• : Marionnettes en Prison
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  • : La "Cie Les Mille et une Vies" a été créé à Lille (59) en 1998. En 2006, autour des interventions qu'elle menait dans 2 Maisons d'Arrêt, la Cie a ouvert ce journal de bord. Avec le temps ce blog s'est ouvert à l'ensemble des activités de la Cie et est devenu le journal (presque intime) du Théâtre de Marionnettes Itinérant. Dans ce lieu nous pouvons vous raconter nos spectacles et ateliers, les joies et les déboires d'une Cie Contemporaine et des ses artistes permanents.

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Nouvelles d'une Cie
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ACTIONS ARTISTIQUES
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            A la rentrée scolaire 2010-2011,

            nous avons repris L'exploration
                Marionnettique
            Au Collège Chatelet de Douai
            tous les lundi de 13H30 à 15H30
     
           Un projet pluri annuel qui bénéficie
           du soutien DRAC et DDASS



 

 












              

RENS : Les Mille et une Vies
Avec le soutien DRAC - ACSE -
CONSEIL REGIONAL NPDC
DEPARTEMENT DU PAS DE CALAIS


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CREATION 2011
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            En 2011, nous continuons notre re-
            cherche autour des Grizbatoruc une
            famille de marionnettiste dans le cadre
            de notre partenariat avec
            l'agglommération Artois Comm.
            Nous mettrons bientôt en ligne des
            informations sur le projet 2011 ;
                à suivre....


      
      
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DIFFUSION
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            Bientôt sur le site
            Vous trouverez en
           le programme 2011
                de La
marionnette près d'chez vous"
          
     
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VIDEO
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  • Les vidéos de blalar sur Dailymotion   

 
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RENSEIGNEMENTS
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         Cie Les Mille et Une Vies
            Théâtre de Marionnettes Itinérant
            Licence d'entrepreneur n°2-1001686
            BP 70342
            59020 LILLE CEDEX
        
         TEL : 03 20 88 44 78
           FAX : 03 20 88 45 69


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est un problème majeur,

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et, particulièrement, de la notion

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l’indique, chacun pense, écrit

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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 15:06

Pendant que nous finalisons notrVlad-Youri Grizbatoruce calendrier d'été (cela fera l'objet d'un prochain article) et alors que sur leurs pages facebook, nos personnages se chamaillent, voici un dernier texte écrit par Yann Stenven professeur d'Arts Plastique du Collège-Lycée Chatelet à Douai. Merci à lui pour ces regards... sur notre travail

Vladimir, le temps du secret.

Depuis quelques instants, le castelet s'agite de la présence des personnages que depuis plusieurs minutes, le public accompagne, au fil du « dernier spectacle des Grizbatoruc ». La tension est palpable, l'agitation aussi dans cet avant-spectacle. Chacun doit se préparer, se maquiller sauf si l'heure du refus arrive.

Une première distorsion temporelle opère devant et avec la complicité du public puisque la réalité spectaculaire est bel et bien commencée. Le spectateur est pris dans le récit qui le mène dans l'avant-spectacle, sans savoir si ce qui se joue est le dernier spectacle des Grizbatoruc ou son annonce. L’ambiguïté du titre se révèle. Le dernier spectacle des Grizbatoruc est-il celui que l'on voit ou celui dont on nous promet la venue, le commencement mais que l'on ne verra pas ? La mise en spectacle sera donc le temps de révélation et de rupture de cette famille théâtrale qui n'est plus.

Un parallèle mental agite les silhouettes des « Ménines » prises aux regards des spectateurs, et l'énigme que pose la scène. Devant l'œuvre, la question n'est pas de savoir qui se reflète au miroir comme il ne l'est pas de savoir ce qui est vrai du spectacle face au castelet mais de connaître ce que peint Vélasquez à la surface de la toile.

La toile, de dos, est-elle le portrait en couple du roi et de la reine ? Ou le tableau même des « Ménines » ?

De même, le dernier spectacle des Grizbatoruc est-il une forme cadrée qui doit se donner ou le spectacle de ce groupe, de cette famille qui se révolte, qui comme le veut la formule familière, se donne en spectacle ?

D'évidence, le spectacle est celui de la rupture, de la déchirure comme il est évident que ce que l'on admire de l'œuvre de Vélasquez sont bien les « Ménines » et non l'hypothèse de son tableau de dos.

Par ce pas d'écart, le public est mis d'emblée devant le fait que ce qu'on lui énonce est feint. D'emblée, le public ne peut adhérer au propos de Vladimir : son discours est et sera vain. Du moins, le doute s'insuffle. Vladimir n'est pas ou non uniquement ce qu'il dit être au public.

Il revient, alors, à l'auteur de prêter voix à l'un de ses personnages, de fait, à Maricia pour chuchoter un éclaircissement. La voix basse marque la confidence, le sceau du secret mais souligne la crainte qu'inspire Vladimir, bien qu'il soit assoupi, ce qui conforte sa position de tyran.

La révélation du secret inverse alors, à nouveau, la temporalité du spectacle et celle du spectateur. D'un coup, le discours évoque, éclaire un fait que le public ignore et qui, n'en étant pas témoin, le positionne dans le passé.

Dans la tradition théâtrale, dont est issue pour partie la marionnette, l'auteur aurait engagé Maricia dans un long aparté, un long monologue avec le public. Une tirade qui évoque le passé, dans le respect de la règle des trois unités, d'action, de lieu et de temps.

Le respect de l'unité d'action serait dans la logique narrative de la confidence de Maricia. Elle est utile à la compréhension de ce qui se déroule sous les yeux du public. Le lieu resterait celui des coulisses du spectacle, Maricia se tenant dans le lieu initial du récit.

Unité de temps, quand bien même si le secret relève du passé, son dévoilement serait celui du présent de son énonciation, de la scène.

Mais le décalage avec le respect classique de l'unité vient de la liberté prise par l'auteur de contourner, de fléchir par la modernité de ses héritages, métissages. Le monologue se fait non en évoquant des images mais en faisant images. Dès lors, le propos de Maricia s'image, donne à voir et la règle s'étiole .

Maricia et son ombreL'unité de lieu est rompue puisque les images produites par le théâtre d'ombre dépayse : ce n'est plus le lieu géographique de la représentation mais Karlovieztlav, ce ne sont plus les coulisses mais la maison des Grizbatoruc et ses alentours. Le spectateur passe de l'intérieur à l'extérieur selon une mise à distance utile pour rendre témoin du passé. Le spectateur prend la place de celui qui voit, a vu. Autrement dit, le spectateur est sur-témoin car le témoin des événements est Vladimir. Vladimir, lui même, caché, à distance, et en position d'observateur. Le public est embusqué, « rétrospectivement » derrière Vladimir et voit la même scène, et dans son positionnement a connaissance des attitudes et gestes de Vladimir. Sans quitter son banc, le spectateur est dans un autre espace.

L'unité d'action se dédouble, elle se « ventriloque » puisque Maricia parle, livre tout en énonçant des faits se déroulant dans le passé. Maricia se fait la voix de ces personnages qui s'animent à l'écran comme à la paroi. Dans la caverne qu'est le castelet, les ombres oscillent au chuchotement du récit de Maricia.

Enfin, le temps, malgré le monologue en direct de Maricia, implose par l'image, l'unité du temps du théâtre classique. Le spectateur assiste à la divulgation d'un secret tout en se projetant dans un retour en arrière, qui, simulé par le théâtre d'ombre, relève toutefois davantage d'un flash-back, et donc du cinéma plus que du théâtre.

L'auteur transgresse la règle par l'originalité de s'abstraire de sa tradition, de l'histoire de son art. La marionnette à gaine ou le théâtre d'ombres ne connaissent pas le passé.

L'invention majeur de ce passage, son traitement est un acte fort d'écriture et de création. Le théâtre de marionnette, la manipulation peuvent le passé pour donner les clefs du présent.

Le présent s' « interrompt » pour mener le public dans le passé de Vladimir, plaçant le spectateur dans une narration cinématographique et physiquement dans le même rapport à l'écran de théâtre d'ombre qu'à celui de cinéma. L'aparté au public se fait par l'image mais avec la voix et présence in de Maricia.

Voici donc, le public face aux ombres qui se découpent à la toile. Le regard se concentre, se laisse prendre par le récit. Pourtant, un choix plastique vient d'opérer et va contribuer à faire basculer le spectateur de l'adhésion à l'empathie pour Vladimir et son vécu. Les silhouettes qui s'animent sont de contours humains. Elles ne sont pas celles des personnages, marionnettes que le spectateur accompagne depuis l'ouverture du spectacle. Le transfert permet une identification plus forte du public aux personnes évoquées et mobilise dans la mémoire collective bien d'autres images en connections historiques et émotionnelles. Cette articulation mentale du récit à l'historique, du récit à la grande histoire comme on dit, met en tensions le particularisme du vécu de la famille des Grizbatoruc.

Le flash-back sert le récit, la partie pour le tout, tout en paradoxalement élargissant à un vécu universel : «  en ce temps là, le monde était malade. » L'esprit du spectateur établit le lien avec le non-dit universel de la guerre, de la déportation voire d'un génocide. L'auteur a fait le choix de ne pas forcer le trait. Vladimir n'est pas enfant lors des événements racontés, ce qui évite un doublement d'empathie inutile. Il n'y a pas de date, de pays nommé, ni de bourreaux désignés.

Les soldats sont des silhouettes repérées dans leur fonction militaire mais non leur armée. La silhouette du costume ne fait pas l'uniforme. Ce comme dans la toile « Tres de Mayo » de Francisco de Goya, où le peloton d'exécution est sombre, compact, menaçant. Il est en opposition avec le groupe des victimes mis en lumière, ayant traits et visages là où la soldatesque n'est que masse. L'anonymat du groupe militaire confère à l'universel de l'acte de barbarie. L'anonymat des militaires arrêtant la famille des Grizbatoruc font des Grizbatoruc les victimes possibles d'une déportation, d'un génocide tel que peut les générer n'importe quelle dictature rendant « le monde malade », n'importe quelle dictature d'hier et d'aujourd'hui.

Le flash-back permet au public de découvrir le passé de Vladimir, de l'infléchir par compassion, sympathie pour lui. Momentanément. Le flash-back achevé, la sortie du théâtre d'ombre comme de la salle de cinéma reconnecte à la réalité, celle d'une troupe d'artistes en coulisses, avant le levé de rideau mais au bord de la rupture, de dénoncer Vladimir comme tyran. Il faudra deux autres créations à cette trilogie pour permettre de comprendre pourquoi on en arrive là.

