avec le public
Groupes et tout public (à partir de 7 ans) mercredi 1 juillet à 15H et vendredi 03 à 18H - Scolaires (à partir du primaire) jeudi 02 à 10H et 14H

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* Actions imaginées par les Mille et une Vies et proposées grâce au soutien de l'Agglommération Artois Comm, de la Ville de Calonne Ricouart
Actions bénéficiant de l'aide du Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais et du Conseil général du Pas-de-Calais (sous réserve du passage de nos dossiers en commission...)


* Les ateliers découvertes en milieu scolaire se dérouleront directement au sein des établissements scolaires concernés

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Ces actions sont proposées gratuitement
Renseignements -  réservations : Cie Les Mille et une Vies  09 65 36 94 75



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Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant -

Photo - Panoramique Beuvry - Site tournée d'été 2009 - Les Mille et une Vies

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Vendredi 22 mai 2009
Nous avons vu tellement de jardins, nous avons parcouru tellement de kilomètres et mon cerveau ne sait plus délier le vrai du faux. Demain, très vite, le 3 juin, nous nous installerons à Calonne Ricouart. Dans mon atelier (qui est aussi une salle de réunion, qui est encore un bureau), les marionnettes se construisent. Les Grizbatoruc, fils après père, voient le jour. Ce n'est pas comme nous ! Mille et une Vies, hommes et femmes, tous enfermés dans un ancien commissariat. Travaillant aujourd'hui, tous volets baissés ; dans le noir même quand il fait beau. Oui, ce n'est pas comme nous... Nous sommes cinq, bientôt six et je ne sais toujours pas si en cette sombre période, je fais bien de suivre mon plan de développement. Nous sommes cinq, bientôt six, et je ne sais dire si mon angoisse est raisonnable. Nous avons marché dans les jardins des villes et villages; il faisait beau. En repérage pour l'été, nous avons croisé de nombreux  cortèges, mariages ou communion, c'était hier. La tournée d'été s'annonce belle. Du 3 juillet au 16 août, 18 villes, 3 spectacles et des invités surprises. 22 mai, je vois l'été arriver, la tournée s'annonce belle.... Premier paysages en panoramique, les suivants arrivent ; imaginez public et Théâtre de Marionnettes Itinérant.. Imaginez l'été...



Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant
Panoramique Auchy-les-Mines - La famille Grizbatoruc en construction -
Photos et Montage - Cie Les Mille et une Vies - FLH



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Jeudi 14 mai 2009
Ca se ferait comme ça, de plus en plus au rabais, sans moyen, presque en cachette ! On institutionnaliserait ça ; cette façon de créer la ! En réduisant toujours un peu plus les moyens dédiés à la création, on ne s'en rendrait pas compte et puis un jour, comme pour certains autres arts, l'artiste ne serait plus au coeur ! Tout le monde serait artiste et à chacun de prouver son talent ! Les producteurs feront leur marché, décidant ce qui doit être et ce qui n'a pas lieu d'être financé. C'est déjà un peu le cas, ça le sera plus encore demain ! Tentant de travailler à la création de notre nouveau spectacle, continuant jusque au dernier instant de réunir les moyens de sa production, je me trouve confronté à une réalité bien triste ! Entre ceux qui se cachent et utilisent les moyens que leurs donnent l'intermittence, entre ceux qui se disent que créer n'est pas bien difficile, qu'une idée suffit, entre ceux qui aspirent de gros budgets pour faire vivre leurs murs, entre ceux qui disparaissent, l'époque n'est pas à la joie pour la création.. Qu'y puis-je ? Me battre et respecter ceux avec qui je travaille ! Les traiter dignement et payer les répétitions, cela me semble un minimum et si je n'arrive pas à réunir ce minimum, alors je ne fais pas. Mais dans le milieu de la création contemporaine, du spectacle vivant, tous ne procèdent pas ainsi ! Mais dans ce milieu certains ont des projets tellement géniaux que cela leur semble normal que la solidarité les finance ! Mais comment les politiques culturelles ont-elles laissé se construire un foutoir si peu créatif ? Pourquoi les politiques culturelles, de notre état, de nos régions, départements et villes, n'ont-elles pas tenté d'organiser cela ? Sommes-nous les premiers fautifs, équipes artistiques qui n'avons pas su donner à nos partenaires institutionnels les outils de l'organisation ? 14 mai 2009, nous entrons en résidence de création dans quelques jours, je n'ai pas fini de constituer mon équipe. 14 mai 2009, je constate que dans l'ensemble de nos activités de Théâtre de Marionnettes Itinérant, c'est bel et bien la création qui est peu (pour ne pas dire "pas") financée.
14 mai 2009, le 30 mai notre équipe permanente sera composée de 5 personnes.
14 mai 2009, le 3 juin l'équipe permanente sera rejointe par 2 interprètes
et 2 techniciens intermittents.
14 mai 2009, le 3 juin nous occuperons la salle multi accueil mise à disposition par la Ville de Calonne-Ricouart.
14 mai 2009, après une série d'avant première, du 3 juillet au 15 août, nous serons en tournée d'été.
14 mai 2009, cette année "La marionnette près de chez vous édition 2009" passera par 18 villes dans lesquelles nous jouerons "Les Aventures de Germain Lenain", "La chambre (de Zette)" et "Le dernier spectacle des Grizbatoruc".
14 mai 2009, vous l'imaginez, je sens l'angoisse grimper !

Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant
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Samedi 25 avril 2009

2009, année folle, époque difficile, le temps est en crise ! Et nous, Cie Les Mille et une Vies , Théâtre de Marionnettes Itinérant tentons d'avancer dans notre plan de développement. Parce qu’en 2008, arrivant à dix ans d’existence, nous appuyant sur l'expérience que nous a donnée le temps, nous avions prévu d'entrer dans une phase de développement jusqu’en 2012 (les moyens, l'équipe, les partenariats). Aujourd'hui, avec nos partenaires territoriaux (Artois Comm., SIRA), nous continuons d'avancer sur cette voie mais parfois l'angoisse me saisit. Nous travaillons avec des partenaires institutionnels, qui pour certains sembllent saisis de cécité ; la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), pour ne nommer qu'elle, alors que nous travaillons professionnellement, que nous développons une équipe permanente, que nous diffusons nos créations, que nous touchons des publics éloignés des équipements, la DRAC a donc décidé de ne pas aider notre projet de création. Ils voudraient nous mettre en difficulté qu'ils ne procéderaient pas autrement. Malheureusement, cette administration ne veut pas être transparente et lorsqu'elle rejette notre dossier nous n'avons aucun recours... Si nous l'ouvrons, si nous râlons, nous risquons de condamner le financement de nos projets futurs...

Le Ministère de la Culture a participé à construire des équipements, finance les équipes de permanents de ces lieux (administratif, communication et technique) et pour l’œuvre qui doit toucher les publics et occuper ces lieux, il ne reste plus grand-chose, les miettes de son budget….

Mais il n'y a pas que le Ministère de la Culture et ses DRAC ; avec d'autres administrations c'est la même chose ; elles râlent sur le secteur culturel et plus particulièrement sur les acteurs de création qu’elles considèrent peu ou pas assez structurés à leur goût ! Mais certaine de ces administrations restent rigides dans leur fonctionnements et opaques dans leurs procédures. La plupart du temps, elles refusent que nous (acteurs) les rejoignons pour ensemble réfléchir à construire des critères d'attribution et d'évaluation objectifs... C'est vrai, juger la qualité artistique est souvent un jugement subjectif mais d'autres critères peuvent permettre une étude plus juste des projets. Territoires touchés et publics, durée de la structure, du projet, professionnalisme de son équipe, des outils et des moyens dont elle dispose... Cette liste n'est pas exhaustive mais jusqu'à présent, pour les équipes de création indépendantes il a été difficile (pour ne pas écrire impossible) d'intervenir dans les modalités d'attribution et de faire entendre leurs voix aux tutelles et institutions qui travaillent dans leur coin. Au final on peut avoir le sentiment que les tutelles utilisent les moyens collectifs comme un portefeuille personnel. Et voila comme une politique culturelle se transforme en politique d'aménagement territorial. On construit des équipements sans se soucier des contenus qui l'occuperont. On demande à tel équipement d'assumer la production déléguée de telle création, on réduit la poilitique culturelle d'un territoire à la construction d'une programmation...

Ca y est, on marche sur la tête, certains élus, utilisent leur temps de parole au Conseil Municipal pour donner les chiffres de fréquentation et annoncer les prochains évènements ;  ils ne se rendent pas compte de l’aberration ; oui, l’époque est folle, on confond politique culturelle et programmation culturelle.

Demain chaque village aura son lieu… et tout le monde sera artiste (amateur)…

Mais Monsieur, que voulez-vous ? Vous pourrez vous donner à voir, et ne plus danser sur la table comme vous le faisiez jusqu’à présent ! Vous voudriez qu'on vous paye ? ET bien tendez le chapeau !

Ils ont construit et continuent de construire des équipements, ils ont salariés des équipes de permanents (administration, production, communication et technique) et pour l’œuvre qui doit occuper ces lieux, il ne reste plus grand-chose….Pauvre démocratisation culturelle !

Entrée en matière rude ? Je voulais ici dresser le contexte avant d'aborder la suite :

Quoiqu’il en soit, aujourd’hui 25 avril alors que la Cie Les Mille et une Vies est entrée dans la phase active de son développement (création, mise en oeuvre des actions...), que de nombreux dossiers ont été déposés, nous démarrons nos actions sans avoir les réponses de nos partenaires institutionnels ; et si après-demain, comme la DRAC, Région, départements et autres partenaires de nos projets rejettent nos demandes nous pourrons mettre la clé sous la porte et licencier l’ensemble de notre personnel (celui déjà présent (4 personnes aujourd'hui) et celui que demain nous prévoyons d’employer (4 à 5 personnes demain) ) . Si un lecteur sait analyser la logique de nos administrations en ces temps de crise, qu'il ait la gentilesse d'éclairer ma sombre lanterne...)...

Si vous voulez prendre ce risque, si notre projet et sa précarité vous tente, si votre précarité actuelle est plus grande que celle que nous vous proposons,

en suivant les liens vous pourrez découvrir les postes que nous ouvrons et qui viendrons compléter l’équipe actuelle
ici, un poste en Contrat d'Accompagnement à l'Emploi - CDD AGENT de Médiation

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/38/79/16/Profil-CAE-intervenant.pdf

là, 2 postes en CDDU artistes interprètes sur notre nouvelle création...

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/38/79/16/Profil-Interpr-te.pdf

Attention, les candidatures sont à envoyer au pôle emploi (avec la référence de l'offre en objet) qui me les transmet ensuite...

Par ailleurs, ces postes seront en priorité pourvus par des gens résidant en Région Nord/pas-de-Calais ; en effet, les postes ouverts (durée, CDD, salaire...) ne me permettent pas d'envisager sereinement un déplacement de compétence d'une région éloignée...


Fabrice Levy-Hadida - Directeur - Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant

Par Cie Les Mille et Une Vies - Publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Mardi 21 avril 2009

Faut que ça sorte... Crache ta bile ! Des fois, des jours on se réveille avec le ventre serré et tant que c'est pas dit, pas crié, rien à faire, ça reste là à ennuyer les boyaux, à torturer la cervelle... Alors on se dit qu'il faudrait mettre des mots, et puis, et puis on se rend compte de l'impasse ; des mots, oui, mais lesquels ? La langue tourne dans la bouche et tout le fatras qu'on a à l'intérieur n'arrive pas à s'organiser. On ferme les yeux, on se dit que ça va venir... Mais rien, non rien qui soit clair ne vient. Alors on dort dessus et le matin venu, on se rend compte que c'est pareil. Et quand c'est pas pareil, on se rend compte que c'est pire encore, pire que la veille ; que les mots ne se sont pas organisés, que la pensée est trouble, que rien à dire, rien à faire, il faudra encore dormir dessus. Mais de jour en semaine, rien ne s'arrange. On a pas réussi à construire l'ossature du texte, les mots luttent contre la réalité qui nous tracasse.
Et puis un jour, rentrant d'une journée fatigante on se jette sur le clavier et on charge les doigts d'organiser les choses, la pensée. Je sais, l'image ne dit rien mais, c'est bien ainsi que les doigts la ressentent. Sans pensée, ils se mettent au travail ; dur labeur que celui d'organiser une pensée inexistante. Alors, ils cherchent le commencement ; il se disent que dire cela, dire l'embarras serait une bonne chose, que ça ou autre chose de toute façon... Et puis ils se disent (les doigts) que lorsque plus tard viendra le temps du lecteur, que ça se corsera…

Je recommence, ce n'est pas bon !

43 ans aujourd’hui, bientôt 44 et plus de vingt ans que je pratique un métier fascinant dans lequel chaque jour est un jour . Métier étonnant qui fait rêver les enfants et amène les adultes à m'interroger :

- Et pour vivre tu fais quoi ?

- Marionnettiste ? On peut en vivre ?  

 

Ce métier on le choisit et avec le temps dans sa pratique on s'affermit. Je n'ai pas fait d'école, si ce n'est celle du temps. Aujourd'hui je me rends compte que j'ai construit ma vie autour de cet art dont je n'avais qu'une connaissance floue lorsque j'ai commencé. Avec passion et patience j'ai fait de ce que je ressentais un métier. J'ai eu besoin de temps. Du temps et du travail. De la sueur et de l'acharnement. J'ai eu besoin de choisir une vie difficile ! J'ai refusé de travailler pour autre chose que cet art. Je me suis imposé un autre travail, geste quotidien, une gymnastique aride. Il m'a fallu avoir faim. Aujourd'hui, regardant mon passé, je constate le vide dans les assiettes. Je me demande de quoi j'ai vécu ? S'il me fallait juger la qualité du temps passé, en comptant mes points de retraite tranquille, j’aurais passé de sales jours. A l’âge de la retraite, il me faudra travailler ! De cela, même si j'en ai bien peur, j’en suis sûr aujourd’hui ! Mais ce temps passé a été nécessaire pour sentir que mon geste artistique se professionnalisait. Dans cette construction professionnelle et pratique, le temps a été à la fois l'allié et l'ennemi. Le temps nous fait douter, le temps nous conforte, le temps légitime le geste, le temps qui nous reste n'est pas une éternité, le temps est compté. Encore aujourd'hui, le temps est compté !

Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant


 

Les images qui illustrent les mots sont issues du projet scénographique de François Lestrade pour notre nouvelle création Le dernier spectacle des Grizbatoruc. Projet de structure en forme d'aréne, nouveau castelet et Théâtre d'images de 7 M d'ouverture, de 4M de Hauteur et 4M  de profondeur...


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Samedi 4 avril 2009
Le dernier spectacle des Grizbatroruc, Par le Théâtre de Marionnettes Moderne de Karloviestlav - Une famille de marionnettes (Titre long et provisoire) est en cours de construction. La production continue, nous attendons de nombreuses réponses de financeurs et nous devons malgré tout avancer sur la réalisation. Constituer l'équipe, donner  au projet les moyens de s'épanouir. De plus, si nous voulons tenir nos plannings, nous ne devons pas nous laisser arrêter. Dès cet été devrait sortir la première étape de cette création, et après une série d'avant-premières elle devrait occuper jardins et espaces publics de petites villes. Cette année, la Tournée d'Eté du Théâtre de Marionnettes Itinérant passera dans plus de vingt villes de La Région Nord/ Pas-de-Calais. Vous imaginez la construction ? Aujourd'hui je cours après le temps ! Les marionnettes se construisent très lentement, j'avance sur des prototype, le texte est à l'arrêt et si  M. Grizbatoruc père de cette famille déjantée commence à paraître dans sa petite forme (1M de haut) il devrait aussi être décliné à une taille avoisinant les 3M de haut... Voici son premier visage, sale tête, sale bête...
François Lestrade notre décorateur, commence de travailler sur l'espace scénographique. Pour cette création je veux que nous sortions du castelet et que nous commencions de construire de nouveaux rapports entre objet et espace public. Je cours après le temps, je vous le répète, il nous faut construire dans la proximité avec des partenaires qui ne saisissent pas toujours nos enjeux. Nous créons ce spectacle dans le cadre d'un partenariat avec l'Agglomération Artois Comm. avec laquelle nous avons commencé de travailler en 2007 autour de la création de "La Chambre (de zette)". Et si tous les jours nous avançons et solidifions nos rapports au territoire, il nous faut aussi faire entendre la spécificité de notre fonctionnement à nos partenaires institutionnels et, je vous l'avoue ici, ce n'est pas tous les jours faciles. Nous attendons la réponse de nombreux partenaires mais déjà, le comité d'expert de la DRAC a eu un avis réservé sur notre création et la conseillère (nouvellement nommée) a décidé de suivre son avis ; notre dossier d'aide à la Production Dramatique a donc été rejeté. Bien que nous payons les gens avec lesquels nous travaillons, bien que nous organisions notre travail d'actions artistiques en lien avec nos créations (et parfois avec les moyens de la DRAC), bien que nous touchions des publics éloignés des équipements culturels, bien que notre spectacle ait devant lui une vie de diffusion fort remplie le comité d'expert a un avis réservé... Mais sur quoi fonde-t-il son avis ? Quand nous avons sollicité des rencontres, ils sont restés muets... et moi je reste coi... mais j'y reviendrai plus tard.. pour l'heure il me faut retourner à d'autres tâches...

Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant
Par F. Levy-Hadida - Cie Les Mille et Une Vies - Publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Vendredi 3 avril 2009
Mais que font-ils ? Ils ne saisissent pas l'urgence de la situation ? Mais que font-ils ? Que veulent-ils ? Que ça explose ? La guerre civile ? Ou alors ne se rendent-ils pas compte de la violence de l'époque et des excès qu'elle peut induire ? Ils pensent que les communautés religieuses vont régler ça ? Ils démissionnent ? Ils pensent que les associations cultuelles pourront ramener la paix sociale en des quartiers où chaque jour elle s'éloigne un peu plus ? Que pensent-ils de ce qui est train d'advenir ? Je ne cesse de m'interroger sur les acteurs de territoires, sur les politiques et les relations qu'ils entretiennent avec ces quartiers ! Des quartiers dans lesquels nous vivons. Oui les acteurs sont de moins en moins nombreux ; point critique atteint; il ne reste plus qu'à attendre l'explosion !  Tranquillement ? Non ! Tranquillement patienter ? Il ne reste rien à faire ? De courrier ébahi, en appel à l'aide, je regarde le monde avancer... Les autres ferment les yeux, je ferme les yeux ! Les autres se bouchent les oreilles, je me bouche les oreilles ! Les autres se taisent, je me tais ! Je n'avais jamais éprouvé cela auparavant, ; de signe en signe la violence grandit et la fronde contre la société prend corps. Dans le quartier où nos bureaux sont installés, comme dans cent autres quartiers, comme dans mille autres quartiers, la violence naît mais elle ne semble pas être le fruit de revendications pour sortir d'une misère sociale dont on aurait assez, de réflexions qui nous font lutter pour améliorer les espaces collectifs ! Non ! Elle est là, violence brute et sauvage, capable de raser notre société. En notre époque consommatrice, ils (les outils de la violence) se nourrissent de nos lacunes, mais n'imaginent pas une société de l'après ; ne veulent pas d'une société meilleure. Elle est là, violence quotidienne et misère sont le terreau d'une sombre époque. La répression se fera gra nde, les libertés se réduiront, les enfants ne chanteront plus. Dans les larmes et le sang, de sueur et de douleur pleine, nous verrons l'époque avancer contre l'humanité. Rouleau compresseur qui va écraser et réduire de nombreuses années d'espoir et de constructions. Nous en sommes arrivés là ! De ce quartier où nous avions pris nos aises, nous Mille et une Vies, bientôt déménagerons. Parce que nous ne pouvons plus, impuissants regarder la destruction brique à brique sans autre raison que la destruction. Alors nous ne verrons plus. Mais ça continuera de grandir, de mûrir...et puis un jour, demain, dans un an, ça explosera ! Ne faites pas cela, ne laissez pas cela grandir, ne fermez pas les yeux, ne bouchez pas vos oreilles, ne laissez pas vos mémoires devenir blanches à force d'écran qui rendent la réalité lointaine. Elle est à la porte....
Je voulais laisser trace, partager l'effroi qui me gagne ; pendant un temps oubliant les territoires de la création marrionnettique, je voulais tendre la main vers un hypothétique interrupteur... mais avançant dans le récit je constate que les mots sombres éclairant nullement  ont tendance à assombrir encore plus le tableau ; alors malgré les lacunes du texte, vite je décide d'interrompre le fil et de cliquer sur le bouton publier. Peut-être un mot de lecteur, (ré)ouvrira le débat différemment... Pour l'heure il est temps de retourner à d'autres tâches pendant que dehors continuent, entre cris et hurlements, de se dérouler d'autres fils du quotidien...
 
Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de marionnettes Itinérant

Par Cie Les Mille et Une Vies - Publié dans : Autre inclassable
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Dimanche 22 mars 2009

Les yeux ne savent plus où donner de la tête. Les Mille et une Vies avancent chaque jour un peu plus vers leur (sombre) épanouissement. Je n'ai malheureusement pas réussi à réduire la vitesse que l'établissement prend. Ici et là, j'ai l'impression que cela s'emballe dans mon bocal. Essayant néanmoins de prendre quelque distance, je me rend compte que je ne suis peut-être pas outillé pour cela (que mes freins n'aient pas été livrés à la naissance ou alors, acheté à moindre à moindre coût par mes géniteurs, qu'ils n'aient jamais osé m'avouer toutes les options manquant à ma réalisation)... Malgré tout, jour après jour, nous avançons vers une longue période de résidence de création. Une histoire est en train de se construire autour de la nouvelle création "Le dernier spectacle des Grizbatoruc..." et c'est une belle histoire ! Une histoire que nous construisons avec Artois Comm.. Une belle agglomération, un territoire qui devient le nôtre... Mais entre préparations administratives et de terrains, développement d'équipe, actions artistiques et sensibilisation diverses, j'ai le sentiment de ne plus avoir une minute creuse. Pourtant un troisième larron, Camille a rejoint l'équipe en mars. Pourtant, on devrait recevoir le renfort d'une quatrième personne en avril ! Pourtant l'équipe de création, devrait pour la première fois intégrer des artistes complémentaires.. Mais pour l'heure, le temps reste trop court et chaque fois que je choisis de réaliser une tâche urgente, c'est en abandonnant deux ou trois autres tâches urgentes.

Alors, certains jours la peur et l'angoisse me saisissent. Et si je n'y arrivais pas ? Et si je ne pouvais pas ? Et quand les questions m'assaillent, pourquoi vouloir développer ce qui fonctionnait si bien à petite échelle ? Pourquoi vouloir développer une équipe et prendre le risque de mettre en péril ce que nous avions, en petit comité, réussi à faire exister ? A ces questions je n'ai pas le premier élément de réponse ! Face à ces questions je reste sans voix !

C'est ainsi que nous avançons... Vite...Inquiets, heureux, pleins de doutes.. C'est ainsi que Les Mille et une Vies s'accomplissent !

Pour ne pas simplifier la tâche, le quartier dans lequel sont situé nos bureaux et petit atelier de construction (Lille-Sud, Arbrisseau) s'embrase. Tous les jours, incivilité et violences, hargnes et misères... Tous les jours, voitures brûlées et réactions sombres... A voir cela tous les jours, je l'ai déjà écrit, je ne peux que me demander : serait-ce déjà trop tard ? Les enfants voient des choses que jamais ils n'auraient du voir. Je l'ai déjà écrit, je l'écis encore, serait-ce trop tard ? Il est trop tard ! Les enfants deviennent les acteurs de ce noir quotidien et je n'arrive pas à me convaincre que tout pourra aller mieux demain ! A cet endroit, dans ce quartier, il aurait fallu une volonté politique. Ici, il aurait fallu, plus qu'ailleurs, une présence forte de la république. Education et moyens déployés pour enrayer la spirale de la misère et de la haine ! Oui, ici il aurait fallu un pouvoir conscient et aux yeux ouverts. Pas seulement un pouvoir à la recherche d'un mandat électif. Ici, c'est un de ces quartiers, dans lesquels les uniformes (pompiers, policiers...) se font "caillasser" quand ils interviennent ! Tous les représentants de la république ! Oui ici, les pouvoirs publics semblent avoir abandonné la partie. Certes, je pourrais déplacer mon regard, mon activité (accueillant de nouveaux salariés qui subissent de plein fouet ces difficultés du quotidien, je m'en vois presque obligé, si je veux leur assurer un cadre de travail décent) mais pour autant, ces violences et incivilités, ces voitures brûlées et cette sombre époque ne disparaîtront pas. Je ne les verrais plus mais elles seront la, dans ce quartier là et dans bien d'autres, mûrissant tranquillement (ce n'est qu'un mot) jusqu'à l'explosion. Ne plus voir, fermer les yeux. Ne plus entendre, ne pas écouter, ne plus entendre, ne pas écouter, ne plus, ne pas, non ! Trêve de mots creux, tout s'emballe et le temps qui fait défaut n'est pas pour me rassurer. Regardant autour de moi, les questions ne cessent de m'envahir et, perdant le nord je ne cesse d'interroger les maigres croyances... Elles réduisent, réduisent à vue d'oeil. Non que je devienne cynique mais bien plutôt que le temps de la rage s'est transformé...

Pour finir je voulais revenir sur Cassandre ! Cette belle revue a sortie un très beau numéro 76. L'avez vous lu, l'avez-vous vu ? Vous le savez peut-être, Cassandre a besoin de lecteurs ; les lecteurs, pour une revue comme Cassandre c'est l'assurance d'un avenir alors, Cassandre ne doit pas manquer de lecteurs. Alors vous,  lecteurs de l'endroit, si vous n'êtes pas encore abonnés, faites le !

Et puis, si vous hésitez, allez visiter Micro Cassandre, blog-revue mis en ligne fin janvier...cliquez ici

Vous n'êtes toujours pas abonnés ? Pas encore abonné ? Cassandre sort un numérto 77 (le temps des alliances) dont les colonnes sont ouvertes à Gori et l'Appel des Appels... Vous n'êtes toujours pas abonnés ? Toujours pas abonné ? Mais que faites vous là ? Pour vous punir, si je le pouvais, je vous empêcherai de lire ces lignes mais je ne le peux pas, non je ne le peux pas encore... Peut-être un jour le pourrais-je et ce jour la...



Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant

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Lundi 9 mars 2009
Du 18 au 21 février dernier c'était une implantation étonnante. Comme en 2006, quand nous avons sorti notre castelet et que pendant l'été nous avons proposé représentations et actions de sensibilisation, les habitants du quartier de Lille-Sud ont répondu présents.  C'est grâce à la volonté d'une enseignante de l'école Wagner, que notre présence a été rendu possible. Elle avait croisé notre chemin dans les réseaux plus traditionnels, et s'était dit que, voisins, nous devrions pouvoir rêver ensemble. Elle a eu raison.
Dans ce quartier, entrer dans l'école et changer le quotidien, répond plus qu'ailleurs à une attente. Mais depuis quelque temps, je me demande s'il n'est pas trop tard. Cette souffrance et cette misère, qu'y pouvons-nous changer avec "notre culture". Depuis quelques temps, j'ai le sentiment que le quartier va mal ; je le vois allongé, criant son désespoir et c'est drôlement désagréable de se sentir aussi impuissant, de ne voir personne se pencher sur le malade. Nous avions des voisins associatifs qui, à force de déconvenues et de misères quotidiennes sont partis... Quelques uns de moins, et je nous sens nous rapprocher des derniers, nous ne serons pas les derniers, nous sommes les derniers...Chaque semaine des violences, des voitures brulées, des mots désagréables et des maux, des maux...