L'auteur accomplit là, un dernier contre saut temporel en signifiant que le spectacle annoncé le dernier n'est que le premier, que plus qu'à la fin le public est au début de l'histoire.

Les deux autres opus placent le spectateur dans un flash-back tacite au regard de ce premier contact avec les Grizbatoruc, Vladimir et la troupe. Qui est réellement qui ? Vladimir reste en suspend, entre deux sentiments : la sympathie et l'inquiétude, voire le rejet. Ce qui confère, à ce personnage, la complexité de sa personne.

 

Par Cie Les Mille et Une Vies - Publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 17:37

Zette2-paysage-.jpgPour continuer la découverte de nos personnages un deuxième texte de Yann Stenven

Zette comme personne.

Scène zéro : originalité d'écriture de repère dans le livret, le texte de Zette. Le point d'ouverture de la pièce est un point initial, un point de départ normé zéro. Etre à zéro, c'est être au plus bas, être zéro ce n'est pas compter.

Or, Zette, bien que parlant, compte mieux qu'elle n'épelle le verbe jouer, elle aime les nombres. Zette part du zéro pour devenir une, une individualité.

Zette devient par la rébellion_ « Non, non et non » : elle refuse d'exécuter la routine du quotidien qui l'use. Habileté d'écriture : dès la première réplique Zette conquiert le public. Les enfants plus jeunes sont conquis par son opposition à la mère, les élèves par le rejet des devoirs, les adultes par le constat amère du métro, boulot,dodo.

Ainsi dès la première réplique, Zette n'est plus seule. Elle sera accompagnée par le public sur l'ensemble de son parcours. Et elle a besoin de ce compagnon de voyage qui, en ce point zéro, constate ce qu'elle est ou n'est pas encore, elle a besoin d'un compagnon qui saura, tout à l'heure, mesurer l'écart, le zéro plus.  

Si après une absence à la chambre, Zette revient à la conscience de la pièce, il n'y a pas de retour à zéro. Le zéro quand on le quitte, on s'en éloigne pour ne pas y revenir. Le retour au zéro n'existe pas, même dans le sentiment d'y revenir ou d'échouer : le pointage du zéro est erroné, désormais du temps s'est écoulé. La violence de l'échec est dans le temps perdu. Zette le sait, le dit. Elle compte les pétales de marguerites, des boulons, des perles. Elle veut exister dans la durée en s'éloignant de son départ de décompte, et sa mère en l'appelant perturbe son cheminement numérique. La rupture pourrait contraindre Zette à reprendre au début mais elle prend garde de poursuivre même si elle doute « Voilà, j'ai perdu mon compte ! Quoi zette ? Non ! 212,213,214,215... ».

Zette veux durer, exister. Il lui faut apprendre que c'est par les mots, le verbe qu'elle pourra être. Pour la complice du public, l'interrompre dans son compte est la nier, la remettre en cause dans ce qu'elle est, la couper son élan à vivre _ « Elle me dérange, coupe mon élan et ne comprends pas que je ne sois pas contente. Est-ce que je n'existe pas ? (…) Zette n'est rien, c'est ça ? »

Zette, alors dans le flot de son discours de révolte, marque les étapes à franchir par une erreur puis une vérité. L'erreur dans son désir d'être quelque chose. Ce qu'en réalité, elle ne peut être puisque si Zette ne le mesure pas, elle existe par son prénom. Zette existe parce que sa mère la nomme. D'ailleurs, dans son retour à la chambre, Zette appréciera d'entendre la voix de sa mère la nommer, sauf qu'entre temps, notre petite compteuse aura compris qu'elle est quelqu'un : Zette.

Reste une vérité que pour être quelqu'un, il faut être humain. Seul l'humain peut être quelqu'un. Zette, dans la conscience de son auteur, reste une marionnette, un objet, quelque chose qui doit par la « magie » et le révélateur du spectacle devenir un être humain, une petite fille en qui le public croit. Sous ses yeux la petite fille en vient à naître non au monde mais à elle-même sous ses yeux. Zette l'annonce,_ « Oui, Madame, Zette est un être humain !... »

Zette compte, mesure le temps, elle égrène. Elle aime le décompte et non le calcul (elle refuse dans la première réplique d'apprendre les tables de multiplications.)

Ce goût des nombres laisse à Zette une coloration carrollienne. Elle ne croise certes pas de lapin Blanc, en redingote rouge, fixant sa montre en s'écriant _ « Je suis en retard ! En retard ! En retard ! » mais elle s'engage dès la scène d'ouverture sur un temps qui compte pour elle.

Zette, amatrice d'art, aimerait sans doute l'œuvre de Roman Opalka : l' artiste, depuis 1965 à sa mort en août 2011, n'a eu de cesse de peindre les nombres, les uns après les autres, pour prendre conscience de sa vie.

Zette ne tombe pas dans un terrier, elle dénie à l'Autre le droit de venir la voir, elle se nie pour mieux renaître - « Non et bien désormais, la porte de ma chambre t'es fermée, d'ailleurs je ne l'ouvrirai plus jamais, il n'y a plus de porte, il n'y a plus de chambre, il n'y a plus de Zette. »

Le public sait alors qu'il bascule avec Zette dans une autre réalité, il se doit de croire en elle pour qu'elle existe : _« Je ne serai Zette pour personne ni pour toi, ni pour moi... » Le public est le dépositaire de la personne de Zette.

Zette subit la punition tout en laissant croire et en se faisant croire qu'elle est maître de ses choix, tandis qu'elle s'abandonne certes en résistance. Zette interpelle sa mère, comme son créateur, dans une phrase que l'on pourrait croire biblique : _ « Mère sourde qui es-tu pour me demander d'être comme tu le veux ?» Dans un écho au jardin de Gethsémani : Matthieu, 26.39 _ « Mon père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. »

3-vieilles.jpg Un écho difforme et contraire parce que Zette ne se résout pas, interpelle mais les deux citations ont pour rôle d'annoncer le pas suivant pour l'un son arrestation par un baiser et pour l'une son absence au monde par l'invitation de s'accomplir en osant quitter la chambre, à la proposition de trois étranges personnages selon la version écrite.

Trois personnages, maîtres de l'individualité de Zette, qu'ils pourraient lui offrir sous forme de pelote. Ces Parques étranges poussent Zette à se mettre en chemin car il ne peut y avoir parcours si Zette reste inerte comme endormie. Elle doit parcourir son temps pour souhaiter recouvrer sa chambre et comprendre que sa mère qu'elle invective et condamne, l'aide à être ce qu'elle est et non ce qu'elle veut.

Zette fait le bon choix dans le « couloir aux portes nombreuses » , et tandis que « la voix d'on ne sait où » énonce la perte du deux _ « le un est là, il était trente et puis voilà, à toi de voir, à toi d'aller, si lui le veux, cherche bien tu le trouveras, il est passé par ici, tu l'entendras au six de la rue du chiffre ».

Zette n'écoute plus, elle entend son nom, elle se laisse nommer. Elle est dans sa chambre, et Zette passe de l'emploi du mot « Madame » au mot « Maman ».

On ne grandit qu'en s'éloignant de son point d'origine, toutefois sans jamais nier ses origines.

 

Retrouvez Zette sur Face debouc http://www.facebook.com/zette.milleetunevies

Par Cie Les Mille et Une Vies - Publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 19:18

En attendant l'été et alors que nous mettons la dernière touches à notre calendrier, je vous livre un texte "Germain Lenain, héros malgré lui" écrit par Yann Stenven - mai 2012

Ala découverte d'une représentation des Aventures de Germain Lenain, ce qui marque et séduit est la bonne humeur, l'énergie du public qui, à son insu mais dans une pleine et entière adhésion, devient sinon un « acteur complémentaire » un mur miroir sur lequel joue en rebonds les personnages mais surtout le maître du bal, le seigneur du castelet qu'est le marionnettiste qui interagit avec son public et parfois même ne lui épargne pas de petits coups de griffes.

Germain Lenain est un héritier en ligne directe du Guignol pour partie pour la technique et de Polichinelle pour le caractère.

Germain est une marionnette à gaine, c'est la main et l'avant-bras du marionnettiste qui lui donnent corps. L'avant-bras lui campe une colonne vertébrale et la main lui confère le maintien de la tête. Ses bras sont libres car à l'inverse de Guignol Germain à de la « gueule » et pas de bras.

Guignol moportraitgermain.jpgbilise les doigts de la main pour tenir la tête et constituer les bras tandis que Germain mobilise l'intégralité de la main de son manipulateur dans le tête pour la tenir de quatre doigts et permettre l'articulation de la mâchoire par le pouce. De sorte que Germain « l'ouvre », dit ce qu'il pense.

Germain conquiert la vraisemblance de son existence par la parole et non par le seul mouvement. Guignol qui n'articule pas, puisqu'il a la bouche peinte, est obligé de remuer, d'agir pour donner un sentiment de mouvement dans le cadre de la fenêtre. Lorsque Guignol ne bouge plus, il n'est guère qu' une poupée que l'on fait parler.

Germain même statique vit puisque même ses silences (pourtant, rares!) sont des instants de vie en contraste à son articulation explosive. Germain est un être du discours, non du mouvement et de l'action. Du reste, l'action, il ne la cherche pas. Guignol, lui, a besoin, tôt ou tard, de la bastonnade, des coups de tavelle (bâton) pour se sortir de la situation dans laquelle il est plus « va-t-en guerre » et a besoin de dégourdir ses bras.

Germain, s'il se retrouve au cœur de l'intrigue, dans l'obligation d'agir, il cherche par sa prestance oratoire à échapper à la nécessité d'accomplir l'exploit qu'on lui demande. Germain est un héros malgré lui, qui plus est, mû par son propre intérêt plus que par celui du groupe. Il agira pour l'effacement de sa dette davantage que pour sauver le monde.