Quand en 2005 nous avons imaginé notre installation dans ce quartier c’est principalement nos activités administratives (secrétariat production diffusion…) qui trouvaient un toit. En effet, pour une Cie Indépendante dépassant l’age de l’émergence il s’agissait de trouver des locaux qui lui permettent d’assumer la continuité de son projet. Au delà des actions menées sur le quartier, ces locaux remplissaient idéalement les fonctions susnommées…Avec le temps, des rapports plein d’humanité ont pu naître dans le quartier. Connus, et reconnus nous avons échangés et grandis dans de bons termes de voisinage avec la majorité des habitants du quartier, avec les structures qui y sont installées et aussi avec les commerçants de proximité qui continuent d’offrir aux habitants leurs services.  A aucun moment, nos salariés ne se sont sentis en dangers et si ici et là, nous avons pu sentir des tensions dans les échanges, les situations sociales dont  nous avions connaissance pouvaient en partie l’expliquer…Directeur d’une association, dont l’objet est la création de spectacle de marionnettes mon rôle n’est pas de me substituer aux lacunes des services publiques. Certes, je veux pouvoir croire qu’installant nos bureaux et une partie de nos activités dans un quartier dit « sensible », je participerai à la reconstruction de lien social mais je ne peux être le seul maillon de la chaîne républicaine. Quand nous échangeons avec nos voisins, habitants, commerçants le désarroi et l’impression d’abandon dominent. Vendredi, j'ai commencé les démarches; nous ne pourrons plus rester très longtemps. Comment pouvons-nous continuer de travailler, dans un environnement hors règle, hors norme...ce n'est pas possible. Ce matin, un calme étrange régnait dans la rue. Plus de vingt car de CRS étaient là, déploiement et puis plus rien... c'est trop tard, vraiment trop tard... Les enfants se sont habitués aux bruits de pneus qui crissent, aux échanges illégaux, à  une autre économie, à la violence... Avant les vacances scolaires, pendant notre présence dans l'école voisine, pour régler un différent avec un camarade, un enfant s'était armé d'une paire de ciseau...trop tard, c'est trop tard.

Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et Une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant

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Lundi 16 février 2009
Prendre le temps, il faudrait que je prenne le temps d'écrire ! Mais par quoi commencer ? A cette étape, saisi par les tourments les plus divers, je tourne la page et me disant que j'y reviendrais, que plus tard la pensée sera plus claire, je remets à l'incertain ce que je devrais faire dans l'instant. Comprenez-moi, que dire ici qui sans être flou explique ?
Dans ma vie, les vents de la tempête font que l'intensité des instants est difficile à saisir par l'écrits. Sans limite professionnelle, tous les instants, même s'ils savent être inquiètants, demandent concentration sans cesse renouvellée.
La Cie Les Mille et une Vies grandit. Accueillant de nouveaux salariés, équipe et projet d'entreprise semblent avancer vers l'avenir avec un sol de plus en plus assuré sous leurs pas. Les rencontres se multiplient et si parfois je me demande comment nous pourrons continuer d'être aussi présents sur les territoires, les jours au travail huilé, sans réflexion, résolvent les incertitudes les unes après les autres.
Au quotidien je me vois dans l'impossibilité de dresser liste des choses à faire ou faites mais malgré tout, le temps et la concentration veillent à organiser les tâches. Si il me reste de ci de là, le temps de m'interroger sur l'organisation dyu temps, quand je regarde le temps passé depuis le dernier"écrit du hasard", je suis, étonné de voir comment sans organisation prépensée,  la vie devient évidente.

Annonce de dernière minute de représentation dans une école voisine
Les Aventures de Germain Lenain jeudi 19 février à 1HH45 et 14H00
La chambre (de Zette) vendredi 20 février 18H00 et samedi 21 février à 15H00
Ecole Wagner, 33 rue Richard Wagner à LILLE
Tarif Unique 2€

RENS-RES : 03 20 88 44 78



Scène extraite du texte en cours d'écriture, hors contexte "Le dernier spectacle des Grizbatoruc - par le Théâtre de marionnettes moderne de Karloviestlav - une famille de marionnettes (titre long et provisoire)"


Une fille Ania et le technicien Ian

Ian le technicien (ton mielleux, tout bas) : Ania, ma jolie Ania, embrasse moi...

Ania une fille : Ian, laisse moi, tu sais bien que je ne peux pas !

Ian Le technicien (doux mais plus ferme) : Ania ma douce Ania, je te dis embrasse moi !

Ania une fille : Iany mon petit Iany moi je te dis que je ne peux pas

Ian Le technicien : Ania ma chère Ania, dis moi pourquoi tu ne peux pas ? Ania ma vilaine Ania dis plutôt que tu ne veux pas...

Ania une fille : Non, si je te dis que je ne peux pas, c'est parce que je ne peux pas !

Ian Le technicien : Allons Ania, ne fais pas la farouche, embrasse moi (il s'approche tout près, l'enlace..) Tu me repousses ? Tu me rejettes ? Ce n'est pas cette Ania que je connais ?

Ania une fille : Ian, Arrête tout de suite, il va nous voir !

Ian Le technicien : Qu'il nous voie et qu'il nous laisse en paix !

Ania une fille : Tu veux qu'il nous tue ?

Ian Le technicien : Qu'il essaie, tiens, qu'il essaie ! (un temps puis il reprend) embrasse moi !

Ania une fille (commençant de s'énerver) : Je suis maquillée et je ne veux pas repasser en loge alors Iany maintenant laisse moi finir de me préparer !

Ian Le technicien : Je te laisse ma douce Ania si tu me promets que ce soir nous partons loin de ce théâtre

Ania une fille : Tu veux que nous partions ce soir mon chère Iany

Ian Le technicien : Oui ma chère Ania, je n'en peux plus de me cacher toujours me cacher.

Ania une fille : Réponds moi mon chère Iany tu veux que nous partions ce soir ?

Ian Le technicien : Je veux me promener main dans la main, je veux te serrer sans que tu aies peur, je veux du soir au matin pouvoir te contempler sans redouter que quelqu'un transperce mon regard ou ma pensée ; je veux être loin de ce théâtre, je veux être près de toi, tout près de toi ma belle Ania

Ania une fille : Que tes mots sont doux mon beau Iany, je veux être à toi, partir avec toi, t'embrasser quand tu le veux, embrasse moi mon beau Iany ! Iany, mon beau Iany, embrasse moi...

Ian Le technicien : Ania, laisse moi, tu sais bien que je ne peux pas !

Ania une fille : Iany mon doux Iany, je te dis embrasse moi !

Ian Le technicien : Ania ma petite Ania, moi je te dis que je ne peux pas

Ania une fille: Iany mon chèr Iany, dis moi pourquoi tu ne peux pas ? Iany mon vilain Iany dis plutôt que tu ne veux pas...

Ian Le technicien Non, si je te dis que je ne peux pas, c'est parce que je ne peux pas ! Ania ma belle Ania, tu es toute maquillée, tu le sais bien que je ne peux pas t'embrasser !

Ania un fille : Dis plutôt que tu ne veux pas ? Tu ne m'aimes plus ?

Ian le technicien : Ne dis pas de bêtise, ton père verrait ma bouche barbouillée et mon cœur au bord des yeux

Ania une fille : Ta bouche barbouillée, qu'est-ce là Iany mon tendre Iany ? Tu as peur de lui ?

Ian le technicien : Je ne dis pas ça !

Ania une fille : Tu ne dis pas ça mais tu le pense !

Ian le technicien : Tu veux que je t'embrasse ?