Le non-volontarisme du personnage principal est du ressort de l'écriture et pousse le public à le soutenir dans sa mission, sa quête, même si Germain montre quelques traits de caractères pas toujours ou uniquement sympathiques.

portraitgaston.jpgEn effet, en cousin de Polichinelle, on devine Germain quelque peu roublard, prompt à embobiner son interlocuteur. Il s'y essaye avec Gaston. Gaston Legascon le faible mais riche, le prêteur, le banquier, on ne sait pas. Le marionnettiste/ auteur laisse le doute sur sa véritable fonction qui stigmatise notre monde capitaliste. Monde qui par l'argent espère même acheter le bravoure ou du moins rémunérer un autre pour faire le travail. Germain est débiteur de Gaston et ne semble pas pressé de rendre à ce dernier son dû. La menace de destruction du Monde par la sorcière Farfelue change la donne, au moment où Germain, un fois encore, a presque retourné la situation en sa faveur, le rendant populaire aux yeux du public car qui ne rêve pas de duper son patron, son banquier ou son professeur. Germain relève de la figure de rebelle pas totalement morale mais que l'on excuse parce qu'il a de l'audace et ne s'attaque qu'à Autre que soi. L'auteur invite le public à prendre ses distances avec Germain, il n'est pas un modèle. Germain est un héros par défaut, il accepte en contrepartie de l'annulation de sa dette, de s'opposer à la sorcière mais il n'ira pas uniquement avec ses propres armes, il lui faut les conseils du sorcier de la montagne. Face à la seule personne qui puisse l'aider, Germain moque le sorcier pour sa surdité.

sorciereetsorcier.jpgCe dernier lui offre pourtant le secret pour vaincre la sorcière. Le secret d'un baiser donné, d'un baiser pouvant sauver le monde. La sorcière Farfelue, si crainte, tomberait pour un baiser. Un baiser long et langoureux d'amour. La sorcière, violente, l'est par manque d'amour. Elle ne sait pas se faire aimer, s'éprendre et choisit la force, la haine. Mauvais chemin là encore, la sorcière, Germain et Gaston sont chacun dans l'impasse. Gaston perdu dans son avarice qui le coupe des autres, chacun étant son débiteur. Germain, lui, se piège à son éloquence verbale qui le mène toujours à la phrase de trop. La Farfelue est aux pièges de ses sentiments et profite de son pouvoir pour s'imposer à l'Autre, sans y parvenir, elle qui voudrait tant être aimée. Ce petit monde est bien « malade » et ressemble étrangement au nôtre par le prisme de nos envies et de nos insatisfactions.

Et le public ? dira-t-on ! Lui dont on a émis l'hypothèse, en début de page, qu'il était acteur tout autant que les marionnettes, où en est-il ? A l'image de ses compagnons de scène, tour à tour complice de l'un ou l'autre, ou dans la dénonciation de l'un ou l'autre, et surtout toujours très amusé quand l'un prend des coups même quand il s'agit du marionnettiste.

En effet, Germain se rebelle contre son marionnettiste et le frappe, le public apprécie et en redemande. Sauf que ce qui pourrait être impensable arrive : le marionnettiste se montre, s'échappe des velours du castelet pour s'adresser au public.

Posément le marionnettiste explique et met le public face à ses contradictions. Il se pose en révélateur d'un monde et non en victime, marque le recul, invite à réfléchir. Le public le comprend alors ou le comprend plus tard, le marionnettiste est le seul personnage positif et entier de cette histoire. Il est en réalité le sage qui raconte et met en tensions nos défauts dans un miroir pour nous réfléchir et faire réfléchir. Il est l'artiste, celui qui crée pour « conscientiser » le Monde même dans le rire, au travers d'une trame, d'un canevas qui appartient au conte , au dit et inventé par les hommes pour s'expliquer le Monde.

L'artiste est démiurge en son castelet, et un peu au-delà : dans les bancs du public. Il le montre et le prouve. En réduisant au silence le beau parleur, en étouffant dans un baiser sans fin la haineuse. L'histoire se dénoue non par les mots mais l'action. Elle s'accomplit dans un baiser. Un baiser réconciliateur ou d'amour ? Non, un baiser performance, car la force d'écriture pour l'auteur/ marionnettiste est de paraître à nouveau, à ce moment de l'histoire, pour manipuler le public en lui faisant croire que ce baiser est avant tout question de record, de chiffre à tenir.

L'artiste marque ici la limite en sa foi ou en ses pouvoirs d'interpeller, ou modifier le Monde. Il le peut, certes, le temps d'un baiser, le temps d'un spectacle en essayant de refléter ce qu'il voit, observe PIC_0279_jpg_0.jpg mais il reste à chacun à prendre le recul pour comprendre et entendre.

Oui, tout semble rentrer dans l'ordre, s'arranger, mais tout est-il résolu ? Le sorcier de la montagne même amoureux ou aimé n'est-il toujours pas sourd ?

La question qui reste en suspend, est, suffit-il dans la suspension de temps d'un baiser, d'entrevoir le vrai visage de notre monde pour vouloir et pouvoir le changer ?

Les aventures de Germain Lenain sont un chemin que nous prenons souvent mais comme tout être il nous faut beaucoup nous tromper pour découvrir.

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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 17:06

On ne l'ouvre plus très souvent en ces lieux...

Stage Suivi et accompagnement d’un projet de développement culturel territorial

 

CONTEXTE

Implantée à Lille en 1998, la Compagnie Les Mille et une Vies est une entreprise artistique de production et de diffusion de spectacles de marionnettes contemporains. La spécificité de cette structure créée sous une forme associative est de privilégier la création de spectacles en castelet qui, autonomes et légers partent à la rencontre du public dans les conditions les plus diverses (théâtres, réfectoires, jardins,…). Depuis 2009, la Cie développe sa présence sur le territoire de l’Artois (62). En 2012, dans le cadre du projet Marionnettes en Artois, elle met en œuvre des résidences-actions (rencontres, exposition interactive, diffusion, stage de manipulation…) qui permettent aux publics éloignés des lieux de diffusion traditionnels, de découvrir ses formes de créations contemporaines. Avec la mise en œuvre de ces actions la Cie veut établir un diagnostic de territoire sur les questions de culture de proximité…

 

OBJET DU STAGE / MISSIONS

Dans le cadre du projetMarionnettes en Artois – Résidence d’été 2012

À l’issue d’un temps de découverte du fonctionnement de la Cie et du projet Marionnettes en Artois, le-la stagiaire devra s’approprier l’ensemble des outils nécessaires au bon déroulement de l’action (outils de communication, médiation-sensibilisation des publics, outils administratifs,…).

Sous l’autorité de l’équipe salariée, le-la stagiaire pourra mettre en œuvre la stratégie de suivi de projet autour des axes suivant :

                              

·         Communication (traditionnelle et de proximité)

·         Médiation envers les publics du territoire

·         Questionnaires et outils diagnostic

·         Partenariat avec les acteurs de territoire

 

MOYEN

Le (la) stagiaire sera intégré(e) à l’équipe et bénéficiera des moyens de la structure et notamment de tous documents édités à usage interne (dossiers, rapports d’activité…) ou externe (dossier de presse, affiches, dépliants…). Il (elle) aura par ailleurs accès à nos bases de données, à nos postes informatiques (environnement PC) et en général à tous les outils nécessaires au bon déroulement de son stage en fonction des objectifs fixés

Le bureau de la Cie est situé au 26/2 Bd de Metz à Lille. Compte tenu de la mission, certains temps de stage se dérouleront sur le territoire du bruaysis et du béthunois.

 

EN PRATIQUE

2 mois du 06 juin au 07 août 2012

Durée hebdomadaire 30H semaine

Planning modulable

Compte tenu de la mission et des déplacements nécessaires à sa réalisation, un véhicule personnel est souhaitable [+ Indemnités kilométriques (si utilisation du véhicule personnel) et repas en fonction des déplacements réalisés dans le cadre du stage et calculées selon les usages et barèmes appliqués dans l’association.]

 

CONTACT - CANDIDATURE

Envoyer Lettre de motivation et CV

Fabrice Levy-Hadida– Chargé de projet

lesmilleetunevies(at)wanadoo.fr

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Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 13:54

2seullille0001.jpg

 

En cherchant un document dans mes nombreux dossiers, je retrouve le texte d'un arrêté de 1852. Cela me plonge dans des questionnements ; aujourd'hui 2012, ont-ils (les représentatns d'un pouvoir) encore besoin de faire passer des lois, des arrêtés pour que les acteurs du théâtre de marionnettes, et plus généralement les acteurs du spectacle vivant se taisent ? Les créateurs n'ont-ils pas intégrés la censure à leurs oeuvres ; les mots tabous, les mots qui fâchent où sont-ils aujourd'hui ?

Germain Lenain personnage - pour Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant -

 

Nous Préfet du Rhône,

Vu la loi du 19 juin 1851 relative à l'organisation de la Police dans les villes et communes de l'agglomération lyonnaise, ARRÊTONS:
Art. 1 er. À partir du jour du présent Arrêté et à l'avenir, toutes les personnes tenant des établissements désignés sous les noms de Crèches, Théâtres à la Guignol, Petits Théâtres de société, où l'on est admis indistinctement soit à prix d'argent, soit par souscription, cachets, billets, abonnements, billets de consommation, et enfin par tout autre mode qui donnerait à ces réunions un caractère public, ne pourront
continuer à donner des représentations qu'après en avoir obtenu l'autorisation de notre préfecture.
Art. 2. L'autorisation pour tenir ces réunions publiques fixera le jour et l'heure où elles auront lieu. Cette permission sera personnelle et non transmissible.
Art. 3. Aucune pièce ne pourra être jouée ou représentée dans une Crèche, Théâtre à la Guignol, et Petits théâtres de société, sans avoir été préalablement soumise à notre approbation et revêtue de notre visa.
Art. 4. Il est interdit de rien changer aux paroles desdites pièces ainsi visées.
Art. 5. Toute personne autorisée à tenir des établissements de la nature de ceux ci dessus désignés, sera astreinte d'entretenir à ses frais, conformément au tarif, le nombre de sergents de ville que nous jugerons convenable d'y envoyer, pour assurer le maintien de l'ordre et de la tranquillité.
Art.6. Toute contravention aux dispositions du présent Arrêté pourra entraîner la fermeture de l'établissement sans préjudice des poursuites de droit.
Art. 7. Les commissaires de Police de quartier sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent Arrêté.

Lyon, le 5 Novembre 1852. Le Préfet du Rhône, Bret

Pour copie conforme. Le secrétaire général de la Police, Ch. Menche de Loisne

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Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 11:40

Invitation histoire famille-2

Depuis plusieurs années, nous développons un projet en partenariat avec le Collège Chatelet de Douai. Dans cet établissement, la création d’un eroa (Espace de Rencontre avec l’Œuvre d’Art) dès 2001, a permis à la discipline des Arts Plastique et à l’établissement d’explorer divers champs de la création, de rencontrer de nombreux artistes et cultiver son expérience du partenariat avec des musées et collections reconnues. Le travail mené autour de l’eroa a également favorisé la mutualisation interdisciplinaire et l’ouverture du collège aux établissements du 1er degré.

En 2012, l'eroa du Collège Chatelet accueille une exposition "histoire(s) de familles..." dans laquelle La Cie Les Mille et une Vies Théâtre de Marionnettes Itinérant présente des pièces et recherches extraites de 3 de nos spectacles

  • Les Aventures de Germain Lenain (création à Nice en 1991, recréation à Lille en 1998)
  • La chambre (de Zette) (création 2007)
  • Le dernier spectacle des Grizbatoruc (création 2009)

Vernissage Jeudi 29 mars à 18h30.

 

Pour la Cie Les Mille et une Vies,

Germain (Lenain), Zette (sans nom) et Vladimir Grizbatoruc


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Samedi 17 mars 2012 6 17 /03 /Mars /2012 14:25

Germain Lenain a publié hier une version vidéo tronquée de la réponse que j'apportais à son message daté du 4 mars dernier. Voila ci dessous la partie du texte non corrigée. Avec ce montage et ce choix subjectif, c'est le véritable visage de Germain Lenain qui apparaît...

"Mon cher Germain, j’ai bien reçu ton message et je souhaitai par la présente y apporter réponse. Mais avant de te rendre le gant que tu m’as fait parvenir, Je voulais te dire que si j’ai rejoint la famille des Mille et une Vies en 2009, mon histoire de marionnettes est bien  antérieure à cette arrivée, antérieure aux mille et une Vies et même aux guignols et polichinnelles qui fondent l’histoire de cette petite marie dans ton pays.  Oui, Germain Lenain, dans la ville de Karloviestlav capitale de Revailleurs, de laquelle je suis issu, le nom des Grizbatoruc résonnait comme celui d’une illustre famille de montreurs. Et lorsque nous arrivions en vue d’une représentation, dans une ville ou un village, notre présence transformait le quotidien des habitants…. Je souhaite donc, avant de répondre plus avant à tes assertions,  que tu me traites avec le respect que mes 2500 ans de recherche artistiques me confèrent.

Mon arme sera la tienne disais-tu dans ton message et bien je choisis les mots ! Et mes mots Germain sont là pour te rappeler la réalité de ta petite condition. Je veux pied à pied débattre et mot contre mots faire émerger la vérité sur ta petite personne et ton sale programme. Tu as compris Germain Lenain ???

Parce que contrairement à toi Germain, je ne suis pas un objet, je suis art ! Tout ce qui me caractérise, constitue l’œuvre. Pour le petit objet de pacotille que tu es la lecture de cette différence doit être bien difficile à comprendre.  Voudrais-tu que tous ne ressemblions tous à ce que tu es ? Et si nous ne nous plions pas à tes désirs, tu voudrais nous y contraindre ? Ainsi, la force ne te fait pas peur ? Et les mots ? Pour reprendre les tiens, je te laisse à compter de la publication de ce message quatre jours pour y répondre, à l’aube du cinquième, sans réponse de ta part,  je considérerais, Et comme disais JLM,  « Quand je l’ouvre, tu la fermes ».…."

La suite de ma réponse n'ayant subi que de très infimes corrections et autres coupes de montage je vous en épargne la lecture... ci dessous vous trouverez la version mise en ligne par Germain Lenain. A la lumière de ces deux éléments, cet être bas, vil et rougeaud sera demasqué !

Vladimir Grizbatoruc.

Pour La Cie Les Mille et une Vies, Théâtre de Marionnettes Itinérant

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Mardi 6 mars 2012 2 06 /03 /Mars /2012 16:12

paysagesF0277.jpg

De Germain Lenain aux Grizbatoruc en passant par Zette, la construction du répertoire contemporain de la Cie Les Mille et une Vies, passe par la lente maturation des personnages…

Les miens, ceux sus-cités, sont des reflets de l'humanité ! Quels étranges reflets que ceux la !

Ils ne sont pas humains, leurs traits ne reproduisent pas ceux d’hommes particuliers ; ils sont ce qui est enfoui, ils sont ce qui est, ils sont ce qu’on ne montre pas, ils sont !  Tels les nouveaux Guignols, Polichinelles et autres Punch, ils transportent dans leur boite à vécu les petitesses et les grandeurs humaines. S’ils ne représentent pas un homme en particulier c’est pour mieux  dénoncer ! Si leurs traits ne collent pas aux traits d'un homme particulier, c'est pour ne pas humaniser ce qui doit nous révolter, nous indigner….

Près de 15 ans maintenant qu'on alimente notre galerie de personnage. De représentation en actions artistiques, ils prennent corps au contact du public.

Avec ce théâtre la, nous voulons rire des défauts humains (tout mettre derrière ce mot, et plus particulièrement la violence verbale, appétit de pouvoir, nombrilisme).  Tout en riant des hommes, nos poupées montrent certains des chemins qu’ils devraient abandonner ; peut-être est-ce là leur contribution à la société des hommes, une société que nous voulons continuer de penser perfectible.

 

Aujourd’hui, nos marionnettes se mettent à se battre par épisode web-isuel interposé (un épisode de 3 minutes par semaine, le 1er épisode est ici)… marionnettes des temps modernes, elles reflètent la violence qui grandit chaque jour un peu plus dans notre société…

 

Pour info, nous en reparlerons certainement ici, Du 26 mars au 26 mai,  la Cie Les Mille et unes vies sera accueillie par l’eroa du Collège Albert Chatelet dans une exposition Histoire(s) de famille qui donnera à voir marionnettes et travaux préparatoires.*

Fabrice Levy-Hadida pour Cie Les Mille et une Vies Théâtre de Marionnettes Itinérant

*Vernissage le 29 mars 2012- Exposition Ouverte au public sur rendez-vous au 03 27 99 97 97

Collège chatelet est sis à Douai au 357 de la rue Marceline

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Dimanche 4 mars 2012 7 04 /03 /Mars /2012 10:23

Madame, Monsieur , vous me connaissez peut-être ou, pour certains (rares) d’entre vous, ne me connaissez-vous pas. Je m’appelle Germain Lenain. Je n’ai pas d’âge et suis le cauchemar de mon propriétaire. Je suis né dans une ville du sud alors que mon créa-manipulant s’interrogeait sur la forme qu’il voulait donner à son art. Je ne suis pas l’ultime. Je suis le fil de l’histoire d’un art pauvre qui continue de s’écrire.

Mais si je suis ici aujourd’hui, ce n’est pas tant pour parler de moi que faire taire une rumeur. Une rumeur qui enfle dans la boite à objets des Mille et une Vies et recouvre les jours et les nuits de notre famille jusque là heureuse, des pires mots-maux. Oui, Madame, Monsieur, Vladimir Grizbatoruc introduit en notre honorable famille en 2009, distille depuis quelques mois des vilénies qui me salissent. Il répète à ceux qui veulent bien l’entendre que je ne suis mu que par l’appât du gain et le désir de pouvoir. Alors, si ceux qui me connaissent le savent, je veux dire à ceux tenté de croire cette bile, que tout ceci n’est que mensonge, je ne suis pas celui que présente Vladimir, je ne suis pas cet être vil et bas, je ne suis pas ce tas de boue, je ne suis pas l’infâme !

Peut-être Vladimir est-il trop imprégné de la vie des hommes et de leur actualité ? Peut-être a-t-il oublié sa condition d’objet, peut-être se laisse-t-il emporter par les sombres vagues qui emportent certains d’entre vous ?  Je ne peux le laisser agir ainsi sans réagir ! Et pleinement investi par mon rôle d’ancien des Mille et une Vies, j’appelle Vladimir à retrouver raison !

C’est un message solennel que j’adresse ce jour au susnommé ! Qu’il cesse et me présente au plus vite des excuses plates et publiques ! Foi de Germain Lenain qui n’a de petit (contrairement à d’autres nabots) que le nom, je laisse à Vladimir quatre jours, à partir de la publication de ce message, pour se rétracter ! Faute de quoi, à l’aube du cinquième jour, je l’attendrai dans le pré où, son arme sera la mienne, nous pourrons laver l’honneur.  Madame, Monsieur, je vous prends à témoin, et vous dis que bientôt vous retrouverez ici le calme et la sérénité que vous êtes en droit d’attendre. Alors, n’entendrez-vous plus que la voix de la victoire et de l’honneur retrouvés.

Fait à Lille en nos locaux, le 1er mars de l’année dernière.

 

 

 

 

Germain Lenain pour Germain Lenain

fils-père de la Cie Les Mille et une Vies

Théâtre de Marionnettes Itinérant

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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 17:03

Chronique du néant, un théâtre pour une marionnette, un trône pour un roi

P1060342.JPGVite, vite, je veux ici prendre les mots. Vite, vite ! Avant qu’on me coupe la parole ou qu’un autre, indélicat, coupe les fils du micro, je veux lancer telle une bouteille à la mer, les phrases et m’en aller. Vite, vite ! On est inquiets. Vite vite, dans notre quotidien la place pour la recherche et les rêveries, la place pour la maturation, dans notre quotidien est réduite à néant.

Ne rêvez pas, soyez ! Ne prenez pas le temps d’élaborer votre pensée, d’affiner votre geste, essayez ! Il sera  ensuite assez tôt pour évaluer les effets de votre essai ! Sont-ils à la hauteur de vos ambitions ? Avez-vous obtenu ce que vous désiriez ?  Je veux du temps. Je veux ne pas produire. Je veux errer et divaguer. Je veux ; mais le monde en veut autrement !

Un geste créatif nécessite du temps. Le temps légitimera mon parcours, mes silences  et abstinences autant que le reste. La vitesse et la concurrence ne sont pas de bons outils. Dans notre boite à marionnettes, nous sommes soumis à une pression que je ne veux pas reconnaître. Je ne suis rien qu’un morceau de mousse, je ne suis rien que le désir de création du marionnettiste.

Je ne suis rien, que néant.