Ania une fille : Je veux que tu m'embrasse

Ian le technicien : Alors viens ici que je t'embrasse ! (elle s'approche) plus près, viens plus près (elle s'approche encore, il va pour l'embrasser mais au dernier moment sursaute et fait trois pas en arrière)



Entre M. Grizbatoruc . Il regarde Ian et Ania puis se lance dans son monologue comme si de rien n'était, il entreprend le public, joue des exclamations, cabotin, il sur joue les mots pendant qu'il commence à parler Ian sort à cour et Ania veut sortir à jardin quand son père l'arrête...



M. Grizbatoruc : Ma fille, ah ma fille Ania. Première demoiselle du Théâtre Moderne de Karloviestlav, Ania ma chère Ania as-tu salué notre public ?

Ania une fille : Heu, à vrai dire Dady, je viens juste d'arriver et de plus...

M. Grizbatoruc (il la coupe vraisemblablement gêné par sa réponse) : Ania ma chère Ania ne t'ai je pas appris la politesse (puis tout bas à sa fille) Maudite tu sais bien que notre politesse et notre gentillesse sont nos seules sources de richesse !

Ania la fille : Mais Dady, je venais d'arriver et je te jure...

M. Grizbatoruc : Ne jure pas ma fille (puis se tournant vers les spectateurs) Monsieur Madame, je vous présente Ania, dis bonjour Ania

Ania une fille : bonjour

(un temps, M. Grizbatoruc attend mais ne voyant rien venir, il reprend)

M. Grizbatoruc (d'abord à lui même): Ah les imbéciles, à les dégénérés ! Suis-je leur père ? Qu'ai-je donc fait ? Ai-je mérité une famille telle celle la (puis il se reprend et s'adressant au public il continue) Monsieur, Madame, enfants et spectateurs, regardez cette fille belle et fluette, c'est une grande parmi les grandes (pour lui même) maudite, ma langue brule (puis au public) élevée au lait d'une grande famille de marionnettiste, pour ne pas dire la plus grande, elle a très tôt montré ses talents et depuis avançant dans son art elle conquiert les sommets. Aujourd'hui les anciens l'envient. Aujourd'hui Monsieur Madame vous allez découvrir les numéro exceptionnels d'Ania. (se tournant vers sa fille) Dis bonjour Ania !

Ania une fille (gênée) : Bonjour (un temps., elle cherche ses mots) Bonjour (un temps pendant lequel elle se tord les mimines puis reprend) bonjour

M. Grizbatoruc (il la coupe) : Monsieur Madame, Enfants et animaux, regardez la, elle est petite mais elle est grande. Madame, Monsieur, écoutez la, elle ne sait pas parler mais elle invente une nouvelle poésie du geste. C'est en 1942, au camp de Terrezin, dans une campagne désolé, qu'un jour noir et sombre nous surprîmes Ania jouant avec des serpents. Elle les manipulait, oui, Ania enfant de 7 ans manipulait les serpents comme nous, faiseurs de rêves manipulons le bois. Depuis ce jour, Ania est la plus grande manipulatrice d'objets animaux que la terre ait vue, Monsieur Madame, Madame, Monsieur, je vous demande d'accueillir Ania dans son numéro le charme des serpents. (il se tourne vers sa fille et tout bas) que fais-tu là maudite, pourquoi n'as-tu pas déjà mis en place tes boites et objets ? (elle ne répond pas, reste là, interloquée, vraisemblablement apeurée) Allez, vas maintenant, le spectacle n'attend pas! (elle sort, il continue pour lui même) Et tu verras ce soir de que bois est fait ton père (il se souvient de la présence du public, se tourne vers lui, se tord les mains et reprend) Le numéro prend quelque retard suite à un problème technique, mais, monsieur, madame, ne vous inquiétez pas, vous allez en avoir pour votre argent, foi de Grizbatoruc (il se tourne vers la coulisse cour et crie) On enchaîne, musique, musique des serpents c'est l'heur d'Ania qui commence ! (un air de flûte enfantin sort des hauts parleurs, M. Grizbatoruc recule pas à pas vers la coulisse, fait une dernière révérence et sort).

Le rideau du castelet s'ouvre laissant apparaitre Ania. Elle semble très lointaine, elle tient un sac de toile dans la main droite. Fermé par une corde épaisse, le sac est presque aussi gros que la jeune fille. De sa main gauche elle ouvre le sac puis fait un pas en arrière, elle articule un mot inaudible avec ses lèvres. Aucun son ne sort de sa bouche. Du sac entrouvert sort un serpent qui grimpant vers …./ à développer, à trouver... Le numéro se fini par Ania mordu ? L'ambulance et les ambulanciers ? Le technicien mordu ? On verra ça plus tard... Le rideau du castelet se ferme.


Par Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et Une Vies - Publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Samedi 7 février 2009
Un nouveau rendez-vous en ligne... Micro Cassandre petite soeur numérique de Cassandre est née en février... allez visiter, réagir, participer... Ci-dessous les premiers mots de NR...

Un nouveau rendez-vous ouvert à tous, avec exigence

Vous avez peut-être connu l’aventure particulière de MicroCassandre, l’impertinente petite sœur numérMicroCassandre n°22ique  de la revue papier Cassandre/Horschamp. Ce samizdat électronique et irrégulomadaire qu’on pouvait aussi imprimer permettait de réagir plus vivement sur des questions où se croisent les trois champs qui nous préoccupent depuis nos débuts (et selon nous ne devraient jamais être séparés) : l’art, la culture, la société.

Le talent et la sagacité de Valérie de Saint-Do et de Samuel Wahl en ont fait un petit objet utile, insolent, drôle, qui nous a permis d’agir sur deux temporalités et deux fronts distincts : l’analyse de fond dans la revue, les informations à chaud et les humeurs vives dans MicroCassandre. Ces deux niveaux, celui de la réaction à l’actualité et celui de la réflexion, sont indispensables à qui veut comprendre son temps au-delà des apparences. Mais les temps s’accélèrent dangereusement. Si la réflexion et l’analyse doivent conserver leur temporalité propre, les informations doivent aussi circuler plus vite. Lire la suite

 

Micro Cassandre, la revue en ligne, c'est ici

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Mercredi 31 décembre 2008
L'année se termine, l'année recommence. Mes mots se sont faits rares, mais ne me reprochez pas mon silence vous qui lisez en silence. Je sais, ce lieu est anonyme, on y vient, on y lit, on en repart doigt sur la bouche, tout doucement. Parfois je regrette votre silence. Parfois je voudrais converser avec ceux qui lisent et qui se taisent mais, en aurais-je le temps, pourrais-je assumer cette présence virtuelle ? ? ?
L'année se termine et, marionnettes et bureaux rangés, nous avons posé une semaine de congé. Rangé les dernières paperasses, rangés les aciers, rangés les velours, rangés  les bancs et les lumières, rangés... Fermée la porte du bureau, éloignant mes pas de la rue de l'arbrisseau, nous reprenons le 5 janvier et les premières semaines s'annoncent "au pas de course". Rendez-vous et chantiers de création, ateliers et constructions de tournée d'été, animations de rencontres et de formations diverses, nous n'aurons pas une minute pour nous poser.
Je l'ai peut-être déjà écrit mais s'approche le moment de vérité, le moment clé, "ça passe ou ça casse". L'année 2009 s'annonce corsée !
Sur la base des expériences menées depuis 1998 (10 ans !!) , j'ai écrit un plan de développement sur 4 ans, déposé des dossiers et maintenant, jusque février, nous allons attendre les réponses des partenaires de ce développement.
En somme dans un an, à la fin de l'année 2009 nous saurons qui nous sommes et avec qui nous le devenons. Vacances, pour l'heure il s'agit de se reposer, et si je n'arrive pas à me déconnecter, je sais que le changement d'air fait du bien (la méditerranée...).
Mais en cette fin d'année, nous ne devons pas oublier !! Si l'époque est sombre, il nous faut chercher la lumière au plus près ; si l'époque est sombre nous devons être la flamme et la chandelle. Si l'époque est sombre, nous ne devons pas abandonner.
Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et Une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant
Par Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et Une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant - Publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Mardi 2 décembre 2008
Madame, Monsieur, lecteur,
La Cie Les Mille et une Vies
recherche un secretariat de production (poste temps partiel CAE)...
Ci dessous vous trouverez copie de l'annonce ANPE
Dans le cadre de ce poste en CAE nous souhaitons utiliser la formation continue pour  tenter d'intégrer durablement...
Pour info : Nos bureaux sont dans un quartier difficile (âme sensible s'abstenir)
Fabrice Levy-Hadida
Cie Les Mille et une Vies
BP 70342
59020 LILLE CEDEX



OFFRE NO : 578754U
(CAE) CONTRAT ACCOMPAGN. EMPLOI
ETABLISSEM ENT DE 1 OU 2 SALARIES      SECTEUR:AUTRE CREATION ARTISTIQUE    
RECHERCHE POUR UN CONTRAT A DUREE DETERMINEE     DE 06 MOIS
HORAIRES: 20H00 HEBDO
LIEU DE TRAVAIL :  59 LILLE
SECRETAIRE DE PRODUCTION (SPECTACLES) H/F
PRODUCTION/DIFFUSION SPECTACLES DE MARIONNETTES CONTEMPORAINS. ASSURE
SECRETARIAT, STANDARD, COURRIER, ORGANISATION ADMINISTRATIVE ET COMPTABILITE (ACHATS, RELATIONS FOURNISSEURS, ETAT DES RECETTES, APPELS A COTISATIONS, PAIEMENTS...) CONNAISSANCE ENVIRONNEMENT SOCIAL SPECTACLE
FORMATION : NIV. 5 (CAP, BEP)  S. A. COMPTA  SOUHAITE
CONNAISSANCES: PRATIQ. TRAIT.TEXTES EXIGE
PRATIQUE COMPTABLE   SOUHAITE
EXPERIENCE SOUHAITEE DE 02 ANS ADMINISTRATIVE, COMPTABLE, SOCIALE  
SALAIRE MENSUEL  DE      755 E            SELON GRILLE SYNDEAC (TAM) INDICATIF                                
ENVOYER VOTRE CV PAR MAIL  ET LETTRE DE MOTIVATION            
 
ASSOCIATION LES MILLE ET UNE VIES                            
 MAIL: lesmilleetunevies@wanadoo.fr

La Cie Les Mille et une Vies prépare sa carte de voeux
que pensez vous de la pré-illustration de Fredéric Levy-Hadida (tiens, ce nom me dit quelque chose)...




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Vendredi 28 novembre 2008

Papier écrit il y a quelques jours, je ne l'ai pas mis en ligne, doutant de sa capacité à faire sentir les gris entre noir et blanc. Aujourd'hui j'essaie et demain, peut-être reviendrais-je sur mon avis et le mettrais-je à la corbeille. Photos retravaillées pour illustrer. Pas de voitures brulées , j'en ai assez. Quelques nouvelles du silence, avant que décembre déroule son fil. A ce moment, pris dans les affaires courantes, entre écriture et gestion, je délaisserai peut-être cette chronique. Vous vous souvenez, je l'ai déjà écrit ici, notre équipe a posé bureaux, atelier et stockage dans un quartier dit «difficile». Je vous ai souvent raconté les déboires de la boite aux lettres ; battues et rebattues, porte régulièrement défoncée ; dernièrement n'en pouvant plus, inquiet du chemin de moins en moins sécurisé que parcouraient lettres et autres courriers j'ai ouvert une boite postale. Il y a quelques jours, arrivant au bureau nous trouvâmes le mur nu de notre vieille boite aux lettres. En acier, soigneusement arrachée, la boite telle un œuvre pliée, était délicatement posée devant notre porte. Début novembre nous avons intégré un nouveau salarié. Nouvelle salariée pour être plus exact, et par ses yeux, je redécouvre le quartier dans lequel nous sommes installés depuis plus de 3 ans. Ancien commissariat de quartier, nos locaux comportent une partie bureau et une autre atelier. Ces locaux petits mesurent environ 60M2 ; avec le temps nous les avons rendu confortables. Petits, il seront bientôt trop petits, et notre équipe, quand nous voudrons l'agrandir, sera à l'étroit. En 2009 nous espérons pouvoir intégrer deux nouvelles personnes, mais pour l'instant le loyer modéré, m'empêche d'envisager sereinement le déménagement.

Pourtant, installés en 2005, dans des locaux abandonnés quelques mois plus tôt par les policiers, nous n'avons jamais eu de problème avec le quartier ni ses habitants. C'est plutôt avec bienveillance que nous avons été accueillis. Quand nous avons sorti le castelet, quand nous avons occupé le square de l'épi de Soil ou la plaine de l'arbrisseau, quand nous avons ouvert nos portes, c'est avec chaleur qu'on nous a remercié. Quand nous avons éloignés nos activités, c'est avec régularité que les enfants sont venus nous demander si nous recommencions, quand nous recommencions ? Pour nous, dans ce quartier «difficile» la vie a été somme toute « facile ».

Entourés de barres hautes, nos locaux font partie de la cité de la briqueterie, et les jours et les nuits n'y sont pas faciles à vivre. Les habitants que nous croisons sont devenus nos voisins. Souvent ils nous reconnaissent et avec certains nous échangeons quelques phrases. Beaucoup de nos voisins travaillent et ont des vies de famille mais d'autres, nombreux apparemment semblent malheureusement exclus de la vie active. Dans ce quartier, les travailleurs de l'ombre sont apparus. Mon regard avec le temps s'est habitué à glisser et à ne plus voir certaines choses. C'est parce que nous intégrons une collaboratrice que ma conscience en vient à ré interroger mon regard. Salariée intégrée le 3 novembre, mi novembre, elle nous avoue qu'elle a du mal à envisager travailler seule dans ce quartier, dans notre bureau où elle se sent trop peu sécurisée. L'aventure s'arrête là pour elle, nous cherchons un nouveau missionnaire. Dans quel monde vivons nous ? Un monde qui ne voit pas qu'en son sein, repose une misère dont il faut bien reconnaître qu'elle est inadmissible. Un pays riche en faillite qui abandonne ses habitants les plus pauvres, voilà le sentiment qui m' habite quand je vois certains de ces enfants délaissés, ces ballets nocturnes, cette misère.