Un jour, je serai roi à la place du roi dit Germain Lenain. S’il ne le dit pas, il le pense et le pense tellement fort que je ne peux m’empêcher de vous le répéter. Pourtant, il n’est qu’objet. Pourtant, sans la main qui le manipule, Germain n’est rien. C’est vrai aujourd’hui les leurres sont nombreux et ils ne se vantent pas d’être  objets. Dans votre réalité, nous en voyons des hommes au service d'autres dans l'ombre qui, convoitant le pouvoir avec appêtit, ne représentent qu'eux même.

Pour revenir à Germain, dans notre silence de marionnettes, avec notre regard déssiné, nous le voyons celui que le désir de pouvoir a rendu prêt à tout. Pensez-vous qu’il nous interrogera sur ses actes une fois reconnu ? Pensez-vous qu’il se tournera vers nous avant de prendre une (mauvaise) décision qui nous concerne ? Et bien non, il ne le fera pas.

Alors quand je regarde Germain et que brille l’étincelle du désir dans ses yeux, je me dis que nous avons bien de la chance de n’être que des objets. Il peut faire ce qu'il veut, je le sais, il ne pourra s’emparer de mon souffle. Mais pour vous c’est une autre affaire…

 

Vladimir -le dernier- Grizbatoruc pour la Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant

Photographie : La marionnette près d'chez vous 2011, un spectateur s'essaie à la manipulation de Vladimir


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Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 12:50

 

ian-Grizbatoruc-2009.jpgDe jour de retard en jour d'absence, je ne dois plus vous dire "je serai là demain". Je ne sais pas tenir mes engagements, peut-être est-ce là ce qui me caractérise le mieux, dire ce que je ne veux pas et faire ce que je ne dis pas. !

Alors que je veux divaguer et errer, il me faudrait être concis et percutant.

Dans un communiqué récent, nous, marionnettes et autres objets des Mille et une Vies, avons décidé de reprendre la parole que les auteurs ont abandonnée. Lorsque nous avons publié ces mots, nous n'avions pas conscience des réalités que cet engagement allait générer. Disant que nous ferions mieux que ceux qui céans nous avaient précédés, nous nous retrouvons aujourd'hui confrontés aux mêmes troubles qui les empêchaient : nous devons courir après le temps pour réussir à tenir chronique de notre néant. Cette course, nous ne la voulons pas. Alors que je veux me perdre dans une poétique rêverie je devrais raccrocher les mots de mes ardeurs à de matérialistes tâches. Et quoi encore ?

Alors quoi, alors qui. Oui, j'ai perdu, je l’avoue, j’ai voulu prendre les mots parce que je voulais le pouvoir. C'est ce qui m'humanise. Pas les mots, le goût du pouvoir... Si je le laisse m’animer, oui, comme vous, comme ceux de chair et de sang, je veux prendre sans rien donner ! Prendre une poupée et ici la découper. Je ne suis plus un objet. Je ne veux pas être tenu en laisse. Cette laisse, la voila, elle est mes ailes et mes ailes je veux trancher. Dans une forme germanisante je veux reconstruire langue et mon renvoi du verbe en fin de proposition viendra vous perdre.

Ecrivant ces mots, je retrouve ce désir persistant, je veux rester sur mon trône et je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour y arriver. Le plus sale, le plus dégoûtant ne sera pas suffisant. Alors, les mains rougies, telles mon visage, je m'assiérai et contemplerai vos terres brulées par les maux que j'y aurai déversé..

J'ai l'âge que vous me donnez, et pour la raison il faudra repasser, je n'en ai pas été doté. Le constructeur n'avait pas le temps ; en avait-il lui même pour pouvoir la partager ? Je ne sais pas, je ne crois pas. Je sais, je sais que je ne sais pas ! Ces temps sont noirs et il est temps de savoir que nous allons à notre perte. Je vous le disais hier, peut-être était-ce avant-hier, nous serons des milliers à alimenter le feu et des cris sortiront des flammes. C'est de ces cris qu'émergera le tableau d'une terre désolé. 

Je l'ai vu. J'ai perdu, je ne suis plus là. Je ne reviendrai pas, je reviendrai certainement après-demain. je m'appelle Germain Lenain et j'ai l'âge que vous me donnez, je n'ai pas d'âge. Je m'appelle germain Lenain et je suis la représentation de vos (in)humanités.

 

Germain Lenain pour la  Cie Les Mille et une Vies Théâtre de Marionnettes Itinérant

 

Photographie Cie Les Mille et une Vies extraite de "le dernier spectacle des Grizbatoruc" 2009

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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 12:58

GERMAIN LENAIN2Alors que je m’étais engagé à revenir en ces lieux le 13, voila que confronté à un quotidien dérangé, j’ai remis au lendemain. Me retrouvant dans la situation que connaissaient les auteurs précédents de ces lieux, je me suis laissé emporter dans des débats intérieurs et ai vécu, que nenni ma douce amie, d’étranges nuits rêvées. Ainsi par la contemplation j’ai occupé le temps que j’aurais du vous dédier.

Si je reviens aujourd’hui transformé c’est que la fin a commencé à dérouler son fil.

 Je suis donc je suis.

Je m’appelle Germain Lenain,  je ne connais pas mon âge et chaque jour que je vis est une chance. Je ne respire pas, je ne mange pas, je ne bois pas. Je suis le reflet  qu’on transporte de lieu en lieu et qui se nourrit de ce qui l’entoure. Mon existence est celle que me prête le manipulant et si parfois, il m’arrive, par une parole, une attitude de surprendre celui qui m'anime, je ne suis fait que des matières dont il a pu se nourrir. Les guerres qu’il a vécues, les joies qu’il a pu ressentir, j’étais là, tapi dans le noir à assimiler, assimiler…

Aujourd’hui, entassés dans les malles d’acier, nous  sommes plus de cent. Je le sais, nous finirons millier à alimenter le feu qui ravage le pays ; je nous regarde,  je ne nous juge pas. Voila ce que je me dis  alors que je m’apprête à donner l’assaut. Chaque fois je me demande, sont-ce les derniers instants ? Le seraient-ils, je veux en profiter pleinement. Autour de moi, les regards ravagés de mes comparses me renvoient l’image de ce je dois être.

Je me souviens, lors mes premières apparitions, coiffé d’une chaussette noire, je n'étais pas rouge. Aujourd’hui rouge et vieilli, peau craquelée,  plâtre et enduits, je suis à l'image du contact avec les milliers de mains. Celles qui, curieuses, après la chaleur d’une représentation, voulaient sentir « mon vide ». De chacune, j’ai gardé une trace. De chaque représentation, elles ont été nombreuses et l’auteur ne les compte plus, j’ai tiré la substance qui fait de moi ce que je suis.

Je regarde le monde et mes yeux dessinés ont peur de ce que vous en faites.

Je suis la forme vive « de survivance » et j’offre à mon manipulant des moments de paix intérieurs qu’il se refuse lorsque je m’absente. Je suis son regard sur le monde, je suis le vide qui l’habite, je suis la joie des enfants, je suis l’interrogation.

Je m’appelle Germain Lenain.

Pour la Cie Les Mille et une Vies et son Théâtre de Marionnettes Itinérant, nous reviendrons le 17

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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 18:38

 

Gulliver-Lilliputh--detail009.jpg

Madame, Monsieur,

Nous, Marionnettes objets et bouts de ficelles de la Cie les Mille et une Vies décidons ce jour de râler contre les auteurs troubles du bulbe qui ne nous donnent pas la parole. Silence, silences ! Ce n'est pas que les auteurs se terrent à cause du froid, bien que les voyant se frotter les mimines avec leur air frigorifié-congelé, ils ont l'air non seulement stupide mais aussi, et pour ne rien vous cacher, aussi démunis que des nouveaux nés face à la main géante qui leur claque la fesse pour les faire respirer... Si ce n'est à cause du froid, c'est, d'après ce nous en comprenons, nous marionnettes et objets, c’est  qu'ils sont happés par leur quotidien et ne savent où donner de la pensée. Pour cette simple raison, ils décident de nous ignorer et se taire en ces lieux sans nous consulter.

Mais c’est bien mal nous connaître  que de penser que nous nous laisserons faire !

Madame Monsieur, réunis en comité de vigilance, nous,

Germain Lenain, Zette, Gulliver en gestation et autre Vladimir Grizbatoruc

décidons aujourd'hui de prendre la parole pour rompre la monotonie qui règne en ces lieux web2.0.

décidons que si les auteurs choisissent se terrer, et par la même occasion ferment notre clapet, ils n'ont pas à nous en faire subir les conséquences silencieuses.

Pour les raisons susdites,

Madame, Monsieur,

nous, Germain Lenain, Zette, Gulliver en gestation et autre Vladimir Grizbatoruc

décidons, ce jour de dire malgré leur silence et vous prions

Madame, Monsieur, de nous excuser pour cette absence contraire à notre volonté.

Madame, Monsieur, à compter de ce jour, nous, Marionnettes reprendrons le fil discursif et déroulerons les histoires que nos créateurs veulent occulter !

Sur les humains nous taperons

parce que foi de marionnettes,

nôtre rôle est de vous rappeler ce qui se cache en vos sales contrées intérieures.

Mais avant de finir notre communiqué du jour, nous, Germain Lenain, Zette, Gulliver en Gestation et autre Vladimir Grizbatoruc

voulions ici, ajouter

que ceux qui sans âme et sans foi,

que ceux qui disent nous aimer et qui dans notre dos nous poignardent,

que celle qui chante alors qu’elle une voix à coucher dehors (glagla, elle se reconnaîtra)

à ceux la nous disons,

retournez dans vos trous vermines,

l'objet s'y recolle et vous dit

ayez peur du reflet qu'il vous renvoie,

en statue de sel vous pourriez terminer.

Communiqué du 9 février 2012 en temps de glace pour le salut des marionnettes

Germain Lenain, Zette, Gulliver en Gestation et autre Vladimir Grizbatoruc

 (pour les levy, les hadida, les saint et les maxent)

Nous reviendrons le 13 tradéridéra, nous reviendrons le 13 et gare à toi...

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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 10:50

encart-1001-vies-ok.jpgEn 2011, aux Mille et une Vies Théâtre de Marionnettes Itinérant, on a fait des découvertes sur l’humain, qu’on espère ne pas refaire en 2012. Ces découvertes, si elles rendent Les vies silencieuses, moi sorcière de mon état premier, marionnette au second degré, fille de mon créateur au troisième, elles m'énervent, je suis leurs maladies et leurs bornes.