Travaillant dans ce sous-quartier , le Sud du Sud (Lille-Sud), nous nous sommes contre toute raison habitués aux vies brisées que nous croisons au quotidien. La misère sociale, en hiver est plus frappante, et si tous les habitants ne s'y livrent pas, l'économie parallèle et la débrouille (pour finir des mois difficiles dès le 1er du mois) semblent faire nids douillets de ces conditions de vie. La nuit tombée, une fois les familles enfermées dans leurs appartements commencent alors ballets de voitures et de silhouettes qui encombrent les 500 mètres de la rue. La nuit la rue donne le sentiment d'être abandonnée de tous et il n'est pas rare après une représentation, déchargeant le camion, que nos phares éclairent les frêles silhouettes encapuchonnées qui assument la vente à la dérobée de produits interdits et stupéfiants.

Ils sont de plus en plus jeunes, ceux qui prenant le chemin de l'école buissonnière, semblent rejoindre le terrain de l'inactivité ou les rangs des armées de l'ombre ; guetteurs et souris, jouant avec le chat policier qui ne pointe que rarement ses moustaches et qui, se comportant comme dans les ghettos, opère en rafle tant il est décrié, mal aimé et même visé avec des projectiles de fortune. Si comme le disait un Ministre de l' Intérieur, la tâche de la Police n'est pas de jouer en rugby avec les jeunes, pour autant je n'arrive pas à être convaincu qu'on réussira à se défaire de la misère sociale en transformant le policier en bras armé mettant en état d' hors jeu tous les enfants que la médiocrité des moyens accordés aux quartiers, laissent sur le côté. Même en enfer, un enfant n'est qu'un enfant.


L'enfer est chaud, l'enfer est feu et dans cette rue, dans ce quartier, le matin venu, il est fréquent que les camions d'enlèvements d'épaves fassent leur travail. Pas une semaine sans que nous les croisions, ces camions chargés d'enlever voitures abandonnées et autres carcasses brulées et à ce moment, je ne peux m'empêcher de penser que dans les statistiques ce quartier doit tenir le haut du pavé.

Le Sud du quartier de Lille-Sud est promis, à une transformation et à une réorganisation et déjà architectes et paysagistes sous l'autorité des élus ont tiré les premiers plans de ces modifications. Ces dernières semaines, j'ai assisté à des réunions, organisées par la Ville de Lille qui définissent les contours de ces transformations. Assis dans les salles, écoutant les projets, je me suis demandé comment le projet réussira à transformer le quartier ; comment la paix sociale remplacera la misère ; comment le projet composera avec certains des occupants du quartier ?

Mais lorsque je croise et j'entends ce que me disent instituteurs, professeurs et quelques rares survivants des services publics, j'ai l'impression que délaissés, ils se sentent maintenant aussi pauvres que ceux auprès desquels ils doivent travailler. Si au centre du quartier, les locaux sont rénovés que les moyens parviennent à réduire la fracture, pour les écoles situées au Sud du Sud, le sentiment général est l'abandon et que les moyens octroyés ne sont pas à la hauteur de la tâche et des besoins. L'école ne peut tout et, la vie sociale dans ses quartiers manque de lieux et d'acteurs. Des entreprises installées angle rue de l'arbrisseau et rue de Cannes, dans une sorte de petite zone industrielle avait un parking ouvert sur les deux rues, il y a quelques semaines, empruntant le parking par la rue de Cannes, je me trouvais en arrivant coté rue de l'Arbrisseau face à une grille cadenassée. Les structures installées là ont du en avoir assez des difficultés quotidiennes, alors elles ont fermées l'accès.

Vendredi en 15, alors que je travaillais à mes dossiers, un appel téléphoniques me tira de mes constructions prévisionnelles et me ramena à ce sud du sud. Un enseignante de l'école Wagner, située à deux pas de nos locaux me demandait si nous pouvions nous voir, pour imaginer un projet. Après lui avoir débité mon laïus sur nos rapports avec la Ville de Lille et, le choix que nous avons fait lorsque nous sommes aperçus qu'elle nous entretenait dans la misère d'en éloigner nos actions, nous échangeâmes, plus humainement nos points de vue. Enseignante et artiste, tous deux plongés dans une misère que nous ne comprenons pas, que nous voulons combattre. Alors, oui pour l'instant installés dans ce quartier, nous allons essayer avec d'autres acteurs de proposer, à la hauteur de nos moyens des actions qui réduisent la fracture. Mais nous n'irons pas très loin et cela ne suffira pas de plus, un jour viendra ou il nous faudra partir et cela sera un acteur de moins sur le quartier et, quelques soient les explications que peuvent me donner élus ou techniciens, je ne comprends pas que certaines partie de la Ville (Lille ville décrétée de la solidarité) ,  de la France et que certaines de ses populations soient laissées dans un tel état d'abandon et de misère. La France n'est-elle pas un pays développé ?

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Samedi 8 novembre 2008

Recommencer, il me faudrait recommencer. Plus rapidement que ce que j'aurais pu imaginer, j'ai perdu l'habitude de raconter, de tenir chronique. Ah ! Notre quotidien ça s'est passé simplement, s'est transformé ; un jour j'étais perdu dans les multiples histoires à raconter, sans savoir sur quel fil tirer, j'ai tourné le dos et je m'en suis allé, j'ai avancé, me fiant à mon instinct (d'autres diraient mon nez), j'ai erré sur d'autres chemins. J'aurais pu, ici ou là revenir mais, petit à petit ce désengagement a permis d'autres engagements. Qui m'ont pris du temps. Engagements, sur lesquels j'ai concentré mon attention. Recruter, construire, écrire, produire... et j'en oublie.

Espace de blog, intimes pensées données à lire je ne voulais pas t'oublier.

Jour après jour, voir la boite aux lettres à la porte défoncée et le dire.

Instant après instant se poser la question de ce que nous sommes et l'écrire.

Heure après heure se battre pour exister et le crier.

Mois après mois, construisant notre histoire, nous assurons notre avenir.

Année après année, le temps passe plus vite que ce qu'on voudrait.

Mon projet artistique, avec le temps est devenu un projet d'entreprise. Un projet d'entreprise qui permet à d'autres que moi de vivre, de grandir, de prendre plaisir. Presque fini d'écrire mon Business plan, plan de développement 2009-2012, 2012-2020. Jamais avant ... Penser que cela arriverait !

Je vois les jours, je pense les nuits, cet espace n'est pas silencieux. Pas toujours. Pas aujourd'hui. Alors, quelques mots, une photographie, l'engagement de revenir vite et vite, retourner au silence dans un monde où chacun tente désespérément d'attraper le micro. Si dehors j'organise les pensées, quand j'arrive ici, c'est plein de fatigue et de rancune, de fiel et de miel. C'est cela que j'aime ici, alors, ne m'en voulez pas pour le silence... Vous le lisez, mot après mot je présente mes contradictions, je lance mes coups de cœur. Journal ou chronique, le blog c'est pas demain que ça ferme. Même si le rythme d'écriture est moins soutenu qu'en d'autres temps, ce lieu continue son aventure. Je reviens, chut...


Fabrice Levy-Hadida
Cie Les Mille et une Vies
Théâtre de Marionnettes itinérant
Photo : premières image des Grizbatoruc, une famille de marionnettes
Par Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et Une Vies - Publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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