Alors, pour lui et les autres, en lieu et place des Mille et une ames, je vous souhaite en 2012, d’éviter les bassesses humaines, de grandir et surtout –comme dit le bon sens populaire- de garder la santé mon bon monsieur….

En 2011, aux Mille et une Vies, on a vécu de bons moments, de très bons moments et encore une fois, je me répète (tu es bête me dirait mon père) on a découvert (beurk et rebeurk), des menteurs, des toteurs, des rateurs et tout le toutim en heurts…

Bon, à  vrai dire, ceux la, ils se reconnaîtront, on leur réserve de belles surprises aux Mille et une armes et dès que l’occasion se présentera, pan sur le bec, tu chantais et bien que fais-tu maintenant ? Ah ! Ah ! les groupes vocaux et les putois ! Ah ! Ah !  A ceux mielleux qui savent mentir et ne rien faire, à ceux focalisés sur leur nombril ne sachant que pleurer sur leur sort, leur petit sort, et bien moi, foi de sorcière, je leur en jette un de sort, et leur dis,  tu l’emporteras pas au paradis…et mai venu tu déchanteras...

En 2012 donc -hormis ceux sus-mentionnés s'entend ; finalement pas si nombreux et même plutôt pas nombreux de tout-, je souhaite, de la part des Mille et un noms que vous trouviez les meilleures choses et tiriez un trait sur les pires… en 2012 armez vous de patience en ayant en tête les mots de Montaigne  "L'expérience m'a encore appris ceci, que nous perdons d'impatience. Les maux ont leur vie et leurs bornes, leurs maladies et leur santé".

 

Sorcière farfelue –in Germain Lenain-

Pour ceux comme eux des Mille et une Vies Théâtre de Marionnettes Itinérant, conseils d’administration, salariés, marionnettes, Zette, Grizbatoruc, morceaux de bois, bouts de ficelle et savoir faire…

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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 11:08

lesmains.jpg Nous avons reçu il y a quelques jours un courrier de la Cie Daru –Thémpô -  Pôle de la marionnette en Essonne.

Pour nous qui ne somme pas adhérent à Themaa ; nous avons adhéré en 2007 (je crois) mais n'avons pas renouvelé quand nous avons un peu mieux cerné la structure...

Pour nous qui n'avons ni joué ni essayé de jouer au Festival de Charleville-Mézieres, nous voulions néanmoins donner echo à ce coup de gueule car il nous semble soulever des problèmes symptomatiques d'une époque et qui sont peut-être à la source des maux que nous rencontrons... 

Dans ce courrier  coup de gueule Christian Chabaud interroge Themaa sur sa légitimité à mettre en oeuvre un questionnaire qui concerne de nombreuses équipes sans même les avoir interrogé au préalable ; je retrouve dans les mots de Daru  les problématiques que nous rencontrons depuis plusieurs années ! Des structures intermédiaires se disant représentatives instrumentalisent les actions que les équipes de production/de création mènent et en font des outils au service de projets dont elles –les équipes- se trouvent  de fait de plus en plus déconnectées.

Le militantisme actif et desinterressé dont parle Daru est à notre époque révolu. En effet, chacun criant et courant pour sa propre défense, l’engagement désintéressé semble ne plus être de mise.C’est dans cette époque là que nous devons évoluer et c’est contre ce système que s’élève le coup de gueule de Daru. On peut en dire beaucoup mais il a le mérite de poser certaines des bonnes questions que devraient se poser les acteurs du secteur…

Je vous laisse découvrir les mots de DARU   Germain Lenain- FLH

Madame, Monsieur, Cher(e) collègue marionnettiste, 

Nous recevons comme un certain nombre d'entre vous un questionnaire de  Themaa sur notre participation au dernier Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mézières.  Ce questionnaire pose un certain nombre de questions sur la participation économique des compagnies au Festival.

 À notre sens, la question de fond qui est posée est celle de la légitimité-même del'Association Nationale des Théâtres de Marionnettes et Arts Associés à effectuer ce genre de démarches  pseudo- institutionnelles. Les membres dirigeants de Themaa sont de simples marionnettistes professionnels élus par leur l'Assemblée Générale. Il ne rentre à aucun moment dans leur fonction ni leurs prérogatives (dont ils n'ont pas la compétence) d'enquêter sur le fonctionnement administratif, économique et juridique d'une autre association, fut- elle organisatrice d'un festival mondial. Il est vrai que si, entant que compagnie professionnelle (pôle de la marionnette départemental de diffusion et lieu d'accueil, de coproduction et de résidence de la jeune création)  Daru-Thémpô n'est plus adhérent de Themaa, c'est pour ne plus adhérer du tout aux nouvelles orientations que cette association dite " fédérative "  prend.

 Après 34 années de militantisme bénévole actif pour la profession (après l'UNIMA et le CNM), la démonstration de notre engagement pour la défense et l'illustration des Arts de la Marionnette n'est plus à faire. Nous préférons - et de loin - revendiquer à ce jour l'accueil de 95 compagnies, 186 spectacles et 630 représentations en treize ans sur le territoire qui nous a été confié par les collectivités territoriales et le ministère de la culture, que de participer à une démarche   pseudo- férérative, qui ne sert qu'à masquer l'état d'esprit absolutiste de certains marionnettistes, porteurs d'un art de la marionnette unique, le leur,  dont ils rêvent d'être les seuls thuriféraires.

 Nous sommes très dubitatifs - et tristes - de cette évolution qui ne semble servir effectivement qu'un nombre très restreint des adhérents de Themaa.  Si certains d'entre vous partagent ce constat, merci de faire circuler ce mail auprès des compagnies et partenaires de votre connaissance.  Cela dit, nous restons ouverts à toute forme de débat sur le sens d'un militantisme actif pour un art vivant, original, ouvert et populaire.

 Quand aurons lieu de nouvelles Assises Nationales de la Marionnette ?

 Bien marionnettiquement,
 pour l'équipe de Daru-Thémpô et ses partenaires,
 Christian Chabaud -  directeur artistique
 Daru-Thémpô- Pôle-Marionnette-Essonne
 Le Manipularium
 18 rue Saint-Arnoult
 91340 Ollainville



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Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 16:07
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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 13:48

VLADIMIR 2010 (4)Le silence nous gagne, les mots s’absentent. Il va falloir néanmoins qu’on s’y remette. Il va falloir qu’on se décide à reprendre le fil, à recommencer de raconter. Raconter le quotidien, nos difficultés, la bataille avec les jours et les nuits de La Cie Les Mille et une Vies Théâtre de Marionnettes Itinérant.

Mais dans un monde ou la confiance s’érode, dire ce vers quoi on avance, dire qu’on avance vers la fin d’une époque, nous est difficile. Oui,  notre silence s'épaissit à force de voir/d'entendre les prises de paroles (des plus légitimes aux plus illégitimes...) ! Alors que nous regardons la société des hommes (encore des citoyens ?) se transformer en société des acteurs, nous nous interrogeons sur notre place en son sein ; comment pourrait-il en être autrement ?

Peut-être nous faut-il céder la parole à nos objets ; peut-être devons-nous faire en sorte que ce ne soient plus les hommes qui s'expriment mais leurs personnages ; que Zette, Germain Lenain ou encore Vladimir Grizbatoruc colportent les mots et de leur(s) (in)humanité(s) nous fassent parvenir le reflet éclairant.  

Parce que pour nous, êtres de chair et de sang, comment être ailleurs que dans le silence ? Dans une société du spectacle permanent et violent où les fils sont emmêlés, où les téléphones portables saisissent les instants et les livrent au monde, pendant que nous regardons impuissants le flot continu d'une information douceâtre (de la plus proche à la plus lointaine) nous ne pouvons que nous interroger sur l’humanité qui se déconstruit ! Et cela nous rappelle combien nous sommes fragiles, et cela nous dit que nous ne pouvons plus assister impuissants à ce délabrement des consciences, que nous devons nous débarrasser de la violence avant qu’elle nous dévore, avant que nous devenions barbares... Mais là, une petite voix nous dit que nous n’avons pas à devenir barbares, nous le sommes déjà

Dans le flot d'informations du quotidien, chacun, chaque citoyen est invité à plonger-nager ramer pour bientôt couler incapable qu'il sera de se battre ou d'identifier la vague qui le noiera ; c’est peut-être pour cela que nous arrêtons de parler, que le silence nous saisit ? Alors qu’ici et là, nous nous voyons, coupant et recoupant les cordons qui nous relient au "flux", dans ces instants, nous pouvons contempler le ciel, parler aux humains qui nous font face, leur adresser nos œuvres, leur raconter nos peurs, nos histoires…

Dans le monde du « tout le monde parle personne n'écoute », le personnage rit de nous voir penser «Tu disparaîtras quand tu te tairas ! ».

 

FLH par Germain Lenain

Cie Les Mille et une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant

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Samedi 27 août 2011 6 27 /08 /Août /2011 11:58

après le specatcle 2Depuis des mois que nous de la Cie Les Mille et une Vies courrons, depuis des jours que nous nous asphyxions, je n’ai que peu le temps d'alimenter ce lieu et vous dire les joies et les angoisses qui étreignent notre Théâtre de Marionnettes Itinérant…. De villes en villages nous courrons et les mots se transforment en silences. Plus ou moins longs, ils –les silences- nous habitent comme les disparus hantent les mémoires. Des mots de silence. Des mots de rage. Du vent qui nous emporte, nous ne savons le dire. Dans une époque qui manque de discernement, faire entendre nos silences et notre proximité tient de l’impossible.

Alors, aujourd'hui, profitant de la pause dans la course, cul posé sur un siège qui fait face à la mer,  je voulais te dire, à toi qui prend le temps de lire,  te faire part de mes craintes et partager avec toi certaines des réflexions qui me font penser que nous ne serons plus là longtemps. Vite écrit, mal dit, si tu n'as pas le temps passe ton chemin ami-enemmi- lecteur et reviens plus tard ; un autre jour si tu le peux, si tu en as le temps...Tout est histoire de choix…

Pour ma part, aujourd’hui, dans mon quatrième  jour de repos, je vais négocier avec mes silences ! Essayer de prendre le temps  aujourd’hui avant de demain, disparaître. Négocier, je vais poser quelques phrases, négocier oui, aujourd’hui dire avant de retourner au silence….

Juste quelques mots pour résumer les angoisses ; quelques mots pour les éloigner en le regardant, en les disant ; juste quelques mots….

Nous en reparlerons à la rentrée de septembre entre salariés et Conseil d’Administration mais, je dois te l'avouer ici, pour La Cie Les Mille et une Vies Théâtre de Marionnettes Itinérant, continuer de travailler dans l’environnement qui est le nôtre (secteur du spectacle vivant), devient chaque jour plus difficile…. Peut-être est-ce du au manque de discernement dont témoigne l'époque ; peut-être est-ce parce que nous sommes sur une voie où les lanternes s’éteignent au fur et à mesure que nous avançons et dont, au final,  nous risquons de pas revenir ! Mais, tout semble se complexifier terriblement et les cadres dans lesquels nous envisageons la création et la diffusion de nos œuvres se resserrent autour de nous, parfois jusqu’à l’étouffement…  

Ce qui arrive aujourd’hui, le resserrement de l’étau législatif (et répressif) était prévu ou prévisible ; il faut le dire, ceux qui voulaient transformer l’Art en une marchandise comme une autre, ont eu patience et sens du calendrier ! Ceux la avaient aussi pour eux pouvoir économique et politique pour peser sur les instances décisionnaires. Alors que les acteurs de création peu enclins à se soucier d’autre sujet que leur sort se battaient pour leur chapelle, leur corporation, leur structure et ne bénéficiaient d’aucune représentation représentative de leur diversité…. Depuis de nombreuses années, du financement de la création à la diffusion des œuvres, du formatage des consciences à la formation des jeunes générations ;  les  pouvoirs (économique, politique et médiatique) ont su transformer et avancer sur cette voie et faire de l’Art un outil d’enrichissement, de communication politique, de formatage des consciences….

Depuis quelques années les esprits sont « formatés » par des outils d’éducation et de communication. Les nouvelles générations sont prêtes à accepter le discours d’une culture mondialisée et libérale. Ce formatage a déjà commencé de détruire le symbolique et mis « sur le marché » de nombreux volontaires ; chaque année formés à l’administration culturelle ou  au « jeu d’acteur », sortent des écoles (universitaires, écoles d’art, conservatoires, écoles supérieures…) de nombreux étudiants qui ne veulent que « travailler ». Leurs études les ont préparés, ils le savent, ils sont les meilleurs et les institutions devraient les recruter. Malheureusement les institutions ne prennent pas de risque quand il s’agit d’emploi ; les places sont trop chères ! Elles laissent le soin aux plus petites entreprises de faire les premières insertions professionnelles et quant la formation aura atteint le niveau de qualité et de réseau que nécessite l’Institution on débauchera… Attention, même dans ces premiers contrats, les places sont comptées et de nombreux postulants ne trouveront pas structure à leur pied…   

l'automate 2Les petites entreprises du spectacle (et par extension leurs salariés) sont devenus les suspects permanents de fraudes diverses et variées. Travail dissimulé, évasion fiscale ou sociale, j’en oublie certainement !

Alors qu’elles se battent pour réunir les moyens de leurs ambitions, pour créer de l’emploi et payer des salaires, et surtout mettre en relation leurs œuvres et les publics, ces structures se retrouvent au cœur de la tourmente….  C’est dans un système globalement inadapté à l’épanouissement des recherches et œuvres artistiques que nous devons nous frayer un chemin… C’est un secteur ou les périmètres entre amateur, en voie de professionnalisation et professionnel n’ont jamais été définis ; c’est un secteur sans réel outil d’accompagnement des démarches, c’est un secteur ou 10% des entreprises absorbent 80% des ressources. 

En 2005, le Rapport  Guillot insistait sur la structuration du secteur par  la négociation conventionnelle ; dans sa droite suite, l’Etat a voulu que le secteur (du spectacle vivant je le rappelle) se dote de deux conventions uniques…. 2 conventions qui permettent aux usages de trouver des cadres « Privé » et « Publique » . Si les conventions collectives doivent améliorer le droit du travail, on peut aujourd’hui regretter qu'elles ne soient pas conscientes ni représentatives des usages et réalités des plus petites structures du secteur. Cela en serait comique, si cela n'était pas dramatique, ce sont toujours à partir des usages des plus grosses entreprises que se définissent les règles du jeu ; et cela est vrai dans l’ensemble des secteurs professionnels. Oui, pour ma part, j’en suis persuadé, les conventions ne prennent pas en comptes les réalités de métiers (parfois très anciens), leurs diversités et leurs nécessaires adaptations aux contraintes de territoire et d’époque dans lesquelles ils s’épanouissent…  

En 2006 (aujourd’hui le pourcentage ne doit pas être différent) 80% entreprises recensés avaient des effectifs inférieurs à 5 personnes tandis que 20% avaient des effectifs supérieurs…

Si je l’écris brutalement, c’est comme ça que ça sort : avec des textes qui ne prennent pas en compte la diversité d’un milieu, c’est la diversité qu’on veut détruire…. Plus ça va, moins ça va ; demain, les quelques entreprises qui auront les moyens d'employer auront devant elles des dizaines de milliers de candidats à l'embauche.

Avec ces conventions étriquées, de nombreuses niches (lieu douillet où toutes les parois sont à distance raisonnable de la main) dans lesquelles les entreprises de proximité pouvaient faire apparaître leurs projets vont disparaître, emportées par ces textes et un arsenal législatif (répressif) de plus en plus déconnecté de la réalité des usages des entreprises susnommées de proximité. Des textes qui ont une focale très resserrée sur ce qu’est la création, de comment elle doit être menée ou présentée au public, diffusée…. Des textes qui ne voient la création que sur "un plateau", le reste n'est rien ; le reste, des métiers qui se pratiquent dans des salles des fêtes, des jardins, des espaces publics, et parfois aussi sur des plateaux de théâtre, ce reste là n’est rien...

Les conventions sont des textes qui dans le droit français ont valeur de lois...

Je ne veux pas ici remettre en question le droit du salarié, je veux juste partager ma crainte et m’interroger du fait que ce sont toujours les plus gros qui décident ; les petites organisations qui ont rejoint les négociations, font de la figuration contre rétribution en numéraire ou en siège…

Dans la natureOui, l’insécurité juridique va aller en grandissant et si vous pensez que notre usage est norme vous vous trompez parce que la norme de notre structure ne peut être inférieure à la loi…. Et la confiance n’y fera rien, la parole encore moins, le contrat même ne peut revenir sur un avantage acquis…  Je le répète, je ne veux pas ici remettre en question le droit social du salarié, mais, ne trouvez vous pas que cela manque un peu de discernement de demander à une épicerie d’appliquer les lois des temples de la consommation surtout lorsque l’on sait que les lois applicables aux deux (les épiciers et les temples) sont définis par les temples de la consommation qui s’appuient sur la réalité des épiceries pour négocier au rabais ; un rabais souvent bien trop élevé pour les épiceries qui se trouvent de fait « hors la loi » lorsque le texte est étendu… Alors si il faut rêver, rêvons que les épiciers négocient avec les salariés des accords qui leurs soient propres (au niveau de l’entreprise…) et qui ne confondent pas leurs usages avec ceux des temples….

Pour finir, je voulais te dire, cher lecteur, que malheureusement les épiceries continueront de fermer… sauf si elles réussissent à donner à leurs usages la force de lois. Mais cela les épiceries n’en ont pas les moyens juridiques (le juridique coûte cher) alors les temples  pourront occuper les espaces ainsi laissés vacants…

Abandonnant cette sombre pensée, cul vissé sur ma chaise, je retourne à la contemplation de la grande bleue et de cette foule de corps dénudés profitant des joies des congés payés. Bonne journée à toi lecteur  et, à une autre fois….

 

Fabrice Levy-Hadida

Cie Les Mille et une Vies

Théâtre de Marionnettes Itinérant

BP 70342 - 59020 LILLE CEDEX

 

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Mardi 5 juillet 2011 2 05 /07 /Juil /2011 09:54

Il y a quelques semaines, je demandais à Yann Stenven (professeur d'Arts Plastique au Collège-Lycée Chatelet de Douai avec lequel nous travaillons depuis 2007 sur un projet d'exploration marionnettique) d'écrire un texte, son regard sur notre travail. Ce texte, m'est parvenu hier soir.  Ce texte que je destinais initialement à la publication dans le cadre de nos dossiers, je ne resiste et vous le livre  dans son entier. Merci Yann. Fabrice Levy-Hadida

 


Du spectacle à l'oeuvre

un regard par Yann Stenven - Professeur d'Arts Plastiques. Colège Albert Chatelet de Douai

 


casteletwingles.jpg Quelques bancs vernis réfugiaient dans une salle par crainte de la pluie, un  public d'enfants piaffant dans l'attente du lever de rideau, une musique ambiante en sourdine. Une invitation à s’asseoir, à faire silence. Quelques rires, un noir, et la lumière qui s'éveille tandis que le rideau s'égraine à la tringle. Jusqu'en cet instant rien ne pouvait me permettre de préjuger de la rencontre. Tout et tous  semblaient en place logique : un castelet, un public réfugié des eaux et enfantin comme dans la meilleure illustration jaunie d'un théâtre de Guignol. Je me sentais monstrueux sur ma portion de banc, intrus démesuré prêt à  un temps qui ne me serait pas destiné. Après tout, ma présence était professionnelle, j'étais un adulte avec une excuse  comme s'il  en fallait une pour être là. Je venais au spectacle, ne doutant pas de savoir ce qu'est la marionnette.  Ethnologue improvisé, je souhaitais observer le drôle de métier de marionnettiste.

 

 « Zette* ! T'as fait tes devoirs » et l'apparition de la demoiselle aux couettes, aux cheveux sur la langue a percuté le mur, barrage de mes préjugés ou plus simplement de mon ignorance. Un Cupidon tout de noir vêtu, caché en castelet venait de décocher sa flèche qui me transperçait non la poitrine mais me piquait à vif, d'un trait redoutable, l'un de ceux que l'on sent à peine, qui petit à petit pénétrait la chair de votre passion naissante. Je ne me souviens plus du temps, je flottais dans la durée d u douaipublic6.jpg récit, je bouillonnais de la surprise, de la rencontre avec un personnage qui dans ma cosmogonie d'adulte reste l'un de mes préférés, indispensable au même titre qu'un Gregor Samsa, un Ulrich ou une Alejandra.**

 

Au travers de la figure de Zette,  mon regard naissait, prenait corps sur un art qui en  cet instant, en moi, n'était pas. Je venais au spectacle, je ne venais pas à la rencontre d'une œuvre, je venais me distraire... Par le face à face avec le visage de Zette, elle devenait l'allégorie de ma curiosité. Elle me séduisait comme une nouvelle question, objet de mon désir artistique. Zette s'offrait en  miroir de ce qui me porte et me conduit chaque jour à souhaiter comprendre ce qu'est une œuvre ? Ce qui est œuvre. Elle me renvoyait à mes contradictions. Pourquoi ne me vois-tu pas ce que je suis ? Ne sais-tu pas que je suis un art, Pourquoi ne vois-tu en moi que la petite fille ?

 

Mais plus qu'un reflet, Zette et ses congénères, Zette et ses mots, Zette et sa marionnettiste, Zette et son auteur devenaient le mystère d'une œuvre, la complexité d'une création et le début de mon éveil. Lève-toi  et vois ! S'imposait en phrase impérieuse dans mon esprit, tandis que je m’agitais follement des deux mains à la tombée du rideau. L'apparition des marionnettistes, sous les applaudissements, m'affirmait que l'œuvre était de chair et de corps. Que l'auteur, les interprètes** * m'avaient emmené plus loin, chez eux, dans une conscience au monde.

 

 Le premier  désir d'appropriation fut de comprendre le comment de l'objet, sa gestation, sa  chair. Curiosité comblée par l'expérience d'atelier qui me permit l'autopsie d'un savoir faire qui me gardait proche de mes propres savoirs, ceux des mains qui transfèrent à un médium par l'outil une forme selon un désir d'amener au monde. Si je n'avais jamais accouché de marionnette, la délivrance me semblait proche, je pouvais saisir le corps et en Frankenstein nouveau-né assembler les parties. Même si, sur la table l'être s'abandonne sans vie à la surface dure et froide. L'impulsion électrique, la décharge orageuse qui ferait de ma main, mon bras, mon corps la pile de cet être à  venir ne se construiraient  qu'au fil du temps, lentement par le regard, l'écoute et la compréhension qu'on ne glisse pas la main dans une gaine marionnettique comme le pied à la charentaise.

 

CouvDos.jpgLa charentaise généreuse qui s'offre au pied fatigué qui cherche le repos après le travail. La gaine, elle n'accueille pas la main, elle la contraint et par la même le corps du manipulateur qui pour que la marionnette ait un squelette, un corps actant, mène à l'effort le sien, le violente dans la position et la durée. Position dans la gaine, positionnement de la main qui marquent la première entorse à la tradition que je compris. Zette et ses compagnons ont l'articulation d'une bouche. Et non, ce délicat coup de pinceau pourpre qui se perd à la « sur-face » de Guignol, bois de masse où le repeint donne l'illusion d'un visage. Guignol doté d'un inexpressif visage ne peut émouvoir, prendre la lumière, il ne peut exister que dans l'action, la trépidation. Ses actes valent plus que son discours.

 

Zette, malgré son zozotement, ses difficultés en orthographe a le temps d'articuler ses mots, d'incarner le Verbe. Elle n'a pas un discours, encore moins un texte, elle a une parole. Et par delà son articulé de mâchoire une gueule, un visage qui s'anime, se sculpte dans le fil du propos. La bouche incarne l'être, le fait être au monde. Tout comme cette bouche grande ouverte qui hurle de l'intérieur de l'un des visage les plus déshumanisés qu'est l'œuvre de Munch, le Cri. La bouche et l’œil, traces ultimes du visage, ce qu'il reste d'une humanité dans la décomposition de la face d'un  Antonio Saura qui perd le trait du visage  mais le fait vivre dans la couleur et la rage du pinceau, la touche qui puise au connu la vérité de son essence.

 

Une existence qui ne passe pas par la table rase, une « contemporanéité » du dialogue à l'art, par l'actualisation mais la formulation de la question. La question pour l'artiste qui dans son parcours de création fait de ses choix le sens de l'œuvre est non sa forme. Quant à la forme qui émerge, elle est le  témoignage du questionnement, sa trace et non sa formulation par l'artifice. L'artifice, l'apparence de...ce qui se donne le contour, voir la saveur mais qui n'est que façade.  Oui, la marionnette est un grand art et à ce titre se doit de se confondre en tout, se doit de donner l'apparence du change avec ses arts voisins le théâtre, la danse. Elle se doit de conquérir un vrai public, celui éclairé qui pourra dire que puisqu'elle en revêt la forme, elle est moderne, contemporaine comme si ces deux qualificatifs valaient tout.  Ah ! Modernité, miroir aux alouettes.

 

« Miroir mon beau miroir dis-moi qui est la plus... » belle tromperie que de croire que l'on peut être sans mémoire, l'artifice ne trompe que ceux qui se bornent à croire que l'on peut tout oublier et venir de rien. La marionnette n'a pas à se pouponner des autres arts, elle est et doit être  de son histoire même si le jeu se fait dans le village le plus reculé, dans un castelet et sans renfort d'artifices car cela n’empêche pas que dans l'écoute, le rire, l'émotion et les applaudissements l'œuvre se fait sous les regards. Et tant bien même, le public n'a pas vu sous le couvert de la tradition, l'irrespectueuse transgression  de la marionnette qui l'ouvre, il a vécu le texte, entendu les paroles d'un Germain LeNain****.

triogermain2bis.jpg

Un Germain LeNain qui comme Guignol a fort à faire mais qui par ses paroles va bousculer son petit monde. Germain est certes débiteur mais il devient, non pour sauver sa peau, mais la nôtre aussi une conscience. Malgré, ses travers, puisqu'il est le verbe par la maîtrise de la parole, il nous dénonce notre rapport à l'argent même s'il peut y succomber aussi. Il s'interroge du plaisir qu'éprouve le public à le voir se faire violenter. Devient brave et héros dans un emploi à contre nature. Mais c'est bien sa complexité qui le fait exister et le rend crédible à nos yeux, il pourrait être nous et nous pourrions être lui. Parce qu'il parle, n'est pas lisse de caractère et que son corps bien que difforme et même peut-être monstrueux ne nous est pas totalement inconnu ou étranger. Germain n'est pas une caricature, il est un être croqué à notre image comme les êtres des albums de dessins de Francisco de Goya. Albums dans lesquels le maître aragonais, pourtant grand portraitiste ne saisit du trait, de la forme des personnes que l'essentiel, l'utile à la représentation universelle de ces êtres qui se complaisent dans l'ignorance, la cruauté, la bêtise. Juste ce qu'il faut de  traits pour qu'ils existent et suffisamment pour que nous puissions nous reconnaître en eux. Tout comme Germain, Zette ou Vladimir*****, les personnes croqués par Goya sont monstrueuses bien que belles, difformes non par caricature, maladresse mais parce que profondément humaine. Les trognes, les paroles et mouvements des marionnettes de la Compagnie sont comme les gueules de Goya, les foules de Saura l'essence même de la vie. Vie unique pour le spectateur qui  par le truchement de la représentation peut être, tour à tour, Germain ou Zette en plus de lui même et s'offrir mille et une vies qui silencieusement, patiemment construisent l'Homme. Car bien au-delà de la distraction, qu'elle s'en défende où non, la Compagnie fait œuvre,  offrant un art qui nous grandit. Permettez-moi, dès lors en simple découvreur, en écho des mots de Robert Filliou de dire que la force et la beauté de votre œuvre est de permettre de comprendre en quoi « l'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art ».

 

Yann Stenven / Professeur d’Arts Plastique Collège Lycee Chatelet de Douai

 

           

* La chambre de Zette, création de la Compagnie Les Mille et une Vies.

** Gregor Samsa, La Métamorphose, Franz Kafka ; Ulrich, L'homme sans qualités, Robert Musil ;  Alejandra, Héros et tombes, Ernesto Sábato.

*** auteur et interprètes, Dorothée Saint-Maxent et Fabrice Levy-Hadida.

**** Les aventures de Germain LeNain, création de la Compagnie Les Mille et une Vies.

***** Le dernier spectacle des Grizbatoruc, création de la Compagnie Les Mille et une Vies.

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Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 12:44

COM STAGES 2011Depuis 2009, La Cie Les Mille et une Vies Théâtre de Marionnettes Itinérant imagine et coordonne « la Marionnette près d’chez vous ».  Avec cet évènement, la Cie part à la rencontre des publics du territoire de l’Artois. En 2 ans, ce projet  (soutenu par L’Etat ( ACSE), le Conseil Régional NPDC, Nos Quartiers d’été,  leDépartement du Pas-de-Calais et  l’Agglomération Artois Comm.)  a touché plus de 12 000 personnes.

A partir d’avril 2011, pour la 3ème année de « La Marionnette près d’chez vous », La Cie Les Mille et une Vies a mis en œuvre des résidences de création et d’actions artistiques (stages intergénérationnels, sensibilisations scolaires, stages adultes).  Cet été, du 1er juillet au 20 août inclus, dans la suite de ces actions et alors que de nombreux acteurs seront sur la route des festivals (de rue, Théâtre, de Marionnettes…), la Cie Les Mille et une Vies propose une tournée d’été qui passe par les jardins et salles des fêtes de 22 communes du territoire de l’Artois.

Du  1er juillet au 20 août 2011, « La Marionnette près d’chez vous – une tournée d’été » permettra aux publics de découvrir les spectacles de la Cie Les Mille et une Vies ainsi que les aventures de ses objets et marionnettes (de Germain Lenain à la Famille Grizbatoruc en passant par Zette). Pour prolonger l’échange,  la Cie proposera des temps de rencontre et de convivialité (jeux anciens, espace lecture, ateliers découverte...) qui feront de cette tournée un évènement que nous espérons familial et chaleureux.


La Marionnette près d'chez - une tournée d'été, c'est aujourd'hui que ça commence.
  • Zette sera ce soir, 1er juillet 19H à Gauchin-le-Gal....
  • Une valise demain 19H à Calonne Ricouart et
  • Les Grizbatoruc (avec Germain Lenain en invité surprise) seront dimanche de 15H30 à 19H à Auchel
Vous trouverez ci-joint le programme détaillé de l'été 2011 ainsi qu'une invitation...
Si vos pas venaient à vous mener sur le territoire de l'Artois (Dpt du Pas-de-Calais), vous le savez, nous serions heureux de vous accueillir.
Pour Les Mille et une Vies, des hommes et des objets
Cie Les Mille et une Vies -Théâtre de Marionnettes Itinérant
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